Bulletin mensuel
Bulletin Mensuel: Janvier 2004
POLITIQUE INTÉRIEURE
- Une entrée au gouvernement
Depuis le 1er janvier 2004, Madame Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir a remplacé Tomas Ingi Olrich dans les fonctions de Ministre de la Culture, de l'Education et de la Science. C'est la première fois qu'un Catholique occupe des fonctions ministérielles en Islande.
Née en 1965, l'intéressée obtint sa licence en droit en 1993. Après avoir exercé la profession d'avocat, elle a été chef de département à la radio nationale (1997-99). Elle est députée du Parti de l'Indépendance pour la région de Reykjanes (Sud-Ouest du pays) depuis 1999 et a fait partie de plusieurs comités ministériels.
- D'un sondage à l'autre
Selon un sondage publié courant janvier, le Parti de l'Indépendance (Conservateurs de centre-droit) du Premier ministre a progressé sérieusement depuis les élections législatives du printemps 2003 : gagnant 7,8 % des intentions de vote, il en recueillerait maintenant 41,5 %. Symétriquement, l'opposition de centre-gauche (l'Alliance) tombe de 31 % à 25,5 %. Le parti d'opposition "Gauche-Verte" (parfois qualifié d'extrême-gauche, mais on se méfiera de cette appellation, l'extrémisme politique étant inconnu en Islande) avance : de 8,8 % à 13,8 %. Les Progressistes, formation du ministre des Affaires étrangères Halldor Asgrimsson (futur Premier ministre), perdent des points, tout comme le petit parti Libéral (dissidents Conservateurs), qui, lui, s'effondre. À suivre : mais les prochaines élections sont loin.....
- L'avenir de David Oddsson
En vertu d'un accord passé, lors de la formation de l'actuel gouvernement, entre les deux partis qui le composent, le Premier ministre David Oddsson (Parti de l'Indépendance) doit céder son poste à l'automne 2004 à son allié, Halldor Asgrimsson, chef du Parti du Progrès. Les journalistes ont récemment interrogé David sur ses projets d'avenir au-delà de septembre : restera-t-il au gouvernement comme simple Ministre, se retirera-t-il de la vie politique pour "écrire" (un de ses hobbies)? L'intéressé a laissé ses interlocuteurs sur leur faim, mais il ne semble pas exclu -loin de là- qu'il continue à participer (mais comment ?) à la vie politique. L'avenir tranchera.
- Une loi sur les "concentrations"
David Oddsson, se voulant l'interprète des préoccupations d'une large partie de l'opinion, a indiqué que les abus nés de certaines fusions d'entreprises et pratiques monopolistiques, nécessiteraient sans doute des mesures législatives. Il entend lutter contre les dangers de trop importantes "concentrations". Un comité spécialisé devrait prochainement étudier le phénomène et ses risques dans le secteur des médias.
Ce secteur a connu dernièrement des fusions et accords, qui, selon divers politologues, favoriseraient l'oppositions Polémiques en perspective.
POLITIQUE EXTÉRIEURE
- V¦ux de Nouvel An
La politique internationale a tenu une grande place dans ces v¦ux :
Pour le Président Olafur Ragnar Grimsson, l'Islande peut être un bon "conseiller" pour les micro-États, confrontés parfois à de grosses difficultés.
Le Premier ministre et le Ministre des affaires étrangères se sont félicités de la décision du pays de se joindre à la "coalition anti-Saddam", aux conséquences bénéfiques : chute du tyran et assagissement de pays naguère menaçants comme la Libye et l'Iran. Tous deux espèrent raisonnablement une solution mutuellement satisfaisante au "différend" islando-américain sur la base de Keflavik, qui tiendra compte des impératifs de sécurité des deux partenaires et de leurs contraintes particulières. On s¹est également félicité de l'élargissement de l'Union européenne dans des conditions respectant les intérêts islandais.
- L¹Islande et le monde
Dans les deux années à venir, l'Islande entend établir des relations diplomatiques formelles avec de très nombreux pays (d'importance limitée) avec lesquels de telles relations n'existaient pas encore. Ce geste est la preuve du prix attaché par l'île à sa position internationale et s'explique aussi par sa candidature au Conseil de Sécurité de l'ONU pour la période 2009-2010.
- Le Premier ministre et l'avenir de l'Union européenne
David Oddsson, si on en croit des déclarations récentes, n'est guère optimiste quant à l'avenir de l'Union Européenne : celle-ci a étalé ses profondes divisions l'année précédente et a échoué à se donner une Constitution. Ne risque-t-elle pas, après son prochain élargissement, de se désagréger ? Tout cela justifie, selon lui, sa politique "raisonnable", visant à la non-adhésion de l'Islande à l'Union. Par ailleurs, comme il l'a souligné, l'île a enregistré, au cours des dernières années, des résultats meilleurs que l'ensemble européen dans des domaines aussi importants que la croissance économique, l'augmentation du pouvoir d'achat, le chômage, l'effort en matière de recherche scientifique et technique, etc.
- L'Islande et les États-Unis : David est prudent
Lors d'une réunion du Parti de l'Indépendance en date du 24 janvier, le Premier ministre s'est montré "circonspect" en ce qui concerne l'évolution future du "différend" qui, depuis mai 2003, sépare les États-Unis et l'Islande (voir nos précédents numéros). On sait que Washington, l'an dernier, avait prévu de réduire sensiblement le potentiel de défense de la base de Keflavik en en retirant les moyens consacrés à la défense aérienne, à savoir les quatre chasseurs américains F15 et l'appareil de ravitaillement KC 135. Les Américains pensaient que ce geste, motivé par la "restructuration" de leur système de sécurité et de défense, jointe à des considérations budgétaires, ne se heurterait à aucune opposition de la part des Islandais. Bien au contraire, ceux-ci ont réagi vigoureusement et rappelé à leur "allié" les obligations résultant de l'Accord de défense entre les deux pays. Depuis lors les choses traînent ; Washington n'a pas mis à exécution ses projets, mais aucune solution consensuelle n'est encore sortie des récentes "conversations" bilatérales. David Oddsson, le 24 janvier, s'est voulu "prudent" : il continue à espérer qu'un compromis raisonnable interviendra finalement, mais constate que d'importantes difficultés subsistent.
Face à ces perspectives incertaines, l'opposition de centre-gauche (l'Alliance) propose comme "solution de rechange" un rapprochement avec l'Union Européenne dans les domaines de la sécurité et de la défense.
- L'Islande et les États-Unis : le point de vue de Björn Bjarnason
Björn Bjarnason, actuellement ministre de la Justice, est souvent considéré comme l'un des meilleurs "experts" du Parti Conservateur dans le domaine des relations internationales, et des problèmes de défense. Il a, fin janvier, à l'occasion d'une réunion organisée par diverses associations spécialisées, exposé son point de vue sur l'état des relations islando-américaines. On notera quelques idées-forces extraites de cette conférence. Pour Björn, le lien entre les deux "alliés", loin d'avoir perdu de son intensité au cours des dernières décennies, a conservé son caractère fondamental ; il devrait même se développer dans les années à venir. En particulier, les relations économiques bilatérales vont progresser (échanges commerciaux, investissements américains -et canadiens, également- en Islande, etc.), ce qui automatiquement rejaillira sur l'intérêt porté par Washington à l'Île. Concernant l'évolution probable de la politique de sécurité et de défense de l'Union Européenne, Björn remarque, par ailleurs, que : -son centre d'intérêt majeur sera la "sécurité" de l'Europe continentale proprement dite ; -elle se concentrera sur les éventuelles tensions surgissant sur ce continent et ne portera que peu d'attention à la situation dans la zone Nord-Atlantique et à la sécurité de celle-ci ; -les forces qui prédomineront dans la définition de cette politique seront soit les "grandes puissances européennes" telles la France et l'Allemagne, soit les institutions européennes centralisées ; -les petits pays -comme l'Islande- n'ont aucune chance, s'ils entrent dans l'Union, d'influencer ce qui se décidera à Bruxelles. Dans ces conditions, jouer la "carte européenne" comme "solution de rechange" face à l'alliance avec les États-Unis, n'est absolument pas raisonnable.
Björn n'est pas, pour autant, défavorable à un développement des relations entre son pays et l'Union en voie d'élargissement ; mais ce processus ne doit en aucun cas être motivé par une quelconque animosité vis-à-vis de l'allié américain, ni par une volonté, plus ou moins affirmée, de rupture de l'accord bilatéral de défense conclu en 1951.
- Le gouvernement islandais et l'Irak
Les récentes "polémiques" suscitées dans le monde par la question de l'existence (réelle, ou "imaginaire") des " armes de destruction massives " en Irak ont affleuré en Islande. L'extrême-gauche, la "Gauche-verte", tire à boulets rouges sur Bush et Blair ; les chefs des deux partis de la majorité -le Premier ministre David Oddsson et le ministre des Affaires étrangères Halldor Asgrimsson- maintiennent que "Washington a eu raison de chasser du pouvoir Saddam Hussein".
ÉCONOMIE
- Visite du Secrétaire Général de l'OCDE
Le Secrétaire Général de l'OCDE, D. Johnston, a effectué début janvier une courte visite en Islande, où il a rencontré, outre le ministre des Affaires étrangères Halldor Asgrimsson, de nombreux dirigeants économiques et politiques. Il a félicité l'Islande pour ses belles performances, notamment en matière de pêcheries (exemple de bonne gestion pour les autres nations maritimes). Il pense qu¹avec la prochaine réalisation de grands projets industriels (électricité et surtout aluminium) l'avenir économique de l'île -qui fera un nouveau et grand pas dans le sens de la diversification de ses activités jadis trop dépendantes des pêcheries- est plus que prometteur ; mais que les responsables devront veiller à éviter surchauffe et tensions inflationnistes durant la période de mise en ¦uvre.
- L'évolution récente de la conjoncture économique
Le Ministère des Finances a publié début janvier de nouvelles données concernant la conjoncture en 2003 et ses prévisions pour 2004 et 2005.
2003 a été une année "convenable", marquée par une croissance un peu plus soutenue qu'on ne s'y attendait : le PIB a augmenté de 2,5 %. Cela est dû au fait que les Islandais ont davantage (+6,75 %) consommé et investi qu'en 2002. Dans ce dessein, ils ont importé en plus grandes quantités, alors que leurs exportations (pêcheries notamment) étaient pénalisées par la hausse de la monnaie nationale : il en est résulté un déficit de la balance commerciale (égal à 13,9 milliards de couronnes) et de la balance courante (déficit : 35 milliards, soit 4,25 % du PIB). La hausse des prix s¹établit à 2 % ; le chômage à 3,5 %.
2004 sera -selon les prévisions- encore plus dynamique, avec notamment des prises de poisson plus nombreuses, et le début des travaux relatifs à la grande usine d'aluminium de l'Est. La croissance s'élèverait à 3 % (3,5 % envisagés pour 2005) et concerne surtout le secteur privé. Les importations se gonflent, et les déficits commercial et "courant" (45 milliards, et 5,25 % du PIB) se creusent. Ces divers phénomènes s¹accentueront en 2005, tandis que le chômage baissera.
Dans ces conditions, les risques inflationnistes existent, mais leur réalisation dépend largement de l'évolution des salaires, une hausse notable de ceux-ci pouvant avoir des effets très négatifs. À noter que les baisses d¹impôts en cours et à venir amélioreront de toute façon le pouvoir d'achat des Islandais.
Une inconnue : les variations éventuelles de la valeur de la couronne face aux autres devises.
Les conclusions ci-dessus ne prennent pas en considération une donnée encore problématique : l'usine d'aluminium de l'Ouest (Nordural) sera-t-elle agrandie (capacité portée de 90 000 à 180 000 tonnes), comme le souhaitent ses propriétaires ? Son approvisionnement en électricité soulève, dans ce cas, des difficultés. Une telle extension (nécessitant des investissements dépassant 530 millions de dollars, centrale électrique incluse) aurait des conséquences considérables sur une activité économique déjà "expansionniste", accentuant les effets bénéfiques (sur la croissance, les revenus, l'emploi) et les risques (surchauffe, inflation, déficits "commercial" et "courant").
- Le Premier ministre, satisfait
Lors d'une récente réunion du Parti de l'Indépendance (PI), le Premier ministre a affirmé avec force son optimisme concernant les perspectives économiques à court et moyen terme. Il a renouvelé les engagements pris lors de la formation du gouvernement en matière de baisses d¹'mpôts, qu'il s'agisse de l'impôt sur le revenu, de celui sur les successions, de la taxation des produits alimentaires, etc. De substantielles réductions de la pression fiscale sont ainsi prévues pour cette législature.
Certains Conservateurs craignent, toutefois, que le Parti du Progrès (PP), dont le chef -Halldor Asgrimsson- doit, en vertu de l'accord conclu entre les deux partis au lendemain des élections de mai 2003, succéder à David Oddsson à l'automne 2004, ne cherche à "tirer la couverture à lui" et à s'attribuer le mérite des baisses d'impôts lors des prochaines législatives. En fait, dans les rangs du parti de l'Indépendance, quelques uns ne se font pas à la perspective du départ futur de David. Fidélité personnelle, admiration pour l'homme d'État, considérations "partisanes", etc. : les explications à de telles réticences ne manqueront pas. L'opposition prend évidemment plaisir à exploiter ces "péripéties".
- Le "futur" Premier ministre et les privatisations
Halldor Asgrimsson, dans une récente conférence à l'Université d'Islande, s'est réjoui de la politique économique suivie au cours des dernières années, notamment en matière de privatisations et de libéralisation du secteur bancaire et financier. En grande partie grâce à l'appartenance de l'Île à l'Espace Économique Européen, des réformes ont pu être menées, qui ont fait entrer le pays dans l'ère de la "globalisation", ont libéré des énergies jusque-là étouffées par les réglementations et ont créé un environnement favorable à l'initiative dans le monde des affaires. Mais, pour Halldor, cette "révolution tranquille" n'est pas, contrairement à ce qu'affirme la gauche, génératrice d'un "culte", voire d'une "adoration" du profit. Les entreprises ont une "responsabilité sociale". Par exemple, les banques, plutôt que d'accumuler des bénéfices excessifs, devraient veiller à diminuer les taux d'intérêt, pour le plus grand profit du consommateur, et aussi pour rendre les taux islandais compétitifs avec ceux des concurrents étrangers. Le monde des affaires se tromperait gravement s'il confondait la "nouvelle politique économique" avec la religion de l'argent.
- Les armateurs se plaignent
Les armateurs islandais se déclarent gravement préoccupés par les difficultés que rencontrent les pêcheries de l'île en raison de : a) la redoutable concurrence en provenance de la Chine sur les marchés du poisson surgelé ; b) l'accroissement des prises de poisson (du fait de quotas en augmentation) par les flottes de divers pays (les États-Unis en Alaska ; la Russie et la Norvège dans la mer de Barents ; etc.) et le développement continu de l'aquaculture. Le marché du "poisson frais", où l'Islande obtenait de bons résultats, est ainsi déprimé et les prix y baissent. À court terme, la situation de nombreuses entreprises est sérieusement compromise.
- Le marché boursier s'élargit
La Bourse islandaise, qui a des liens de plus en plus étroits avec ses homologues nordiques, voit le volume de ses transactions s'accroître considérablement depuis deux ans (il a plus que doublé). Le cours des actions, mesuré par le "Select Index", a augmenté de quelque 56 % en 2003.
SOCIÉTÉ
- Données démographiques
Au 1er Décembre 2003, l'Islande comptait 290 490 habitants, contre 288 201 un an auparavant, soit un accroissement de 0,79% . Ce dernier pourcentage est sensiblement inférieur au taux moyen annuel noté au cours des dix dernières années.
On notera que la capitale et ses environs abritent 181 746 âmes, donc 63 % de la population : ils en comporteront vraisemblablement 200 000 en 2008.
- Taux de mortalité infantile
L'Islande se classe dans les meilleurs rangs mondiaux en ce qui concerne la faiblesse du taux de mortalité infantile -4 pour mille- d'enfants de moins de cinq ans (comme au Danemark et en Norvège et légèrement plus qu'en Suède).
BIBLIOGRAPHIE
- Un trésor offert aux lecteurs francophones, "Les miniatures islandaises" (Sagas, Histoire, Art), par Jonas Kristjansson (traduction de Régis Boyer)
"L'Islande ancienne était unique, et ses qualités s'exprimèrent dans sa littérature et son art. La plus grande partie de l'art de cette période est perdue à présent, mais les enluminures des manuscrits qui ont survécu témoignent de l'habileté des Islandais d'autrefois."
Le livre, édité par "La Renaissance du Livre", présente les trésors de la littérature médiévale islandaise dans le contexte plus large de l'histoire et du développement politique de ce pays, depuis l'installation des Vikings au IXe siècle. Il aborde plusieurs thèmes comme la découverte de l'île, sa colonisation aux IXe et Xe siècles, et l'établissement d'un régime relativement démocratique pour l'époque (plutôt oligarchique, pour d'aucuns), les différentes techniques de production de livres et l'influence de modèles littéraires étrangers, le rôle des scaldes islandais dans la préservation de l'histoire scandinave, ou l'évolution de la traditionnelle saga.
Il nous montre aussi comment les manuscrits ont été sauvés de l'oubli et ont même joué un rôle dans la vie politique de la nation.
Ce survol historique s'accompagne de nombreuses illustrations ainsi que d'extraits choisis de la littérature ancienne ; car ces manuscrits aux merveilleuses enluminures contiennent aussi les sagas et poèmes d'Islande, son plus grand héritage culturel et la contribution la plus significative des peuples nordiques à la littérature mondiale.
L'auteur, Jon Kristjansson, est Directeur de l'Arni Magnusson Institute de Reykjavik, centre scientifique responsable de la conservation et de l'étude de la plupart des manuscrits islandais. Véritable autorité dans le domaine de la littérature médiévale, il s'est signalé par ses diverses publications spécialisées et a participé à de nombreuses conférences et colloques en Islande et à l'étranger.
Éditeur : La Renaissance du Livre (Tournai -Belgique) ; 164 pages avec de nombreuses reproductions en couleurs ; 49,60 euros.
- Numéro 2 de la Revue " Nordiques " : Les pays nordiques et l'Europe à l'heure de l'élargissement
Dans son numéro 2, paru fin 2003, la Revue " Nordiques ", éditée par l?Institut Choiseul pour la politique internationale et la géoéconomie, publie une série d'études sur " les relations entre les pays nordiques et l'Union européenne ".
Comme le remarque le Professeur Auchet dans son éditorial, " les Nordiques sont de bien curieux Européens " : on en aura la preuve en lisant les monographies consacrées aux cinq pays concernés (Danemark, Finlande, Islande, Norvège, Suède). La conclusion d'ensemble pourrait être que chaque État a, à l'égard de la construction communautaire, une attitude spécifique et dictée par son histoire, son économie, sa sociologie, sa culture et bien d'autres facteurs spécifiques, même si tous semblent partager une attitude relativement critique envers le processus européen.
Conformément à sa ligne éditoriale, " Nordiques " a souhaité combiner divers points de vue, en faisant appel à des auteurs d'horizons différents, nordiques et français, chercheurs, journalistes, diplomates, tous passionnés par le monde nordique.
Cette variété ne nuit pas à la cohésion de l'ensemble, qui, sur une centaine de pages, fournit un aperçu synthétique -accessible à un large public- sur le débat riche et complexe qui sous-tend la relation " euro-nordique ".
Le chapitre islandais retrace l'historique des rapports entre l'Île et la construction européenne, depuis 1944, et analyse en profondeur les données présentes du problème tel que le vivent les Islandais, du simple citoyen aux responsables nationaux. Sous le titre évocateur " L'Islande et l'Union européenne : un océan d'incertitudes ", il suggère avec précaution quelques pistes de réflexion sur l'évolution possible de la relation à moyen terme. Il est rédigé par Jacques Mer, docteur en sciences économiques et ancien diplomate (ayant notamment été en poste à Reykjavik).
Consacrée aux réalités contemporaines (politique, culture, société, économie, etc.) des sociétés de l'Europe septentrionale d'aujourd'hui (Norden + États Baltes), la revue quadrimestrielle " Nordiques " a pour rédacteurs en chef le Professeur Marc Auchet, Professeur à Paris IV Sorbonne, et Mme Nathalie Blanc-Noël, maître de conférences à Bordeaux III. Ils sont assistés d'autres universitaires spécialistes de ces pays (notamment Vincent Simoulin, maître de conférences à Toulouse I et W. Fovet, maître de conférences à Lyon II).
La première livraison (printemps-été 2003) comportait des analyses fouillées et pénétrantes sur le thème " Quelle identité nordique ? ". Ce thème était exploré dans ses aspects historiques, politiques, sociologiques, culturels, économiques, par des experts chevronnés.
On peut contacter la Revue à l'adresse :
Nordiques ; 16 rue de la Grange Batelière, 75009 Paris
Fax : 01 53 34 09 94
Tel : 01 53 34 09 93
e-mail : nordiques@choiseul




