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Bulletin mensuel

Bulletin Mensuel: Novembre 2004

POLITIQUE INTÉRIEURE


- D'un " scandale commercial " à une affaire politique
À la fin octobre, l' " Autorité de la concurrence " islandaise a rendu ses conclusions concernant une grosse affaire sur laquelle elle avait travaillé durant des mois : les pratiques illicites et condamnables auxquelles ont eu recours les compagnies pétrolières (filiales des grands groupes : Shell, Esso, etc) en Islande. Elles ont pendant neuf ans, pour fausser la concurrence, pratiqué des " ententes secrètes " sur les prix, se sont partagé les marchés et réalisé ainsi des bénéfices illégaux et des super-profits sur le dos des acheteurs : particuliers, sociétés ou administrations.
Comme la loi l'y autorise, l' " Autorité " a condamné à de fortes amendes les pétroliers compromis.
L'affaire vient toutefois de " déraper " sur le plan politique. L'un des dirigeants desdites sociétés n'était autre que le Maire de Reykjavik, Thorulfur Arnason. Comme on se le rappelle, l'ancienne (et charismatique) Maire, Ingibjörg Solrun Gisladottir, avait dû abandonner son poste sous la pression de certains de ses colistiers (elle dirigeait depuis 1994 une coalition de centre-gauche, n'excluant que le Parti de l'indépendance) lorsque, à la fin 2002, elle avait décidé de se lancer " sur la scène nationale ". Elle s'était présentée en mai 2003 aux élections législatives à Reykjavik, sous les couleurs de l' " Alliance " (centre-gauche de tendance sociale-démocrate), principal parti d'opposition sur le plan national, et l'opposition en avait fait alors son candidat au poste de Premier ministre, la sacrant " challenger " de David Oddsson (le " sortant "). La tentative s'était soldée par un fiasco et l'ancien maire n'avait pas même obtenu un siège de " député ", redevenant " simple citoyen ".
Entre temps le poste de Maire de Reykjavik avait été pourvu, et, pour éviter d'éventuelles discussions partisanes, un homme d'affaires " sans affiliation " avait été choisi en la personne de Thorulfur Arnason, qui jouissait de la même majorité que son prédécesseur.
L' " affaire " des compagnies pétrolières a cependant eu des répercussions politiques. Au terme de sérieuses discussions, le Conseil de Reykjavik a d'abord laissé à Thorulfur la possibilité de répondre à ceux de ses membres (et notamment les élus de la " Gauche Verte ", située à l'extrême-gauche, mais composante indispensable de l'actuelle majorité locale) qui souhaitaient la démission du Maire.
La pression de la Gauche Verte ne se relâchant pas, Thorulfur a finalement annoncé cette démission le 9 novembre.
La crise, ainsi ouverte, s'est toutefois dénouée rapidement. La majorité municipale, le lendemain, désignait comme Maire une conseillère âgée de 39 ans, proche des sociaux démocrates et siégeant depuis 1994, Mme Valdis Oskarsdottir. Celle-ci, qui a fait à l'Université des études d'histoire, s'est spécialisée au Conseil dans les problèmes de planification urbaine ; et fait partie du Comité Directeur de la compagnie " Reykjavik Energy ".

- Loi sur la grève dans l'enseignement
On sait qu'une longue grève paralyse depuis des semaines, les enseignants aux prises avec les collectivités locales qui les emploient.

Les compromis intervenus entre représentants des parties intéressées (voir notre dernier Bulletin) n'ayant pas reçu l'approbation de la " base " (des professeurs), le Gouvernement s'est décidé finalement, bien qu'il ne soit pas directement impliqué dans le conflit, à intervenir par la voie de la loi et le 13 novembre a été voté par la majorité du Parlement un texte enjoignant aux grévistes de reprendre le travail. Au départ, la plupart se sont fait porter " malades " et n'ont pas repris leurs cours. À suivre.


POLITIQUE EXTÉRIEURE


- Discours de politique étrangère du Ministre David Oddsson devant le Parlement
Le 11 novembre, le ministre des Affaires étrangères, David Oddsson, a prononcé devant le Parlement un important discours de politique étrangère.
Il constate d'abord deux choses : la longue période de croissance économique qu'a connue le pays a eu pour conséquence une importance renforcée des intérêts islandais à l'étranger (expansion des entreprises, investissements, etc). En outre, l'île, plus prospère, est à même de contribuer plus largement au maintien de la paix dans le monde et au développement (durable) des peuples les plus pauvres. Le gouvernement, dans ce contexte, s'attache à renforcer la présence de l'Islande dans le dialogue international.
- S'agissant des relations avec les Etats-Unis (cf. paragraphe suivant), David a rappelé l'état d'esprit qui était le sien à la veille de sa rencontre avec son homologue Colin Powell.
- Il a mentionné le caractère irremplaçable de l'OTAN : celle-ci, bien entendu, adapte ses missions en fonction de l'évolution de la conjoncture. Dans les récentes années, l'Islande a suivi l'émergence d'une Politique commune étrangère, de sécurité et de défense au sein de l'Union Européenne. Pour Reykjavik, les deux démarches impliquent des rôles différents. S'il convient d'éviter les " doubles emplois ", on ne saurait remplacer l'OTAN par l'UE ou même les Nations Unies, sans contribuer à l'affaiblissement de l'Alliance Atlantique.
- Le Ministre a confirmé l'engagement islandais de contribuer activement à la coopération internationale contre les actions terroristes. S'agissant de l'Irak, il a justifié à nouveau la participation de son pays à la " coalition " qui a renversé Saddam Hussein. Il est relativement optimiste quant à l'avenir, des pas substantiels étant effectués en vue de l'instauration de la démocratie et de la liberté dans cette zone (travail du gouvernement provisoire, élections prochaines? ).

Concernant l'Afghanistan, la récente élection présidentielle a marqué une victoire du droit. L'Islande peut être fière de la place qu'elle a tenue (protection et administration de l'aéroport de Kaboul) dans les forces de maintien de la paix commandées par l'OTAN sur mandat de l'ONU.
D'une manière générale, il convient de saluer l'action (au Kosovo, à Sri Lanka, en Bosnie-Herzégovine et en Afghanistan) menée pour la solution pacifique des crises par les forces de l' " Icelandic Crisis Response Unit ", de création récente (2001-2002).

- La guerre israélo-palestinienne se poursuit. David en rejette une bonne partie de la responsabilité sur l'Autorité Palestinienne et appuie les initiatives actuelles de M. Sharon, répétant que, le moment venu et la paix retrouvée, l'Islande participera à l'effort international pour la reconstruction de la Palestine.
- De courts développements ont été consacrés aux risques que posaient, dans le domaine nucléaire, les projets de l'Iran et de la Corée du Nord ; et aux violences inexcusables perpétrées à l'initiative du gouvernement soudanais dans le Darfour.
- Les réformes souhaitables dans l'organisation et les procédures des Nations Unies y font l'objet d'une étude d'un " groupe de haut niveau ", qui va rendre son rapport rapidement au Secrétaire Général Kofi Annan. L'Islande rappelle qu'elle a toujours plaidé pour un élargissement du Conseil de Sécurité (mentionnant au passage son souhait d'être élue à un siège non-permanent en 2009-2010).
- L'aide aux pays pauvres est au cours des dernières années devenue un objectif prioritaire de la politique extérieure de Reykjavik. Au cours de la récente décennie, l'aide publique a été multipliée par 4. Par étapes, il a été décidé de la porter à 0,35 % du PIB en 2009.
- En dépit d'importantes transformations en Europe, la coopération nordique n'a pas perdu son intérêt. Les membres du " Conseil nordique " ont des intérêts communs à faire valoir au sein des différentes organisations auxquelles ils appartiennent, etc. Parallèlement, l'Islande, qui a récemment exercé la présidence " tournante " du Conseil arctique, en a orienté les travaux sur le développement durable de la zone dans le contexte international, sur le développement " humain " de la région arctique, et sur les effets, pour celle-ci, du changement climatique.
- L'accord sur l' " Espace économique européen " est entré en vigueur, à la satisfaction générale, il y a dix ans et, récemment encore, son champ géographique s'est élargi, avec l'approbation du législateur islandais. Son extension prochaine à la Bulgarie et à la Roumanie ne devrait pas poser de difficultés particulières, pourvu qu'elle ne porte pas atteinte aux intérêts de l'île.
- L'Union Européenne est en train de se doter d'une Constitution. Les procédures de ratification sont suivies de près en Islande, notamment par le " Comité des affaires européennes " qui, sous la présidence du Ministre de la Justice, comprend des représentants de tous les groupes parlementaires. Ainsi le débat sur les relations entre UE et Islande sera fondé sur des bases correctes.
- Des accords de libre-échange existent entre l'Islande et de nombreux pays du monde, conclus fréquemment par l'intermédiaire de l'AELE. Souvent, une certaine " coordination " avec des textes semblables, signés par l'UE, est observée, pour mettre les entreprises des deux groupements sur pied d'égalité. L'accroissement des flux avec les Etats-Unis, le Japon et la Russie fera l'objet d'une attention soutenue. D'une manière plus générale, Reykjavik salue les progrès enregistrés dans les travaux de l'OMC, attend un dénouement heureux en matière de libéralisation des échanges mondiaux pour la fin 2005, et sait que le pays devra consentir quelques gestes (agriculture) dans la négociation finale.
- La coopération commerciale et économique avec les pays " Ouest-Nordiques " (Féroé, Groenland) est d'une grande importance pour le gouvernement islandais. Des progrès substantiels sont en cours.
- Le développement du tourisme fera l'objet d'une collaboration accrue entre autorités publiques et professionnels.
- David Oddsson a conclu son propos en se présentant comme le porte-parole du consensus national relatif à la protection (face aux pollutions, à la surexploitation, à la détérioration de la qualité des produits) et à l'exploitation rationnelle et durable des ressources de l'océan. Les pêcheries ne peuvent faire l'objet d'une gestion " globale " au plan mondial, comme d'aucuns l'ont suggéré ; et il est de la compétence des États souverains de contrôler au mieux l'utilisation de la ressource, avec les instruments qu'ils jugent appropriés. En passant, le ministre a rappelé que son pays soumettrait en temps voulu à la Commission compétente des Nations Unies des propositions sur une éventuelle extension (au-delà des 200 miles) des droits de l'Islande sur des portions limitées du plateau continental -Rekjanes ridge, zone de l'îlot de Hatton-Rockall, etc. Des contacts informels avaient lieu, sur ce point, avec les États voisins concernés.
N.B. Le texte intégral du discours (en anglais) se trouve sur le Site du Ministère : www.mfa.is

- Relations islando-américaines : rencontre David Oddsson-Colin Powell
Nos précédents bulletins ont mentionné, à maintes reprises, les " difficultés " affectant les relations entre Reykjavik et Washington à propos de la base de Keflavik. Fin octobre et début novembre, rumeurs et articles de presse plus ou moins " approximatifs " sont apparus en Islande. Le problème de fond restait cependant entier : concilier les aspirations profondes des deux pays. L'Islande souhaite que soient pris en compte les impératifs de sa sécurité et de sa défense et que l'esprit ayant présidé aux accords bilatéraux depuis le traité de défense de 1951 soit respecté, ce qui assure à l'île une protection crédible et efficace de la part des Etats-Unis. D'un autre côté ceux-ci entendent, au vu du contexte international actuel, et sur un plan mondial, procéder à une " restructuration " de leurs forces armées à l'étranger. Il faut donc trouver le " compromis " qui tiendra compte de deux points de vue légitimes.
Depuis plus d'un an, des messages de bonne volonté ont été échangés entre dirigeants. Mais l'affaire a traîné en longueur. Aussi bien le ministre des Affaires étrangères, David Oddsson (qui, en tant que Premier Ministre, avait, jusqu'au 15 septembre, suivi avec une attention personnelle particulière ce dossier) a-t-il rencontré le 16 novembre son homologue Colin Powell pour faire progresser de manière décisive la négociation.
Deux lignes directrices semblent avoir été admises lors de cet entretien. Tout d'abord, Washington accordera à l'île en matière de défense aérienne des moyens qui ne seraient pas liés à d'autres alliés européens. Ensuite, le trafic de l'aéroport de Keflavik, en croissance continue pour les vols civils (générateurs de ressources pour l'Islande) nécessitera, de la part de Reykjavik, une participation accrue au fonctionnement et au financement du système.
Il a été décidé que des négociations entre représentants des deux États, portant sur la mise en ?uvre concrète de ce cadre, commenceraient en janvier 2005. Colin Powell avait, avant sa rencontre avec David, fait approuver par le Président Bush l'essentiel de son propos. " Le problème a été mis sur un chemin sûr ", a pu conclure David Oddsson.

Par la bouche du Président de l' " Alliance " (centre-gauche social-démocrate), l'opposition minimise les résultats de la conversation. Rien n'est vraiment clair, en ce qui concerne l'apport éventuel de Washington à la sécurité de l'Islande, selon lui. La seule certitude a trait à l'effort financier accru attendu de Reykjavik.

On notera, en marge de cette rencontre, que le commandement de la base de Keflavik, qui depuis de nombreuses années était assuré par un Amiral de la Marine U.S., a été depuis le 12 novembre, transféré à un colonel de l'aviation américaine. Pour les Affaires étrangères de Reykjavik, ce changement ne préjuge en rien la solution des questions de fond en discussion entre hauts responsables islandais et américains.

- Le Premier ministre : l'Islande et le " maintien de la paix en Afghanistan "
Le Premier ministre Halldor Asgrimsson est revenu, début novembre, sur l' " incident de Kaboul ". On sait que le 23 octobre, à Kaboul, trois membres islandais des forces internationales de maintien de la paix (placées sous le commandement de l'OTAN agissant sur mandat de l'ONU) ont été blessés à la suite d'une attaque-suicide sur un marché, attribuée aux Talibans.
Le Premier ministre a rappelé que la présence d'Islandais en Afghanistan était la conséquence du devoir de solidarité s'imposant à son pays tant au sein de l'OTAN que des Nations Unies. La répartition précise des tâches concrètes résultait d'un accord entre pays participants et tenait compte des possibilités de chacun, des compétences des personnels disponibles et de la dimension des diverses opérations (ainsi pour la sécurité de l'aéroport de la capitale afghane).
- L'Islande et le Conseil Nordique
Début novembre, l'Islandaise Rannveig Gudmunddsdottir (députée sociale-démocrate) a été élue Présidente du Conseil Nordique pour les douze mois à venir (chaque pays membre assume à tour de rôle ladite Présidence). Cette assemblée, composée de parlementaires des pays nordiques, a été créée en 1952 et a joué un grand rôle pour le resserrement des liens entre États participants dans de multiples domaines : droit des personnes, législation sociale, liberté de circulation, coopération culturelle, scientifique et technique, protection des consommateurs, environnement. Depuis une dizaine d'années, avec la création d'autres groupements régionaux, et surtout la mise sur pied de l' " Espace économique européen " (Union européenne " élargie " à 25, Norvège, Liechtenstein, -seule la Suisse restant à l'écart), son influence a diminué sensiblement, de nombreux secteurs de coopération entrant dans le champ de compétence de l' " Espace ". Il lui reste néanmoins quelques " créneaux " limités où son travail n'est pas négligeable.
Rannveig, aussitôt élue, a dressé une liste d'objectifs, et un programme de travail et d'actions prioritaires. Les objectifs sont d'abord la défense de l' " État-Providence " nordique, la lutte contre la pauvreté, et contre le " trafic " des femmes et des enfants en étroite liaison avec les États baltes et la Russie.
Parmi les actions à poursuivre, elle a cité l'élimination des dernières difficultés frontalières entre pays nordiques, le renforcement de l'influence nordique au sein de la nouvelle Europe, la création de " ponts " entre l'Espace européen et la Russie, l'affermissement du développement économique et des actions environnementales dans les régions du " Nord-Ouest " de la zone, des abords de la Mer de Barents et des espaces sub-arctiques.
- Nordiques et Baltes face à l'élargissement futur de l'Union Européenne : les intérêts norvégiens et islandais
On a en tête que l'Union Européenne (et donc l'Espace Économique Européen) devrait s'élargir dans les toutes prochaines années à la Bulgarie et à la Roumanie. Réunis à Stockholm fin octobre, les Premiers ministres nordiques et baltes se sont engagés à défendre les intérêts spécifiques de la Norvège et de l'Islande -non-membres de l'Union- au cours des négociations à venir entre Bruxelles et Bucarest et Sofia, si celles-ci laissaient entrevoir des risques d'atteintes à ces intérêts.

ÉCONOMIE


- Les baisses d'impôts
Le Premier Ministre et celui des Finances ont déposé devant le Parlement un projet de loi précisant les baisses d'impôt à intervenir d'ici à la fin de la législature : beaucoup auront lieu à la veille des prochaines élections, lorsque la période de " surchauffe " de l'économie sera achevée et que les tensions inflationnistes se seront apaisées. La majorité gouvernementale insiste également sur les avantages accordés aux familles (et spécialement aux parents isolés) par les dispositions relatives aux allocations ad hoc. En outre, l'abolition de l'impôt sur la richesse favorisera les plus âgés des " seniors ", qui en sont redevables, tout en ayant souvent des revenus très modestes.
" Poudre aux yeux " réplique l'opposition, l'extrême gauche ajoutant que la plupart des mesures prévues profiteront aux plus aisés.
- Le baromètre des entreprises
Deux fois par an depuis septembre 2002 un sondage sur le " moral des entreprises " est effectué pour le compte du Ministère des Finances et de la Banque Centrale. La lettre d'informations du Ministère en date du 11 novembre rend compte des principaux résultats. 82 % des 400 grandes entreprises consultées ont répondu. 86 % des réponses considèrent comme favorables les perspectives économiques à court terme (2 % les jugent mauvaises).
Si on interroge les entrepreneurs sur l'évolution pour les mois à venir, on en trouve 9 % qui prévoient une détérioration d'ici six mois ; 22 % d'ici un an. Le secteur des pêcheries est le plus pessimiste, les raisons se trouvant dans la baisse récente (campagne 2004-2005) des quotas pour de nombreuses espèces, les mauvais résultats pour le capelan et d'autres poissons, la baisse des cours, et le taux de change qui pénalise les exportations.

- L'aluminium : toujours plus
Des informations (non confirmées) font état de l'intention (?) de la Compagnie américaine " Century Aluminium ", propriétaire de l'usine d'aluminium de l'Ouest (Nordural) située à Grundartangi, d'augmenter la capacité de production de l'unité bien au-delà de l'extension prévue jusqu'à présent : celle-ci l'aurait fait passer des 90 000 tonnes produites (actuellement) par an à 180 000 fin 2006. On parle maintenant d'un " accroissement " de 122 000 tonnes et non plus de 90 000 tonnes.
Les problèmes que pose l'approvisionnement en énergie dans ce nouveau " scénario ", ceux relatifs à la main d'?uvre, au respect de l'environnement local, ont-ils été réglés préalablement dans les détails ? Il semblerait que, pour l'énergie, un accord vienne d'être conclu avec " Sudurnes District Heating Utility " et avec " Reykjanes Energy "

Il n'est pas mauvais de rappeler à cette occasion que, outre de vastes projets -à l'étude- d'extension relatifs à l'usine du Sud (Straumsvik), la plus vieille du territoire, on va commencer la construction d'un importante unité dans l'Est (groupe Alcoa). Des possibilités, plus limitées, ont été mentionnées dans le Nord.
Cela sera-t-il compatible avec les engagements pris dans le cadre du Protocole de Kyoto, en matière environnementale ?
Certains économistes pensent, en outre, que, dans une quinzaine d'années, si toutes ces perspectives se concrétisent, l'Islande sera peut-être trop dépendante des exportations d'aluminium, dont les cours peuvent fluctuer substantiellement sur les marchés mondiaux. À suivre. Les Islandais, en tout état de cause, ne se privent pas de songer, pour l'avenir, à une diversification accrue de leur économie (" créneaux " dans les hautes technologies, tourisme, etc)
- Privatisation de Landssiminn
Le gouvernement, poursuivant méthodiquement son objectif de privatisation de la Compagnie nationale de télécommunications Landssiminn, choisit comme " consultant " et conseiller pour cette opération le groupe Morgan Stanley de Londres.
- L'économie des pays nordiques : perspectives encourageantes
Le Ministère des Finances rend compte le 18 novembre, de l'étude récemment publiée par le Comité économique nordique et des principaux indicateurs analysés. Pour la période 2001-2005, la croissance dans les pays nordiques a été supérieure à celle de la zone euro, mais légèrement inférieure à la moyenne de l'OCDE. En 2004, la progression a été la meilleure en Islande (+5,5 %. Prévision pour 2005 : 5 %) et la moins performante au Danemark (+2,2 %. 2,5 % prévus pour 2005).
La productivité du travail est en hausse dans toute la région, comme dans maints pays du globe. Cette " croissance non créatrice d'emplois " ralentit le recul du chômage. Le taux de chômage est cependant faible (Islande : 3,1 % en 2004. Prévisions 2005 : 2,8 %) par comparaison avec le taux moyen de la zone euro et celui de l'OCDE.

De bons résultats sont enfin enregistrés en matière d'inflation (" pic " attendu en Islande en 2005 : 3,5 %, le meilleur résultat devant récompenser la Suède, avec 1,6 %) ; tout comme de gestion des finances publiques (au sens du Traité de Maastricht) : les Nordiques bénéficieraient tous d'un excédent l'an prochain.

ENVIRONNEMENT
- Une bonne nouvelle pour l'environnement
La compagnie Marorka (haute technologie islandaise) annonce qu'elle a conçu un modèle de bateau de pêche, économisant l'énergie utilisée dans des proportions considérables (un quart du fioul actuellement consommé serait nécessaire). Selon les plans de Marorka, on va construire, à titre expérimental, un navire de ce modèle au Canada.

On manque de détails actuellement sur les procédés mis en ?uvre, sur la durée nécessaire pour l'expérimentation et surtout pour sa " généralisation ". Il est seulement précisé que les futurs bateaux émettraient moins de dioxyde de carbone que l'actuelle flotte.


SOCIÉTÉ
- Les adolescents et les téléphones portables
Selon un sondage récent, 99 % des 16-24 ans, en Islande, ont accès à un " portable ".

BRÈVES

- NOUVELLES DE L'UNIVERSITÉ D'ISLANDE
L'Université d'Islande (Département des Études d'Islandais ; Faculté des Humanités) nous fait savoir que, à partir de la rentrée universitaire 2005, elle organise, à l'intention des étudiants étrangers, un cycle d'un an, le Master of Arts (M.A.) en Études médiévales islandaises, s'adressant aux étudiants souhaitant approfondir leurs connaissances des textes, de la littérature, de la civilisation du Moyen-Âge islandais. Les cours seront donnés en anglais par les meilleurs spécialistes de ces disciplines, dans une perspective interdisciplinaire.
Un dépliant d'information est disponible sur le site : http://www.hi.is/nam/heim
Vous pouvez aussi contacter les responsables : Gudrun Nordal (gnordal@hi.is) et Asdis Egilsdottir (asd@hi.is).
La première session (cours, séminaires et colloques, travaux personnels) commencera en septembre 2005. Les inscriptions devront être faites avant le 1er mars 2005.

- Un site pour les amoureux de littérature islandaise.
Aux férus de littérature, nous indiquons le site du Professeur Patrick Guelpa, de l'Université de Lille III (page perso wanadoo) sur le grand poète islandais Einar Benediktsson :
http://einarbenediktsson.sk.monsite.wanadoo.fr


CULTURE
Questions culturelles, artistiques, vie en Islande, etc.
L'essentiel de ce Bulletin étant consacré aux questions politiques, économiques et sociales, nous ne croyons pas inutile de rappeler à nos lecteurs, plus généralement intéressés par l'île, que l'Association France-Islande publie une Revue trimestrielle " Courrier d'Islande " qui comporte de nombreux articles sur la vie culturelle, artistique et littéraire, la société et le tourisme, et les manifestations franco-islandaises. Pour avoir de plus amples renseignements sur l'Association, ses publications et ses activités, veuillez consulter son site : www.france-islande.com

Nous rappelons par ailleurs que le prochain numéro (décembre-janvier) du "Courrier d'Islande" publié par l'Association comportera un "cahier exceptionnel" sur la récente Quinzaine culturelle islandaise en France (textes des principales interventions, interviews, réactions de journalistes... et d'adhérents de l'Association, etc). Pour cette publication, s'adresser à jean@jlet.net




 

 

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