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Bulletin mensuel

Bulletin mensuel: Avril 2005

I) ENVIRONNEMENT


La « Lettre hebdomadaire » du Ministère des Finances, en date du 31 mars, nous informe que les autorités islandaises suivent avec la plus vive attention l'application par le pays des engagements pris dans le cadre du « Protocole de Kyoto » visant à limiter les émissions de gaz à effet de serre. On sait que Reykjavik a obtenu diverses clauses dérogatoires et concessions en raison de spécificités très particulières du « micro-État » : taille plus que limitée de l'économie ; influence potentielle de certains « grands » -à l'échelle islandaise- projets actuels sur ces émissions et sur leur accroissement en valeur relative, etc.). L'Administration veille scrupuleusement à la bonne marche du système. Par ailleurs, elle encourage fortement le recours à une stratégie ayant pour conséquence de « séquestrer » le carbone nocif : la reforestation et le développement de la végétation (qui en outre sont des armes efficaces contre l'érosion, cause de désertification). Depuis 1990 les efforts financiers consentis pour ces actions ont crû de plus de 170 % en valeur réelle.

II) POLITIQUE INTÉRIEURE


Sous cette rubrique, nous retraçons, d'un mois sur l'autre, quelques-unes des multiples « péripéties » et « mini-crises » qui ponctuent la vie des partis islandais et les « jeux » de la démocratie parlementaire : on ne découvre, au fil de cette chronologie, rien que de très naturel et prévisible dans un régime politique, qui, par certains de ses aspects, ressemble au système français et à celui de nombre de grands pays développés.

Les « non-initiés » et ceux que ne passionnent pas les subtilités des rivalités ou alliances partisanes ou personnelles, trouveront à l'occasion notre rubrique longue, pour ne pas dire fastidieuse. Ils peuvent la parcourir « en diagonale » sans se perdre dans les méandres. On leur signale au passage que les épisodes et incidents relatés n'ont souvent qu'une portée limitée. Aspect positif, cependant : ils témoignent de la vitalité dans l'île du fonctionnement quotidien de la démocratie. En fait, ils sont les conséquences (et parfois scories) habituelles et inévitables d'un système représentatif mature et bien rodé, assurant par ailleurs au pays le bénéfice et la préservation de valeurs fondamentales essentielles (libertés, droits de l'homme, etc.), que nous partageons avec les Islandais et bien d'autres nations.

- Les partis : Sondages et compétitions
1) Il semblerait, selon un sondage effectué fin mars, que les deux partis associés au sein du gouvernement de centre-droit aient légèrement amélioré leur image auprès de l'opinion. Ensemble, ils recueilleraient un peu plus de la moitié des intentions de vote, le Parti de l'Indépendance du ministre des Affaires étrangères David Oddsson approchant de 40 %, alors que le Parti du Progrès du Premier ministre Halldor Asgrimsson s'établirait autour de 12 %. L'opposition sociale-démocrate (l' « Alliance ») reculerait aux environs de 29 % (31 % d'après un sondage d'avril).

2) Au sein de cette dernière, la compétition pour le poste de Président du parti oppose toujours l'ancienne maire (restée assez populaire) de Reykjavik Ingibjörg Solrun Gisladottir (qui, depuis deux ans, se verrait bien Premier Ministre en cas de victoire de la gauche) et l'actuel chef de la formation, le député Össur Skarphedinsson, jugé souvent un peu « terne » et manquant de charisme. L'affrontement nuit peut-être à l'Alliance dans l'esprit des électeurs qu'il a déroutés, d'où la petite baisse de popularité observée. Les adhérents vont être appelés à trancher, leur consultation ayant lieu durant les derniers jours d'avril et les trois premières semaines de mai. Ils seraient autour de 20 000, contre 13 000 au début de 2005, des adhésions massives -suscitées par ce « duel » et les entourages des « combattants » - ayant eu lieu dans l'intervalle.

Ce qui frappe les observateurs, c'est que les deux concurrents ne s'affrontent pratiquement que sur une seule question : lequel est, grâce à sa personnalité, le mieux placé pour conduire le parti au meilleur résultat ? Qui ratissera le plus large ? À aucun moment ou presque, on ne voit apparaître dans les polémiques les opposant (parfois vivement) des problèmes de fond sur ce que devrait être la ligne de l' « Alliance » en matière de politique économique et sociale, sur les questions de politique internationale (OTAN, liens avec Washington, relations avec l'Union Européenne, etc.) ; non plus que des choix tactiques (avec qui le parti doit-il s'allier s'il n'obtient pas la majorité absolue ? ; quel type d' « alternance » envisage-t-il au lendemain des prochaines législatives ?).

L'un des « prétendants » (Össur) a affirmé à la mi-avril que la réunification de la gauche islandaise, actuellement divisée entre l'Alliance plutôt modérée et une extrême gauche assez radicale (le mouvement « Gauche Verte », dont les positions en matière économique et sociale, d'écologie, de politique extérieure sont nettement plus « dures » et moins favorables aux compromis et concessions), lui semblait souhaitable et à portée de la main. Le Chef de la « Gauche-Verte » a aussitôt tempéré cet enthousiasme, répliquant que, si les relations entre les deux Gauches étaient actuellement bonnes et si leur combat commun contre le gouvernement était primordial, les rapprochait et faisait passer à l'arrière plan leurs divergences de « fond » sur bien des problèmes, les raisons qui justifiaient l'existence de deux mouvements distincts étaient justifiées et parfaitement inscrites dans l'histoire politique nationale. Depuis des décennies, à côté d'une sociale-démocratie « classique », bien moins puissante que dans les autres pays nordiques, et ouverte à des alliances et coalitions soit sur sa droite -les Sociaux-Démocrates ont gouverné à maintes reprises avec la droite conservatrice- soit sur sa gauche, existait une « extrême-gauche » vigoureuse, longtemps amalgamée avec le mouvement communiste international au temps de la Guerre Froide, puis assagie et traversée de courants écologistes, féministes, pacifistes, gauchistes et « alternatifs ». Les deux Gauches rivales, outre une base électorale foncièrement différente, ont des points de « contentieux » traditionnels et profonds, les plus âpres relevant de la politique internationale. L'extrême-gauche se veut de longue date « hostile à l'hégémonisme des Etats-Unis », à l'OTAN et à l'accord de défense islando-américain ; elle est très réservée à l'égard de la « construction européenne » et, encore maintenant, avec une pointe de nationalisme sourcilleux, se déclare nettement opposée à l'entrée de l'Île dans l'Union Européenne qui pour elle signifierait la mort de l'indépendance politique, économique (notamment pour les pêcheries, l'agriculture et? la monnaie) et culturelle, fondements incontournables de l'identité nationale. Bien entendu, Sociaux-Démocrates et « Alliance » ne souscrivent pas à ces proclamations jugées dogmatiques, et s'affichent même comme la formation la plus « européenne » sur l'échiquier politique.

3) À droite et au centre, David Oddsson, après avoir été chef du gouvernement pendant plus de douze ans, et alors qu'il « reprend son souffle » au Ministère des affaires étrangères, demeure l'homme fort qu'il a presque toujours été. Dans ces conditions il envisage de se représenter à la présidence du Parti de l'Indépendance (Conservateurs) lors du Congrès national d'octobre 2005. Pour beaucoup, tout semble indiquer qu'il retrouverait avec plaisir ses fonctions de Premier Ministre, après les élections législatives de 2007, et n'entend pas abandonner la vie politique dans les toutes prochaines années. Aux Islandais de décider le moment venu. Dans l'attente, le Parti Conservateur applaudit des deux mains.

4) Dix années de coopération gouvernementale : Halldor Asgrimsson et David Oddsson se réjouissent
L'actuelle coalition gouvernementale, composée du Parti de l'Indépendance (de David Oddsson, chef de la diplomatie islandaise) et du Parti du Progrès que préside le Premier Ministre Halldor Asgrimsson, a célébré fin avril le dixième anniversaire de sa collaboration. Les deux « leaders » ont tenu une conférence de presse commune. Sans masquer qu'ils n'avaient pas toujours été complètement d'accord sur tout, ils se sont félicités de l'atmosphère qui avait présidé à un labeur constructif au sein d'une équipe solide, où le plaisir de s'atteler à une tâche gratifiante avait, quand il le fallait, fait disparaître les points de friction éventuels et suscité les concessions nécessaires de la part de chacun des partenaires.
Le résultat le plus bénéfique à mettre au compte de cette entente réside, pour eux, dans les progrès considérables enregistrés depuis 1995 par l'économie nationale, donc par le niveau de vie des Islandais (pouvoir d'achat des ménages en augmentation de 55 % ; baisse spectaculaire du chômage, etc.). Cela, alors même que l'État abandonnait certaines de ses vieilles prérogatives souvent désuètes et stimulait initiatives privées et énergies individuelles.
L'opposition se gausse de cette autosatisfaction superficielle et ne cesse de mettre en exergue les divergences « de fond » entre PI et PP.

- De nouveau à l'affiche : le problème de la concentration dans les médias
D'aucuns se rappellent les conditions dans lesquelles était née la grave crise institutionnelle opposant l'été 2004 le Président de la République Olafur Ragnar Grimsson au gouvernement alors conduit par David Oddssson et à la majorité parlementaire : le Président avait opposé son « veto » à l'entrée en vigueur d'une loi adoptée, à l'initiative du gouvernement, par l'Althing et posant des limites à la concentration dans les médias. Les liens entre des entreprises commerciales et industrielles d'une part et des groupes de presse et des stations privées de radio et chaînes de télévision, de l'autre, s'étaient en fait développés intensément depuis quelques années, ce que David Oddsson et ses amis estimaient dangereux non seulement sur le plan économique, mais aussi sur le plan de l'information, donc de la politique.
Suite à la conclusion provisoire de la crise à la fin juillet 2004 (qui envisage d'ailleurs une révision à venir de la Constitution :?.question à suivre), la question de la concentration dans les médias avait été « gelée » : la Ministre de la Culture, Mme Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir avait désigné une Commission d'études devant rechercher une solution « consensuelle » à ce problème afin que le Parlement puisse ultérieurement voter, dans un climat d'apaisement, un texte satisfaisant les intérêts en présence au prix de compromis et de concessions réciproques.
Le travail de la Commission semble avoir atteint les objectifs fixés, et le Parlement pourrait, cet été et à l'automne, débattre dans des conditions convenables des importantes questions soulevées par l' « indépendance » des médias, puis légiférer en conséquence. L'opposition parlementaire souhaiterait, toutefois, que, parallèlement, l'Althing se prononce sur le statut (et le renforcement de la position) de la radio et la télévision d'État : ces dernières peuvent, selon elle, servir d'utile « contrepoids » aux médias privés.

III) POLITIQUE EXTÉRIEURE


- Afghanistan
Les « forces de maintien de la paix » islandaises, présentes en Afghanistan- dans le cadre de l'OTAN- jusqu'au printemps 2005 (elles assuraient la gestion de l'aéroport de Kaboul), seront à nouveau (avec un effectif d'une quinzaine de personnes et des « jeeps » adaptées au pays) à l'?uvre sur ce territoire à partir de l'été : elles assureront la sécurité de régions très déshéritées et misérables du Nord et de l'Ouest de l'État.

- L'Islande et l'Union Européenne
Un article du « Financial Times, à la mi-avril, estimant qu'un « non » français au référendum sur la Constitution européenne entraînerait des turbulences sérieuses au sein de l'Union, envisageait -sur la base d'une argumentation subtile mais complexe-, comme conséquence indirecte mais imaginable de cette « crise », une attitude plus ouverte de Bruxelles vis-à-vis de l'adhésion éventuelle de l'Islande à l'Europe. Des concessions pourraient être proposées à Reykjavik en matière de politique des pêches (point principal de discorde entre l'Union et l'île).
Le Premier ministre, soulignant une fois encore l'importance primordiale de cette question des pêches pour son pays, s'est montré réservé et quelque peu sceptique quant au contenu de l'hypothèse et de l'argumentation de la publication britannique (un peu « tirée par les cheveux »).
Selon certaines sources sérieuses, le Comité parlementaire (islandais) de politique européenne, où tous les partis sont représentés sous la présidence du Ministre de la Justice Björn Bjarnason, et chargé par le Gouvernement d'étudier en profondeur le pour et le contre d'un resserrement des liens avec l'Union, devrait avoir prochainement des contacts avec la Commission bruxelloise, afin de clarifier, au plan de l'information réciproque, certaines questions épineuses et où les points de vue des deux « parties » divergent nettement.

- La candidature de l'Islande au Conseil de Sécurité
En 2003, l'Islande avait annoncé qu'elle serait candidate au Conseil de Sécurité de l'ONU, au titre de membre non permanent, pour la période 2009-2010, signifiant ainsi qu'elle entendait être « plus présente dans le monde ».
Depuis lors, cette décision semble partiellement remise en cause. Tout d'abord, des candidatures concurrentes -Autriche, Turquie- ont été annoncées, et Reykjavik risque un échec. En plus, des voix au Parlement font remarquer que le coût de l'opération serait trop élevé et que la charge qu'elle représenterait pour la nation (lourdes responsabilités internationales durant la période 2008-2010 ; organisation de multiples réunions ; présence à New-York de nombreux diplomates) excéderait, au-delà du raisonnable, les possibilités financières, logistiques et humaines, de l'île. Un réexamen de la question est en cours, à l'initiative du ministre compétent David Oddsson : le 29 avril, ce dernier a annoncé une décision rapide sur cette affaire.

IV) ÉCONOMIE

- Le baromètre des entreprises
Deux fois par an depuis septembre 2002 un sondage sur le " moral des entreprises " est effectué pour le compte du Ministère des Finances et de la Banque Centrale. La lettre d'informations du Ministère en date du 31 mars rend compte des principaux résultats de la dernière enquête. 77 % des 375 grandes entreprises consultées ont répondu. Les trois quarts des dirigeants consultés considèrent comme favorable la situation économique présente (7 % la jugent mauvaise). L'« indice de confiance » s'établit à 182 points, en très légère baisse par rapport au chiffre -196 points- pour l'automne 2004, le meilleur résultat jamais enregistré (dynamisme remarquable et concomitant de la consommation et de l'investissement).
Si on interroge les entrepreneurs sur l'évolution pour les six mois à venir, on en trouve 71 % qui ne prévoient pas de changements, 16 % une détérioration et 13 % une amélioration. Pour les perspectives sur un an, les chiffres respectifs sont de 50 %, 33 % (crainte de la « surchauffe ») et 17 %.
Les branches les moins optimistes sont celles des transports (prix du pétrole), du tourisme et surtout des pêcheries (baisse récente -campagne 2004-2005- des quotas pour de nombreuses espèces, baisse des cours, et taux de change qui pénalise les exportations). En revanche, diverses entreprises dans le secteur des services (consultants, etc) ont un très bon moral.

- Privatisation de la Compagnie nationale des Télécommunications
Le gouvernement a récemment fixé les conditions dans lesquelles s'opérera prochainement la privatisation de la Compagnie nationale des Télécommunications (Landsiminn). Celle-ci aura lieu vraisemblablement en juillet. L'État vendra ses actions à un consortium unique d'acheteurs, au sein duquel aucun participant ne pourra détenir plus de 45 % du capital concerné. Ultérieurement, le consortium rétrocédera une partie des actions acquises au grand public et au personnel.

- Aluminium
On sait que l'usine d'aluminium Nordural, située dans l'Ouest du pays, est en cours d'agrandissement, sa production passant de 90 000 tonnes annuelles actuellement à 212 000 tonnes (et non 180 000 t., comme il avait été annoncé en octobre 2004) à l'été 2006.
Mais les propriétaires de l'entreprise (le groupe américain Century Aluminium) se fixent maintenant un nouvel objectif de 260 000 tonnes pour la fin 2008. Des dispositions vont être prises prochainement en matière d'approvisionnement en électricité de l'unité, compte tenu de cette intention.
L'aluminium ne cesse de contribuer substantiellement à la croissance soutenue de l'économie insulaire.

- Serpent de mer ou éventualité à considérer : le pétrole ?
Depuis quelques décennies, on évoque en Islande une éventualité jusqu'à présent restée sans suites : celle de la présence de pétrole sur le plateau continental national, notamment dans la zone (longtemps disputée avec la Norvège) de l'île de Jan Mayen. Un rapport récent de la Ministre de l'Industrie Valgerdur Sverrisdottir vient de replacer la question à l'ordre du jour. Le gouvernement va dans les mois à venir mettre au point un cadre juridique qui permettrait à des compagnies d'explorer les régions jugées prometteuses, et d'y accomplir le cas échéant des travaux de recherches, notamment des forages. Les conditions environnementales devront faire l'objet d'une attention soutenue.

Il n'est pas possible au stade actuel de savoir quelles sortes de sociétés seraient « alléchées » : petites compagnies (qui risquent de manquer de moyens technologiques ou/et financiers) ou entreprises internationales.
À suivre avec circonspection

BRÈVES

- Une historienne de l'Université d'Islande sur la piste d'une découverte passionnante
Une historienne universitaire, Mme Anna Agnarsdottir, vient de révéler au public (via le quotidien « Morgunbladid » du 19 avril) une découverte, qui ne manquera pas de susciter la curiosité de ceux s'intéressant de près aux relations franco-islandaises. Entre 1760 et 1770, Paris -qui à cette époque comptait au nombre de ses « colonies » le territoire de la Louisiane (beaucoup plus étendu que l'actuelle région de ce nom aux Etats-Unis)- avait envisagé de le proposer au Danemark, en échange de l'Islande, alors sous la domination de Copenhague. Les Français voyaient dans cet échange la possibilité de posséder dans l'Atlantique Nord un territoire « stratégique » et de marquer un point dans la compétition les opposant, en particulier sur les mers, aux Britanniques, concurrents les plus redoutables pour le contrôle de cette partie du monde.
Anna Agnarsdottir est spécialiste de l'histoire des relations extérieures de l'Islande entre 1500 et le début du dix-neuvième siècle. Elle a, dans ce domaine, publié dans plusieurs langues de nombreux travaux de recherches sur la période 1730-1830 (dont les décennies correspondant à la Révolution française et au Premier Empire, événements ayant eu des répercussions dans l'Île).
À toutes fins utiles, nous donnons, pour les curieux, les coordonnées électroniques du Professeur Anna Agnarsdottir, telles qu'elles figurent sur l'annuaire de l'Université d'Islande : annaagn@hi.is

ANNEXES


1) BIBLIOGRAPHIE

Eysteinn Ásgrímsson : LE LYS, poème marial islandais (XIVe siècle). Présentation et traduction de Patrick Guelpa, Collection KUBABA,
Université Paris I, Panthéon-Sorbonne, Série Monde moderne, Monde contemporain III, Paris, L'Harmattan, 2005. ISBN : 2-7475-8094-6.
EAN : 9782747580946. (81 pages). Prix : 11?..

LE LYS, Poème marial islandais

Tempête au monastère ! Une dispute dégénère en rixe et l'un des moines rebelles roue de coups son supérieur... Scandale, jugement, mise aux fers des responsables. Un peu plus tard, l'un des coupables se repent et livre un magnifique poème de 800 vers à la gloire de Marie. Non, la scène ne se passe pas en Espagne ou en Italie, mais dans la lointaine et brumeuse Islande, perdue dans l'Atlantique Nord au Moyen Age. Le poème acquiert vite une grande notoriété au point que tout Islandais désirerait en secret l'avoir composé. Le LYS
retrace toute l'histoire du salut, Eysteinn Ásgrímsson dédie son ?uvre à la Vierge Marie tout en louant la Sainte Trinité et bien sûr le Christ, vers qui converge toute l'histoire humaine. L'ouvrage est resté très populaire sous le luthéranisme. C'est que sous la braise ardente de la foi d'Eysteinn souffle l'Esprit qui purifie toutes nos passions d'ici-bas pour les fondre au creuset de l'amour divin. Oui, ce poème nous interpelle et nous émeut, nous les hommes et les femmes du XXIe siècle, parce que l'auteur, malgré le décalage du temps, est étonnamment proche de nous.

Patrick Guelpa, Maître de Conférences à l'Université de Lille III, est un spécialiste reconnu de la littérature islandaise. Auteur d'un « Homme de désirs » (consacré à Einar Benediktsson) dans la Collection Kubaba, il nous propose aujourd'hui la traduction d'un des poèmes les plus célèbres de cette littérature.


Table des matières :
1/ Intérêt, sujet et forme du poème..............2

2/ Qui était Eysteinn Ásgrímsson ?...............6

3/ Justification de ma traduction.................10

4/ Ma traduction.........................13

5/ Texte original islandais...........35

6/ Bibliographie..........................56


Illustration de couverture : L'Annonciation réalisée vers 1460-1465 du Maître de la Vie de Marie.
D'autres précisions sur le site internet de L'Harmattan et sur celui de la revue KUBABA de Paris-1: http://kubaba.univ-paris1.fr/
(sur le moteur de recherche, demander le nom de Patrick Guelpa, ou Le lys, ou Islande).



2) Aux amateurs d'art
Le célèbre « Festival des Arts « de Reykjavik, où toutes les disciplines sont représentées (quelquefois par les meilleurs artistes et créateurs islandais et internationaux), aura lieu cette année du 14 mai au 5 juin. Un site Internet en anglais lui est consacré : www.artfest.is
Nous pouvons sur demande envoyer, par voie électronique, le catalogue (illustré) à nos lecteurs.
Pour des informations précises, joindre (en anglais) : heidrun@artfest.is


POST-SCRIPTUM



À la suite d'un petit problème de santé (sans gravité) l'auteur de ce Bulletin a été obligé de remettre au numéro de la fin mai la parution, sous la rubrique « Politique Internationale », d'un résumé substantiel du rapport de synthèse de politique étrangère présenté devant le Parlement islandais le 29 avril par le Ministre David Oddsson. Il demande à ses fidèles lecteurs de l'excuser de ce fâcheux contretemps.



 

 

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