Bulletin mensuel
Bulletin Mensuel: Septembre 2004
Yfirlit
POLITIQUE INTÉRIEURE
- 15 SEPTEMBRE 2004 : UN NOUVEAU GOUVERNEMENT ISLANDAIS
EN BREF : LES CHANGEMENTS
Le changement de gouvernement intervenu le 15 septembre peut se ramener à trois points : L'ancien ministre des Affaires étrangères Halldor Asgrimsson (chef du Parti du Progrès) devient Premier ministre ; et, selon une permutation simple, l'ancien Premier ministre David Oddsson (chef du Parti de l'indépendance, le plus important de l'actuelle coalition bipartite) passe aux Affaires étrangères. Par ailleurs l'ancienne ministre PP de l'Environnement Mme Siv Fridleifsdottir quitte le gouvernement et cède son portefeuille à Mme Sigridur Anna Thordardottir, du Parti de l'indépendance. Tout cela était prévu.
RAPPEL HISTORIQUE
On se le rappelle : au lendemain des élections législatives de mai 2003, les deux partis de la majorité sortante, le Parti du Progrès (PP) et le Parti de l'Indépendance (PI), conduit par David Oddsson (Premier ministre depuis 1991), avaient renouvelé leur alliance et conclu un accord pour la législature à venir. En vertu de ce " contrat ", David resterait chef du gouvernement jusqu'au 15 septembre 2004, Halldor demeurant à la tête de la diplomatie de l'île. À cette date, M. Oddsson serait remplacé comme Premier ministre par Halldor Asgrimsson, le ministère des Affaires étrangères devant revenir à un membre du PI. D'autres changements interviendraient, et notamment le Ministère de l'Environnement (jusque-là détenu par Mme Siv Fridleifsdottir, membre du PP) serait confié à un élu du PI.
À la mi-août, Halldor Asgrimsson a confirmé le prochain départ de Siv Fridsleifsdottir, et indiqué que dans le gouvernement qu'il conduirait à partir du 15 septembre, les représentants du PP seraient, outre lui-même, Mme Valgerdur Sverrisdottir, au Commerce et à l'Industrie, et M Gudni Agustsson à l'Agriculture, Jon Kritjansson à la Santé et Arni Magnusson aux Affaires Sociales (ministres sortants). Cette décision avait été précédée de légers " remous " au sein du Parti. Un mouvement etait apparu, pour que la formation, en vertu du principe de parité hommes-femmes, " repêche " en quelque sorte Siv et qu'un des quatre " hommes " (trois, si l'on excepte le Premier ministre) du PP au gouvernement lui cède son poste. Pétitions, réunion de femmes progressistes ou de membres de la circonscription de Siv se mobilisèrent à cet effet. Malgré cela, Halldor Asgrimsson fit savoir, après des discussions avec les autres dirigeants du parti, que, quels qu'aient été les " immenses mérites " de Siv, elle quitterait le gouvernement. Elle pourrait ensuite, comme membre du Parlement, servir utilement le PP. Lui-même songeait à un possible " remaniement " (concernant les Ministres PP) en 2006, un an avant les élections. Siv s'avoua très déçue et estima la décision injuste et contraire aux statuts de la formation, mais s'inclina, et annonça son intention de travailler à l'avenir, comme parlementaire, pour l'unité et le renforcement du parti. Tempête dans un verre d'eau ou grosse question de principe ? ?
Dans les jours précédant le 15 septembre, le Parti de l'Indépendance et M. Oddsson procédèrent au choix de leurs futurs ministres. Comme il l'avait laissé entendre au lendemain de ses ennuis de santé, David Oddsson choisit de " permuter " avec Halldor Asgrimsson et de prendre la charge des Affaires étrangères, tandis que Mme Sigridur Anna Thordardottir , élue de la circonscription du Sud-Ouest (celle de Siv, précisément) depuis 1991 recevrait ce qui était attendu- l'Environnement. Les ministres sortants du PI (Björn Bjarnason à la Justice, Geir Haarde aux Finances, Sturla Bodvarsson aux Communications, Arni M. Mathiesen aux Pêcheries, Mme Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir à la Culture et à l'Éducation) devaient conserver leurs attributions.
- Un nouveau Premier ministre : Les projets de Halldor Asgrimsson
Interrogé par la presse sur ses intentions futures, Halldor a insisté sur sa volonté de continuité par rapport à la politique en cours. La ligne et les priorités ne changeront pas, notamment la stabilité économique dans la croissance. Le programme d'allègements fiscaux, déjà mis en ¦uvre, sera poursuivi
- David Oddsson aux Affaires étrangères
Ses amis politiques du PI s'en félicitent, tout comme ceux qui estiment que Halldor, à ce poste, " caressait " beaucoup trop l'Union européenne : tel est le cas du parti d'extrême gauche (Gauche Verte) et de son chef, l'habile Steingrimur Sigfusson, profondément " europhobe ", ainsi que des populistes de droite du Parti Libéral. Dans le passé, l'attitude des deux fortes personnalités du gouvernement, David et Halldor, associés au sein du même gouvernement, a parfois semblé diverger, au moins dans l'expression. La même petite " dissonance " persistera, après la permutation accomplie ?
- Une révision à venir de la Constitution ?
Avant sa nomination comme Premier ministre, Halldor Asgrimsson avait indiqué que, compte tenu des divergences apparues en juin entre le Chef de l'État et le gouvernement, appuyé par la majorité parlementaire (voir nos précédents " Bulletins ") -phénomène apparu pour la première fois dans le pays-, une révision de la Constitution allait devoir être entreprise, clarifiant les pouvoirs des grands organes de l'État et leurs rapports réciproques. Tâche complexe et nécessitant du temps
POLITIQUE ÉTRANGÈRE
- Rapports avec l'Union européenne
Dans une intervention lors d'une réunion internationale sur les pêches, tenue en Islande, début septembre, Halldor a condamné l'actuelle Politique Commune des Pêches suivie par Bruxelles : sauf modification sensible de celle-ci (" un colonialisme moderne ") toute adhésion de l'Islande à l'Union est exclue. Quelques jours après, il atténua cependant la force de tels propos, en rappelant qu'il ne convenait pas d'exclure à tout jamais une participation du pays à l'ensemble européen.
- Relations franco-islandaises : le Premier ministre islandais à Paris
Venu inaugurer la " Quinzaine culturelle islandaise " en France (qui présente un grand nombre de manifestations artistiques et scientifiques à Paris et en province), le 27 septembre, le Premier ministre Halldor Asgrimsson -dont c'était le premier déplacement à l'étranger dans ses nouvelles fonctions- a eu un entretien avec son homologue français Jean-Pierre Raffarin. Ils ont évoqué le développement des relations bilatérales (la prospérité islandaise doit, selon M. Raffarin, donner des occasions exemplaires aux entreprises des deux pays d'accroître leurs échanges et leur coopération) ; mais aussi procédé à un tour d'horizon sur la situation internationale. Les deux États, qui l'an dernier avaient pris des positions différentes sur la crise irakienne, sont maintenant en gros " sur la même longueur d'ondes ".
- Relations franco-islandaises : Tomas Ingi Olrich, futur Ambassadeur en France
Comme nos lecteurs le savent, Madame Sigridur Snaevarr, Ambassadeur d'Islande en France (et dans divers pays voisins et auprès d'organismes internationaux) depuis 1999, va nous quitter vers le 1er novembre 2004. Pour lui succéder, le gouvernement islandais a désigné M. Tomas Ingi Olrich, qui s'installera à Paris dans les semaines après ce départ.
En attendant des indications biographiques plus complètes, que nos prochains numéros apporteront, rappelons que l'intéressé a obtenu sa licence et sa maîtrise de lettres modernes à l'Université de Montpellier, a ensuite enseigné notre langue et notre littérature au lycée d'Akureyri, puis a entamé une carrière politique. De 1991 à 2004, il a été député du Parti de l'Indépendance pour le nord-est de l'Islande ; et de 2002 à 2004 Ministre de l'Éducation, des Sciences et de la Culture.
- Visite officielle du roi Gustave XVI de Suède
Le couple royal suédois a fait une visite officielle en Islande au début de septembre et a été reçu par les plus hautes autorités du pays.
La ministre des Affaires étrangères suédoise, Laila Freivalds, qui l'accompagnait, a rencontré son homologue islandais, et ils se sont félicités du développement de la coopération nordique. Mme Freivalds estime qu'une éventuelle adhésion de Reykjavik et d'Oslo à l'Union européenne renforcerait la " dimension nordique " au sein de l'Union ; mais cela est l'affaire des Islandais (et des Norvégiens) et elle n'entend pas leur donner de conseils.
- La " Gauche Verte " et l'Irak. Réaction du Premier ministre
À peine le nouveau gouvernement formé, le président du parti de la " Gauche Verte " (extrême-gauche), l'astucieux et combatif Steingrímur J. Sigfusson, dont la popularité personnelle augmente, a demandé une réunion de la Commission des affaires étrangères, pour faire le point sur la participation de l'Islande à la " coalition " en Irak.
Le Premier ministre Halldor Asgrimsson reconnaît qu'au départ son pays n'a peut-être pas été correctement informé sur certains points (armes de destruction massive), mais que, globalement, le résultat de la guerre est positif (départ de Saddam Hussein, efforts pour la reconstruction du pays, et pour introduire progressivement la démocratie). De toutes manières, il ne sert à rien de " s'appesantir sur le passé " : il convient maintenant de dégager les moyens les plus efficaces pour aider le peuple irakien.
- Assemblée Générale des Nations-Unies
Lors de l'Assemblée Générale des Nations Unies, le point de vue islandais a été présenté avec l'intervention (en date du 25 septembre) du Ministre des Finances Geir Haarde, remplaçant le Ministre des affaires étrangères David Oddsson.
Geir Haarde a insisté sur la nécessité de profondes réformes de l'organisation internationale, dont la recrudescence d'actes terroristes, tout comme le besoin d'accélérer la mise en ¦uvre des programmes décidés en 2000 sur le développement et la pauvreté, soulignent l'urgence. 2005 devrait être une année décisive.
L'orateur a par ailleurs mentionné le nombre élevé de " petits États " au sein de l'ONU, leurs problèmes spécifiques, que la communauté internationale ne peut pas négliger. Au passage, Geir a rappelé la candidature de l'Islande comme membre non-permanent du Conseil de Sécurité pour la période 2009-2010.
Enfin, le Ministre a mis l'accent sur les efforts entrepris par son pays dans le domaine du développement durable (recherches sur l'hydrogène), et de l'aide aux États les plus pauvres. Il s'est félicité de la reprise en cours des discussions sur le commerce international (" Doha round " au sein de l'OMC). Il a conclu en souhaitant que l'ONU puisse apporter une contribution décisive à la reconstruction de l'Irak, tout comme à la poursuite de la stabilisation de l'Afghanistan, sans oublier la défense des droits de l'homme, partout dans le monde, objectif prioritaire du système multilatéral.
ÉCONOMIE
- Taxe dans les pêcheries
Pour tenter de désamorcer les polémiques, qui s'enflaient avec la concentration croissante dans la branche des pêcheries (actuellement 13 entreprises, en tête desquelles on citera HB-Grandi et Samherji, détiennent conjointement plus de la moitié des " quotas de pêche), le gouvernement de David Oddsson avait fait voter en 2002 le principe d'une taxe mise, à partir de septembre 2004, à la charge des entreprises de pêche en contrepartie de leur droit à travailler en mer. Des calculs complexes en fixent le montant, mais en gros elle correspond au départ à 6 % de la valeur du kilo de cabillaud pêché (un système d'" équivalences-cabillaud " étant prévu pour les autres espèces) et devrait monter progressivement à 9 % au 1er septembre 2009.
Quelques-uns des entrepreneurs taxés ont un peu renâclé devant la charge, mais, dans l'ensemble, le principe est accepté. Certains économistes et politiques se demandent même si il ne fera pas tache d'huile à plus ou moins long terme en remettant à l'ordre du jour une question fondamentale : celle de la légitimité des bénéfices réalisés par les entreprises à partir de l'exploitation d'une ressource naturelle " commune ", dont la mise en valeur, selon certains, devait profiter à l'ensemble de la nation (énergie hydraulique, géothermique, canaux de téléphone et de télévision.).
- Nouvelle publication de l'Office des Statistiques
Dans une étude parue le 9 septembre, l'Office islandais des Statistiques (www.statice.is), fait à nouveau le point sur l'évolution des grandes variables de l'économie au cours de l'année 2003 (produit intérieur brut, activités sectorielles, marché du travail, échanges extérieurs et balance courante, etc.), corrigeant ses travaux antérieurs avec l'aide des données les plus récentes. Cette étude (" National accounts " dans les " Statistical series ") comporte un résumé en anglais et de nombreux tableaux statistiques bilingues.
Elle nous apprend que la croissance a été de 4,3 % en 2003, soit légèrement supérieure aux évaluations publiées en mars. La consommation des ménages a progressé de 6 % ; l'investissement brut de 18 % (électricité, etc.). Les importations ont augmenté de 10 %. Le déficit de la balance des biens et services a atteint près de 24 milliards de couronnes, soit 2,9 % du PIB.
- Informations du Ministère des finances sur les dépenses gouvernementales de sécurité sociale
Dans sa lettre du 9 septembre, le Ministère des finances indique que les dépenses gouvernementales (à proprement parler) en matière de pensions de vieillesse et de sécurité sociale se sont accrues de 91 % depuis 1998, passant de 19 à 37 milliards de couronnes. L'effort en faveur des pensions est souligné, ayant doublé : de 15 à 30 mds. On remarquera cependant qu'une légère partie de cette " amélioration " est plus " optique " que réelle (transferts de crédits de certains chapitres vers d'autres). Par ailleurs, on ne saurait comparer le système islandais de retraites au système français, la participation des organismes publics aux prestations pour les personnes âgées étant assez réduite, l'essentiel des retraites provenant de fonds de pension professionnels notamment.
- Les Banques et le financement du logement
De plus en plus, les banques s'intéressent au financement du logement et consentent des prêts avantageux pour l'accession à la propriété, tâche qui jusqu'à une date récente était prise en charge seulement par le " Housing Finance Fund ". Cela peut avoir des conséquences favorables pour les acquéreurs d'un logement, mais aussi amener une demande accrue d'habitations, avec le risque de tensions sur les prix dans cette branche. Par ailleurs, en favorisant au départ les ménages, elle peut les inciter à consommer plus, d'où risque de poussées inflationnistes.
Tel est le problème mentionné par le Ministère des Finances, dans ses informations du 9 septembre : il insiste sur la nécessité d¹une prise en considération de tels risques par les politiques et les responsables de la politique monétaire.
- Privatisation de Landssiminn (Iceland Telecom)
Le gouvernement lance un appel d'offres pour la privatisation de la Compagnie nationale de télécommunications ; les conditions du marché semblant nettement plus favorables qu'en 2001, où une tentative de privatisation avait échoué.
- Les grands projets et la main d'uvre étrangère
Le 30 septembre, le Ministère des Finances fait le point sur le rôle de la main d'¦uvre étrangère employée pour la réalisation des grands projets en cours : usine d'aluminium de l'Est, extension de celle de l'Ouest et centrales électriques liées à ces projets. Au début de 2003, on estimait -sur la base des informations fournies par les employeurs- que 25 % des recrutements nécessaires porteraient sur des étrangers. Actuellement la proportion atteindrait 50 %. Le coût salarial est-il en cause ? En tout cas, le recours à des immigrants (Chinois, par exemple) n'a pas été sans poser des problèmes, ces ouvriers peu qualifiés s'estimant " exploités ".
SOCIAL
- Grève générale dans l'enseignement primaire et secondaire
Le 20 septembre, peu après la rentrée scolaire donc, a vu les enseignants du cycle obligatoire, se lancer dans une grève générale, mettant en avant des revendications (salariales, notamment) très " exigeantes ". La grève durait encore le 10 octobre.
- Vieillissement de la population et problèmes des finances publiques
Nombre de pays du monde s'inquiètent des conséquences (négatives) pour leurs finances publiques (recettes en baisse ; dépenses de santé, de pensions, etc.) qu'entraînera le vieillissement progressif des populations.
Sans se cacher les difficultés futures, l'Islande considère qu'elle a deux atouts : l'âge de prise de la retraite y est plus élevé qu'ailleurs dans le monde ; le système des retraites est fondé presque exclusivement sur le principe de la capitalisation (fonds de pension), et non sur celui de la répartition.
- La place de l'éducation dans les dépenses islandaises
Selon un récent rapport de l'OCDE, l'Islande aurait dépensé en 2001, 6,7 % de son PIB pour l'éducation, ce qui la mettait au 4ème rang des pays membre de l'Organisation. Dans sa " Lettre " du 30 septembre, le Ministère des Finances conteste ce calcul et lui substitue le pourcentage de 7,2 % (2ème rang). L'apport du budget de l'État était en 2001 de 2,89 % du PIB : il est passé à 3,06 % en 2004, ce qui, compte tenu des apports des collectivités locales et des ménages, aboutirait à un total de 7,4 % pour 2004.
- Statistiques sur les hommes et les femmes
L'Institut des statistiques a récemment publié une étude sur les hommes et les femmes (aspects démographiques, économiques et sociaux). L'étude est en islandais, avec un résumé d'1/2 page en anglais. De très nombreux tableaux statistiques bilingues (plus de 20 pages). L'étude et les tableaux sont téléchargeables sur le site de l'Institut (www.statice.is).
Quinzaine culturelle islandaise
La " Quinzaine culturelle islandaise " organisée à l'automne par l'Ambassade d'Islande en France, sur l'initiative commune des deux gouvernements, comporte des dizaines de manifestations dans notre pays. Le programme détaillé en est donné (y compris des conférences de l'Université d'Islande, qui s'étaleront jusqu'en décembre) par le site spécial de l'Ambassade d'Islande : http://islande-glacefeu.com
Questions culturelles, artistiques, vie en Islande, ets
L'essentiel de ce Bulletin étant consacré aux questions politiques, économiques et sociales islandaises, nous ne croyons pas inutile de rappeler à nos lecteurs, plus généralement intéressés par l'île, que l'Association France-Islande publie une Revue trimestrielle " Courrier d'Islande " qui comporte de nombreux articles sur la vie culturelle, artistique et littéraire, la vie quotidienne et les manifestations franco-islandaises. Pour avoir de plus amples renseignements sur l'Association, ses publications et ses activités, veuillez consulter son site : www.france-islande.com
NOUVELLES DE L'UNIVERSITÉ D'ISLANDE
L'Université d'Islande (Département des Études d'Islandais ; Faculté des Humanités) nous fait savoir que, à partir de la rentrée universitaire 2005, elle organise, à l'intention des étudiants étrangers, un cycle d'un an, le Master of Arts (M.A.) en Études médiévales islandaises, destiné aux étudiants souhaitant approfondir leurs connaissances des textes, de la littérature, de la civilisation du Moyen age islandais. Les cours seront donnés en anglais par les meilleurs spécialistes de ces disciplines, dans une perspective interdisciplinaire.
Un dépliant d'information est disponible sur le site : http://www.hi.is/nam/heim
Vous pouvez aussi contacter les responsables : Gudrun Nordal(gnordal@hi.is) et Asdis Egilsdottir (asd@hi.is).
La première session (cours, séminaires et colloques, travaux personnels) commencera en septembre 2005. Les inscriptions devront être faites avant le 1er mars 2005.
BRÈVES
* L' " École islandaise ", qui s'adresse aux jeunes Islandais de 3 à 10 ans, et est dirigée par le Pr Einar Mar Jonsson, reprend ses activités à partir du 3 octobre. Tous renseignements auprès de Unnur Orradottir Ramette, à l'Ambassade d'Islande : (e-mail : unnur.o.ramette@utn.stjr.is).
* Le célèbre festival international de cinéma de Toronto a tenu son édition annuelle en septembre. En ouverture, le nouveau film du metteur en scène islandais Fridrik Thor Fridriksson, "Niceland".
* Aux férus de littérature, nous indiquons le site du Professeur Patrick Guelpa, de l'Université de Lille III (page perso wanadoo) sur le grand poète islandais Einar Benediktsson :
http://einarbenediktsson.sk.monsite.wanadoo.fr
* Pour nos lecteurs du Nord de la France :
1/ Cours d'islandais à Université Charles de Gaulle-LILLE III :
2004-2005 : l'ISLANDAIS à LILLE 3
L'slandais, c'est la langue des Vikings restée quasiment inchangée jusqu'à nos jours
Cours ouverts à tous les étudiants
Pour tout renseignement complémentaire :
patrickguelpa@wanadoo.fr
a/ ISLANDAIS OPTION, LV2 ET DUFL première année : DEUG 1
(Débutants)= ISLANDAIS NIVEAU 1
(S1/S2 = semestre 1 et semestre 2)
Le vendredi de 10h à 12h salle B2.534
PREMIER COURS LE VENDREDI 1ER OCTOBRE 2004
b/ ISLANDAIS OPTION, LV2 et DUFL deuxième année
ISLANDAIS NIVEAU 2
Le vendredi de 13h à 15 h en B2.530 (1er semestre)
et B2.541 (second semestre)
PREMIER COURS LE VENDREDI 1ER OCTOBRE 2004
ANNEXE : UNE CONFÉRENCE DU PREMIER MINISTRE (version anglaise) en date du 17/09/2004
Why small states must think big
Workshop on small states, Reykjavik, 17 September 2004
The conventional wisdom in international relations theory is that small states have small interests.
Small states have small resources and use the little leverage they can muster to advance their cause on a very few issues
- Perhaps only one issue.
According to this conventional wisdom, small states should concentrate their limited efforts on a single issue and on their closest environment.
This model may have been true for Iceland once.
I doubt that it is true any more.
Let me tell you why.
Iceland, like some other highly developed small states, relies greatly on international trade. You may not all realise this, but Iceland is near the top of the list of countries in the world in terms of the importance of international trade for the economy.
Some larger states or trade blocks of larger states may perhaps afford to isolate themselves. In some countries there is talk of the necessity of trade barriers and even isolation these days. The fact is that large states may be able to afford isolationist action or a while because of the size of their economy. Despite some economic setbacks this can bring these states can very well survive on their own.
Iceland, on the other hand, cannot afford to isolate itself and build barriers towards the rest of the world. We cannot cut down international relations. Those who claim that Iceland should reduce its efforts abroad seem to have a limited understanding of what has made Iceland a rich and open society.
What first and foremost makes Iceland a success is the mindset of the Icelandic people. The ambition to be free and to make use of that freedom.
Dr. Bjarni Benediksson, the late Prime Minister of Iceland said:
A man who is not free is not only limited by his own weaknesses but also by the weaknesses of those who decide his fate.
We are free and we are only limited by our own weaknesses. No weakness is as pervasive as the weakness of the mind.
Therefore I urge you not to listen only to those who claim we are too small to have international aspirations. That we are too small to make an impact. There are those who insist we should not use our freedom to take active part in international relations. What they are really saying is that we are too small to be free. That we are not able to decide our own faith.
Another Icelandic Minister, Mr. Eysteinn Jónsson, said:
Freedom is the most powerful energy source of small states.
The real danger to Icelandic sovereignty does not come from the large states. It comes from within. It comes from the weakness of the mind and the lack of ambition of those who believe that we are a microstate. Those who believe that we should not use our freedom to have an international presence.
These people, who want to cut down on international relations, come from all walks of life and from all political parties.
Are these the people with a vision for the future? The people who say that we should give less to development aid? That we are too small and too poor to give starving children food? Is it true? Are we too small to contribute to international organizations that make shelter for refugees? Are we too small to go to other countries and make agreements on free trade, investments and taxation? Can we not afford the air ticket? Are we too small to establish embassies that service Icelandic businesses?
Well, if we believe that we are small and insignificant then we will quickly become small and insignificant.
Many Icelandic businesses have healthy ambitions. They are not limited by the weakness of the mind or the complex of the small. The world is their stage.
Those Icelandic businesses that have established themselves abroad are the ones that give the greatest return on investment at the moment.
The Icelandic government must have ambitions at least equal to those of the Icelandic businesses. If Iceland decides to be a microstate at the same time as the businesses have international ambitions - then the businesses will simply leave this country. They will establish themselves within an economy where the ambitions of the government match their own.
If we believe that we are small and insignificant, then we will become small and insignificant.
The manager of one of the most forward looking businesses in Iceland said at a conference the other day that the Icelandic Foreign Service is more effective in its assistance to businesses than the Danish Foreign Service. We must keep it like that.
Businesses can establish themselves anywhere and the Icelandic authorities must remain competitive.
What made Iceland successful?
So, what is it that made Iceland strong and prosperous? Can the Icelandic success in any way be a model for other small nations?
It is easy to overlook and forget that not long ago Iceland was colony and one of the poorest populations in Europe. Bluntly speaking, we were basically a development country that had been by-passed by the industrial revolution.
Now we are one of the richest nations in the world.
The most important factor that contributed to this change is the fact that Iceland early on gained control over its resources and was able to manage them successfully.
Control over the fishing resources was the most important factor in building an independent and prosperous state. It is in this context, that the academia and everybody else must realize that Iceland cannot and will not give away control over this vital resource.
Iceland changed from being a poor colony just a few decades ago to become an independent and prosperous state. It established control over the fishing resources and build its wealth on that basis.
It should not be difficult to understand that Iceland cannot hand over the control over the fishing resources to the EU - or to anyone else for that matter.
A second element that has contributed to the Icelandic success is the fact that Iceland quickly became an active part on the international scene and sought to do trade with a great variety of nations.
A typical pattern for small states is that they depend upon trade with one or two partners, often the old colonial power. Iceland managed to break away from this pattern and market its products all over Europe and around the world.
Another linked aspect is the issue of education. We see with many old colonies that their students seek their education in the old colonial powers. This is not the case with Iceland. Even if the greatest number of students attends universities in the Scandinavian countries, a large proportion also studies in the United States, in Britain, in Germany, France and elsewhere. We welcome Icelanders that go abroad to study. Their experience and education is valuable and brings us forward.
A third important element in the Icelandic success has to do with respect for the language and culture. You may think that this is strange - would it not be better to speak a language that is shared by more people?
I am convinced that the fact that Icelanders are proud of their language, heritage and history has contributed greatly to our success. We are not shy to present our interests in the international forum and we are not afraid to take actions and lead the way, as with the expansion of the fishing zone and with the recognition of the independence of the Baltic States. We truly feel that we have the same rights and the same call for recognition as any other state in the world. This feeling is the basis of our success.
Yet another important element is our participation in international organizations. I could take countless examples. Let me just mention one. Our participation in the Small Islands Developing States in the UN was essential to gaining support and understanding for the so-called Icelandic solution in the Kyoto Protocol. The Icelandic initiative, which was supported by the group and others affected by it, ensures that Iceland has the necessary possibilities to develop its energy industries within the obligations taken over with Kyoto. This is of great importance for economic development of small states.
Most newly independent states go through similar development in international relations. First come the bilateral connections, and then participation in international organizations. Iceland had the good fortune to be an active part in international organizations quite early. We became members of NATO, the UN and the OECD as well as partners in the Nordic cooperation. Few people fully grasp the importance of our participation in OECD for example. It has helped us a in our strive to become a highly developed economy. Often international cooperation has pushed us forwards towards liberalization of the economy. Sometimes it has been difficult but in time everybody has come to realize the benefits of greater liberalization of the economy.
In short, Icelanders have managed to create for them selves a global business environment full of opportunities.
This has not happened without an effort or without expenses as some people seem to think.
Negotiations on the EEA Agreement. Negotiations on a number of free trade agreements. Negotiations on a number of bilateral agreements. Negotiations on air traffic agreements. Negotiations on mutual investment agreements, on taxation agreements on agreements related to tourism.
I could go on and on.
Some people seem to think that the public sector does not create anything.
The fact is that international cooperation - the deals that we have done - has opened up the world for Icelandic businesses, for Icelandic workers and for Icelandic students.
We have changed our embassies into effective service organizations for business and individuals.
We are lucky to have businessmen that look beyond the horizon and harvest opportunities around the globe.
But we are also lucky to have diplomats that are in close cooperation with our business community, with our art community and with the local communities around the country.
Icelandic efforts abroad are not simply concentrated around fisheries. We have much wider interest than that.
Not many people grasp the great growth and diversification that has happened over the course of just a few years.
Growth in the pharmaceutical business.
Growth in energy.
Growth in biotechnology.
Growth in financial services.
Iceland now has a greater number of large airplanes than countries that are ten times our size.
No, although we may be small we do not have small interests and we do not concentrate on a single issue.
We see that some of the fastest growing and most profitable companies in Iceland have opened offices abroad. Not only in the Nordic States. Not only in Europe and in the United States but also in South -America and in Asia.
Why not conduct business over the telephone and through e-mails? This I hear often these days not least about the Foreign Service.
The truth is that all this helps but you still need to be visible and to meet people face to face in order to create opportunities and to make the most of them.
Before I end, I would like to mention the issue of development aid and peace keeping. As you are aware, Iceland has through the years contributed less to development aid than other rich countries. This is changing. We have increased our efforts in multilateral aid as wellasin bilateral aid. We will continue to do so. We have also established a presence in peacekeeping operations and sent people for example to Kosovo and Afghanistan.
Let me make quite clear. We do not intend to gain from increased development aid. The only reason for our development aid is to help people that are less fortunate than we are. We want to increase our ties with Africa and to increase our efforts there. This is important to this government and it is important to me.
We may be a small state but we are not too small to care about others and we are not too small to make an effort.
These efforts as well as active work in International organizations are essential in order to maintain and strengthen the position of Iceland in the world.
A few years ago, when Iceland took over the chairmanship of EFTA for the first time, there was serious doubts to whether the small Icelandic Foreign Service would be able to manage this. Now, it does not even make the news when we chair EFTA, it is routine. In the last few years Iceland has not only chaired the EEA cooperation but also the Council of Europe and the Arctic Council. Icelandic diplomats chair important parts of the WTO negotiations and have a central role in FAO, OECD and the UN. Next year we will chair the Baltic Sea Council and, as you know, we have aspirations to take a seat in the United Nations Security Council.
All this work is essential to defending the interests of Iceland. There is an ideological tug of war which continues in Iceland, between those that embrace only the past and demand to see Iceland as an isolated micro-state, and those who believe that in order to defend our interest in modern times - we need to be a state among states - not a micro state that has nothing to offer to others.
We are a small state, that is true, but we are not a microstate.
There is a difference.




