Bulletin mensuel
Bulletin Mensuel: Janvier 2003
L'ACTUALITÉ ISLANDAISE EN JANVIER
Yfirlit
POLITIQUE INTÉRIEURE
- Élections primaires
La fin novembre et décembre ont vu, selon la pratique courante en Islande, divers partis organiser des élections primaires où leurs adhérents (et parfois aussi les sympathisants) désignent les candidats que le parti présentera aux électeurs lors des prochaines législatives du printemps 2003. Pour le Parti de l'Indépendance (centre-droit), le Premier Ministre est arrivé en tête desdites "primaires" pour Reykjavik (qui élira 22 députés), suivi du Ministre des Finances Geir Haarde et de l'ancien Ministre de la Culture et de l'Éducation (chef de l'opposition municipale dans la capitale) Björn Bjarnason. Dans la circonscription du Sud-Ouest, le même parti verra sa liste conduite par le Ministre des Pêcheries, Arni M. Mathiesen. Dans celle du Nord-Est, le parti aura à sa tête le Président du Parlement Halldor Blöndal et le Ministre de l'Éducation Tomas Ingi Olrich.
Pour les "Progressistes" (centre), le chef de la diplomatie islandaise Halldor Asgrimsson quitte son "traditionnel" bastion de l'Est pour conduire la bataille dans la capitale.
Dans cette même ville, l'Alliance (opposition de gauche de tendance social-démocrate) fera finalement campagne sous la houlette de la Maire, Ingibjörg Solrun Gisladottir, qui après des déclarations contradictoires s'est résolue à faire son entrée sur la scène nationale, et que d'aucuns considèrent comme une bonne "tête d'affiche" capable d'attirer de nouveaux électeurs au parti.
La décision de la Maire a, en tout cas, créé de sérieux remous au sein de la majorité municipale tripartite (Parti Progressiste, "Alliance" et "Gauche-Verte") - différente, et même opposée, de la majorité gouvernementale, seul le Parti Progressiste appartenant aux deux- que dirige depuis 1994 Ingibjörg Solrun. Si l'Alliance se réjouit de sa candidature (qui lui ouvrirait le cas échéant l'accès à la fonction de Premier Ministre), les deux autres partis ont insisté pour qu'elle abandonne la fonction de Maire, puisque elle choisit ouvertement un des trois partis de la coalition municipale et affrontera sur des programmes sensiblement différents les deux autres lors des législatives.
Au terme, fin décembre, d'innombrables réunions et débats, au sein de la coalition, Ingibjörg Solrun a dû abandonner son poste de Maire au 1/2/2003. Elle sera remplacée par une "personnalité apolitique", Thorolfur Arnason, naguère Président de la compagnie de télécommunications TAL.
- Sondages préélectoraux
La mi-janvier a vu la publication d'un sondage par le quotidien Fréttabladid. L'Alliance (sans doute par suite de l'effet Ingibjörg Solrun) est créditée de 39% des intentions de vote, tout comme le Parti de l'Indépendance de David Oddsson. Accusent un recul à la fois les "Progressistes" de Halldor Asgrimsson (limités à 11,1%) et la "Gauche-Verte", qui tomberait à 6,9%.
Un autre sondage de la fin du mois donne 39,7% à l'Alliance, 36,4% au Parti de l'Indépendance, 13,3% aux Progressistes (Halldor serait battu à Reykjavik) et 8,8% à la Gauche-Verte.
Mais bien du temps nous sépare des élections et des fluctuations sont à prévoir d'ici-là de multiples manières.....
- Vers un duel David Oddsson-Ingibjörg Solrun Gisladottir
En accord avec l'actuel Président de l'Alliance, Ingi Björg Gisladottir a été désignée par cette formation comme candidate du parti aux fonctions de Premier Ministre, dans le cadre d'un possible changement de gouvernement suivant les prochaines législatives. Elle serait ainsi l'adversaire principal de l'actuel Premier Ministre David Oddsson, sans doute candidat à sa propre succession. Les chances d'autres postulants semblent réduites ; mais il ne faut pas oublier que l'actuel leader du "Parti Progressiste", Halldor Asgrimsson (ministre des Affaires étrangères, et "vieux routier" de la scène politique) aspirait aussi au poste de chef de gouvernement et que de son score et de ses prises de position, si il arrive en troisième position, dépendra en bonne partie le résultat final. Notons qu'un sondage du Fréttabladid, mi-janvier, indiquerait que 50% des Islandais préféreraient avoir pour Premier Ministre Ingibjörg Solrun, contre 43% en faveur de David Oddsson, les autres candidats possibles (Halldor Asgrimsson et Steingrimur Sigfusson, le chef de la Gauche Verte) ne recueillant que des "miettes" (4% et 2%). Les deux grands postulants "ratisseraient large" au-delà des frontières de leurs partis respectifs.
POLITIQUE EXTÉRIEURE
- Les relations avec l'Union européenne
* Dans un article paru à la fin 2002 le Premier Ministre David Oddsson a relancé l'idée de créer une commission inter-partis qui discuterait des relations de l'île avec l'Union européenne. La méthode avait été employée, selon lui, pour aider à la formation d'un consensus sur l'épineux dossier du partage des profits des activités liées à la pêche et avait servi à "dépassionner" une question, qui fut longtemps l'objet de vives controverses.
S'agissant de l'Europe, les partis politiques, tout en restant prudents, accueillent plutôt positivement la suggestion de David.
* Une première série de discussions ont eu lieu au cours de janvier, entre la Commission de l'Union européenne et les pays de l'AELE, concernant l'adaptation des accords sur l'Espace Économique Européen (qui depuis quelque 10 ans relie les deux groupes d'États), rendue nécessaire par l'élargissement à venir de l'Union Européenne. Celle-ci demande entre autres choses que les pays de l'AELE accroissent massivement (38 fois plus, pour l'Islande, selon Reykjavik) leurs contributions au Fonds de développement européen, destiné à venir en aide aux régions les plus pauvres de l'Union (dont la proportion et les besoins augmenteraient au sein de l'Union, en raison de l'adhésion des pays de l'Est. Les négociateurs islandais se sont opposés avec vigueur à un tel accroissement des charges de leur pays. Les discussions reprendront en février, après ce premier "round" sans résultats.
Le Ministre Halldor Asgrimsson ne pense pas que les discussions aboutiront avant avril, donc avant les élections (ce que souhaitait Bruxelles) et se montre assez pessimiste, mettant en cause l'intransigeance "européenne". Il remarque cependant que, contrairement à l'opinion de certains de ses compatriotes, l'élargissement de l'Union vers l'est n'est pas un problème "sans importance" pour l'Île -que l'on pourrait négliger- dans la mesure où les exportations islandaises de produits de la pêche vers l'Est européen (telle la Pologne), jusque là exemptées de droits de douane en vertu d'accords commerciaux, seraient pénalisées après l'élargissement, certains droits s'appliquant à l'entrée de quelques uns de ces produits sur le territoire de l'Union.
- Les Islandais et l'Union européenne
Selon un récent sondage du journal Fréttabladid, seulement 26% des Islandais seraient favorables à une adhésion de l'Île à l'UE, 46% y étant opposés. Ces résultats laissent perplexe, car un sondage de juillet mettait à égalité les deux camps autour de 37%. Faute de précisions sur la technique du sondage, la (ou les) question posée, etc., nous nous abstiendrons de tout commentaire.
- Le coût d'une éventuelle adhésion
Le bureau d'études Deloitte & Touche, chargé par le Ministère des Affaires étrangères, d'évaluer ce que coûterait à l'Islande une adhésion à l'Union européenne serait arrivé au chiffre de 4 milliards de couronnes de "coût net"
À défaut de renseignements plus complets sur le contenu de l'étude, et le mode de calcul de ce montant, on se bornera à mentionner qu'il est inférieur aux chiffres avancés il y a quelques mois par un Institut de l'Université d'Islande (auxquels se référaient souvent las "anti-européens"). Mais c'est plus que ce que laissaient entrevoir les partisans de l'adhésion.
Le Ministre Halldor Asgrimsson a déclaré que l'importance de ces études ne devait pas faire oublier que l'adhésion (ou le refus) était dépendante de multiples facteurs, le "coût" n'étant que l'un (non négligeable, il est vrai) d'entre eux.
- David Oddsson au Japon
Du 15 au 17 janvier, le Premier Ministre a effectué une visite officielle au Japon. Rencontrant son homologue nippon et de nombreuses personnalités politiques, il a discuté avec eux de la collaboration en matière de pêche et d'énergie (notamment en géothermie) et de l'ensemble des relations bilatérales (commerce, investissements, relations culturelles, etc.), qui au cours des dernières années se sont intensifiées (ouverture d'Ambassades, etc.). Le problème de la chasse à la baleine, sur lequl les deux pays ont souvent des positions communes, a été approfondi. La situation internationale a été évoquée. L'invité islandais a également assisté à la réunion inaugurale de la nouvelle Chambre de Commerce islando-japonaise.
- M. Poutine en Islande
Un voyage officiel du Président Poutine en Islande est envisagé pour l'automne prochain ou 2004. Le thème principal en serait l'intensification de la coopération en matière de pêcheries et d'industries de transformation du poisson.
ÉCONOMIE
- Équilibre de la balance courante
Un communiqué du Ministère des Finances en date du 12 décembre indique que pour l'année 2002 la balance courante islandaise pourrait connaître un léger surplus (déficit en 2001 : 36 millions de couronnes), ce qui ne s'était pas produit depuis 1995. De nombreux facteurs sont à l'origine de cette bonne nouvelle : la bonne tenue de la balance commerciale proprement dite ; la diminution des paiements d'intérêt à l'étranger, liée à la remontée de la couronne, etc..
Le 16 janvier, le même Ministère estimait (provisoirement) le surplus de la balance commerciale à environ 16 milliards de couronnes.
- Les projets d'usine d'aluminium
Le 9 janvier, le site Internet en anglais des Ministères islandais (government.is/interpro/stjr/stjr.nsf/pages/english-index) a publié un communiqué substantiel du Ministère des Finances analysant les avantages sur le plan économique qu'entraînerait la réalisation de deux grands projets en discussion (et controversés par les groupes environnementalistes) concernant l'aluminium : la construction par le groupe Alcoa d'une usine de production dans les fjords de l'Est ; et l'extension de l'usine de Grundartangi dans l'Ouest.
Le 10 janvier, le même site publie le rapport complet (12 pages) réalisé par le Ministère sur le sujet. Voir en annexe.
- Le projet Alcoa
Le mois de janvier a vu les Conseils de la compagnie américaine Alcoa et de la Compagnie nationale d'électricité islandaise se mettre d'accord sur les grandes lignes d'un accord concernant la construction par Alcoa de l'usine d'aluminium de 322 000 tonnes dans l'Est (à Reydarfjördur), que devraient signer en février les dirigeants des deux organismes. Les personnalités ministérielles islandaises ont salué avec satisfaction ce nouveau pas en avant dans la mise en ¦uvre du projet.
- Le financement de la recherche
En 2001, selon le Ministère des Finances, les dépenses totales consacrées à la recherche se sont montées à 22 milliards de couronnes (contre 6 milliards -calculés aux prix de 2001- en 1991), soit 3% du Produit Intérieur Brut. Sur ce total, les dépenses à la charge du gouvernement central égalaient 6,9 milliards, soit 1% du PIB. Ce dernier pourcentage est l'un des plus élevés du monde avec celui de la Finlande et dépasse les performances de la France (0,89%), de la Suède (0,88%) et des États Unis (0,86%). Bien entendu l'effort gouvernemental concerne d'abord (37% du total) la recherche fondamentale, surtout dans les Universités ; puis les pêcheries et la santé.
On notera que, depuis quelques années, les dépenses de recherche consenties par les entreprises privées s'élèvent rapidement (plus vite que l'effort gouvernemental).
- Privatisation de la Landsbanki (stade final)
Suite aux accords passés en octobre (voir notre numéro d'octobre), les Ministres des Finances et du Commerce ont signé le 31 décembre avec les dirigeants du groupe financier Sanson une convention concrétisant la vente à ce groupe de 45,8% des actions de la Banque Landsbanki, jusque-là détenues par l'État. La Ministre du Commerce Valgerdur Sverrisdottir a rappelé qu'on était en présence de la plus importante opération de privatisation de l'histoire de l'Islande.
Le 16 janvier, c'était au tour de la de la Banque de l'Agriculture de faire, conformément à des arrangements récents, l'objet d'un accord final sur la vente du reliquat des actions de l'État. Une banque privée allemande (Auck& Aufhäuser) figure parmi le groupe des acquéreurs, et possédera 35,6% du capital; à coté de sociétés d¹assurances, de fonds de pensions, etc.
La Société Générale a servi de consultant pour les acheteurs, dans la seconde opération.
- Des nouvelles de la pêche
Le Ministère des Pêcheries a récemment décidé d'augmenter pour la courante campagne de pêche les "quotas" (prises autorisées) de quatre espèces de poissons : le sébaste de haute mer, le lieu noir, la limande et le merlan bleu. Cela va parfois à l'encontre des recommandations de Institut des Recherches Marines mais serait, pour le Ministre, justifié selon d'autres experts par l'état des "stocks" (évolution de la "ressource") Armateurs et pêcheurs s'en réjouissent, les exportations de poisson pouvant alors augmenter d'environ 2%.
ENVIRONNEMENT
Le Ministère de l'Environnement a donné, fin janvier, son accord à la Compagnie Nationale d'Électricité pour effectuer d'importants travaux sur le cours supérieur du fleuve Thjorsa (sud-ouest de l'Islande), notamment un réservoir de 29 km2 ; le tout devant servir à alimenter les centrales hydro-électriques de la région dont la production sera bien vite insuffisante pour satisfaire les usages industriels (production accrue d'aluminium principalement)
Mais les travaux devront satisfaire à certaines conditions très strictes, en vue d'assurer la protection de la réserve naturelle voisine de Thjorsarver, et de certaines terres cultivables.
Les dirigeants de la Compagnie électrique regrettent ces obligations qui renchériront le coût des travaux. Certains environnementalistes se déclarent satisfaits ; pour d'autres, le Ministère n'aurait pas dû donner son feu vert.
SOCIÉTÉ
-Accroissement de la consommation d'alcool
Au cours de l'année 2002 les Islandais ont enregistré un accroissement de leur consommation d'alcool, qui set élevée à 14 millions de litres, soit une hausse de 6,77% par rapport à 2001 : cela correspond à une consommation de plus de 70 litres par an par Islandais de plus de 20 ans.
Les ventes de vins de moins de 22 degrés se sont accrues de 13% (vins rouges : +16% ; vins blancs : +9,8%). Celles de bières de quelque 6,32%. À peu près 11 millions de litres de bière ont été vendus en 2002.
- Les Islandais et leurs arbres généalogiques
On dit les Islandais friands de recherches sur leurs ascendants. La société "deCODE genetics", chargée d'une recherche exhaustive, a le 18 janvier lancé sur Internet un Site, fournissant une base de données (Islendigabok) qui retrace la généalogie -depuis 1703 (au total : 700 000 personnes- de 95% des habitants de l'île. 20 000 personnes sont actuellement "abonnées" à ce site.
CULTURE
- Thingvellir à l'honneur?
Le parc national de Thingvellir, proposé par les Islandais pour être inclus dans la ³"World Heritage List" de l'UNESCO : c¹est ce que vient de décider David Oddsson, qui a soumis à l'organisme en question, pour figurer dans cet inventaire prestigieux (où on trouve les Pyramides d'Égypte, la Grande Muraille de Chine, le Taj Mahal, le Grand Canyon américain), quelques "joyaux" de la nature de l'île sont également proposés Myvatn, l'île de Surtsey, l'Askia, etc.
La décision internationale sera connue à l'été 2004.
ANNEXE no 1 : LA CULTURE ISLANDAISE EN FRANCE
- Un film islandais primé au Festival "Premiers Plans" d'Angers.
Janvier a vu le festival "Premiers Plans" d'Angers (consacré aux premières oeuvres de réalisateurs) accorder le Prix spécial du Jury à une oeuvre islandaise, "Noi Albinoi" (Noé l?Albinos), mise en scène par un jeune metteur en scène, Dagur Kari, et principalement interprété par un -également jeune- acteur franco-islandais, Tomas Lemarquis. Le "Monde" du 29 janvier a brièvement rendu compte de cette "fable poétique, drôle et mélancolique". Les cinéphiles qui voudraient en savoir plus consulteront le Site Internet officiel du Cinéma islandais : www.iff.is
- Festival du film nordique de Rouen
Le traditionnel Festival du Film nordique de Rouen se tiendra, en 2003, du 12 au 23 mars.
L'Islande sera particulièrement bien représentée, avec deux des meilleures réalisations récentes, qui ont recueilli de nombreuses récompenses dans les compétitions des festivals internationaux. Seront donc en Sélection Officielle :
- FALCONS, la dernière oeuvre du célèbre Fridrik Thor Fridriksson
- THE SEA de Baltazar Kormakur (le jeune metteur en scène-acteur, qui reçut le "Grand Prix" il y a deux ans à Rouen pour "101 Reykjavik").
En outre, figurera dans le "Panorama", ENQUÊTE SUR UN MONDE INVISIBLE, un documentaire de J.M Roux (voir notre "lettre" de décembre)
Et dans la section "Films pour enfants", REGINA, la comédie-musicale de Maria Sigurdardottir (aussi signalée en décembre).
Adresses utiles, pour en savoir plus :
- Festival du cinéma nordique de Rouen : 75 rue du Général Leclerc ; 76000 Rouen ; tel : 02 32 76 73 22 . Site : www.festival-cinema-nordique.assoc.fr
- Site du Fonds Islandais du Film (en anglais) : www.iff.is
Ce site a publié des informations sur les deux films présentés en 2003 à Rouen en sélection officielle.
- À l'Opéra-Bastille
Lors des représentations à venir de l'opéra de Wagner, "Parsifal", les mélomanes pourront apprécier deux grands chanteurs islandais :
dans le rôle de Gurnemanz : Kristinn Sigmundsson, et dans celui de Titurel : Gudjón Óskarsson
Les représentations prévues auront lieu les :
Mercredi 9 avril à 18H
Dimanche 13 avril à 14H30
Lundi 21 avril à 18H
Samedi 26 avril à 18H
Mercredi 30 avril à 18H
Pour réserver : http://www.opera-de-paris.com/
- Au théâtre
La Saga de Gudridur - viking islandaise de l'an 1000 :
Gudrídur, femme viking, part d'Islande en l'an 1005 à la recherche d'un pays nouvellement découvert, Vinland, actuellement le Canada.
Texte écrit et mis en scène par Brynja Benediktsdóttir
traduit et interprété par Sólveig Simha
Tous les samedis à 18 heures à l'Aktéon théâtre du 8 février au 26 avril
Aktéon théâtre
11, rue du Général Blaise
75011 Paris
tel.01-43-38-74-62
- Musique
"Hugstolinn", spectacle islandais au Festival International du Film de Femmes à Créteil, mars 2003
Programmé dans le cadre d'une Soirée de Gala du "Festival International du Film de Femmes" à Créteil en 2003, consacré cette année aux Pays d'Europe du Nord et aux Pays Baltes (Maison des Arts de Créteil).
"Hugstolinn" est un récital spectacle finno-islandais créé par Janick Moisan au Théâtre Royal de La Monnaie à Bruxelles en 2002.
Formation concertante de trois musiciens : Marta Hrafnsdóttir, alto ; Thornsteinn Gauti Sigurdsson, piano ; Stefán Örn Arnarson, violoncelle
Contact: Janick Moisan, metteur en scène: janickmoisan@hotmail.com
BIBLIOGRAPHIE
- La saga de Gunnlöd, de Svava Jakobsdottir
Saluons le courageux "maître" Régis Boyer, qui a réalisé un de ses rêves -traduire en un français limpide ce qu'il considère comme une des pièces maîtresses de la littérature islandaise contemporaine- : le beau mais "difficile" (pour les gens pressés, et qui ne connaissent de l'Islande que quelques clichés) roman de l'écrivain (e) Svava Jakobsdottir (paru en 1987). Saluons aussi le geste de l'éditeur, José Corti, qui, même aidé par le "Centre National du Livre", a pris la décision de publier un texte sans doute destiné aux "happy few".
Nous ne résumerons pas ce livre de plus de 300 pages. Il faut le lire, si on aime et connaît -en profondeur- la culture ancienne et présente de l'Islande. Un résumé gâcherait le plaisir enfoui dans le texte. Disons seulement que Mme Svava Jakobsdottir nous plonge à la fois (et souvent sans transition visible, d'une page à une autre) dans l'univers "réaliste" d'une intrigue "policière" (une grande bourgeoise reykjavikoise, profondément troublée parce qu'elle voit sa jeune fille arrêtée et jugée pour avoir volé mystérieusement un objet d'art d'un prix inestimable dans un musée de Copenhague) ; dans celui de la mythologie germanique des temps anciens (telle que la rapporte le grand texte médiéval, l'Edda de Snorri Sturlason), le vase volé étant celui qui, selon l'Edda, contenait le nectar de la poésie et que le Dieu Odin aurait dérobé à la grande prêtresse Gunnlöd ..... ; mais aussi dans l'univers de la folie (la jeune fille, sa mère??).
"Un texte extraordinaire...Superbe roman qui revient, en dernière analyse, à une double méditation sur le mythe, en soi (la création de la poésie) et sur le rôle qu'y joue la Femme avec majuscule", écrit Régis Boyer dans sa présentation. Il est superflu d'en dire plus.
ANNEXE no 2 : les projets d'usines d'aluminium
Quelques conclusions du rapport du Ministère des Finances (voir plus haut) :
Le rapport prend en considération trois hypothèses : - la réalisation de la seule extension de l'usine de Grundartangi (se déroulant en 2 phases, d'abord une augmentation de la production de 90 000 tonnes entre 2003 et 2005, puis une augmentation supplémentaire de 60 000 tonnes entre 2006 et 2009) ; - la réalisation de la seule grosse usine de l'Est, c'est à dire du "projet Alcoa" (objectif de production : 322 000 tonnes en 2008); - la réalisation conjointe des deux projets.
Dans la première hypothèse (le coût global du projet Grundartangi est évalué actuellement à 90 milliards de couronnes, en comprenant les travaux concernant l'augmentation indispensable de la production d'électricité), le PIB islandais s'accroîtrait de 1,5% pendant la première phase de l'extension; de 1% durant la seconde phase, de 0,5% ensuite ; l'investissement respectivement de 12% et de 5%. Toutes choses égales par ailleurs (et notamment le taux de change de la couronne étant stable), le chômage diminuerait et il y aurait de légères tendances à la hausse des prix, mais faciles à contrôler. La balance courante se dégraderait (de 1,5% du PIB) entre 2003 et 2009, du fait d'importations accrues de biens d'équipement nécessaires à l'usine. Mais l'usine agrandie, les exportations d'aluminium permettraient par la suite une hausse de 5% des ventes islandaises à l'étranger.
Dans l'hypothèse no 2 (usine de l'Est seulement, dont le coût -en comprenant la centrale hydroélectrique de Karaknjukar qu¹elle nécessité- avoisinerait 165 milliards), le PIB grossirait de 3% durant la période allant jusqu¹en 2007 ; de 2% immédiatement après ; de 1% ensuite. Les investissements augmenteraient de plus de 30% durant la construction avec un "pic" autour de 47% en 2005-2006. Il y aurait sans doute de sérieuses tendances inflationnistes et une menace de surchauffe, suivis d'une "retombée" par la suite. Entre autres, l'emploi connaîtrait de réelles fluctuations. La balance courante subirait aussi des déséquilibres : déficit pendant la construction, puis un redressement ultérieur, grâce à une hausse des exportations de 10 à 14% après la mise en service de l'entreprise.
Dans l'hypothèse où les deux projets (Grundartangi et Alcoa) seraient mis en ¦uvre (correspondant à une dépense globale de près de 250 milliards), le PIB se gonflerait de quelque 3 à 4% durant la période 2003-2010 ; à plus long terme, il s'accroîtrait de 1 à 1,75%. Les investissements (+25% en moyenne annuelle entre 2003 et 2010) ; mais +67% en 2005-2006) généreraient une nette surchauffe, en même temps que la balance courante se détériorerait d'environ 5% du PIB pendant la période de construction. Celle-ci achevée, on risquerait une réelle stagnation. Mais l'élément positif serait une hausse annuelle des exportations d'environ 14 à 20%.
Dans le cas des hypothèses 2 et 3, les pouvoirs publics doivent se montrer actifs, durant les années 2003 à 2007 ou 2010, pour éviter les effets négatifs de la surchauffe, particulièrement les risques inflationnistes. Une hausse des taux d'intérêt et une réduction de l'investissement public devraient empêcher le gonflement excessif de la demande et la Banque Centrale serait alors en mesure de mieux contrôler la poussée des prix.
Bien entendu, les projections établies par la Ministère des Finances comportent -les auteurs le soulignent- beaucoup d'éléments d'incertitude et on ne peut se prononcer actuellement sur des mesures très précises quant à l'élaboration d'un programme de "stabilisation".
Ainsi, les projets d'aluminium, si ils doivent à long terme permettre une amélioration des échanges extérieurs de l'Île ainsi qu'une diversification de l'économie nationale et une moindre dépendance à l'égard des pêcheries, ne sont pas exempts de dangers sur l'équilibre économique à court et moyen terme. Le milieu des affaires le ressent dès maintenant et demande au gouvernement une vigilance accrue, dès que les décisions sur les projets seront adoptées.
Il n'est pas inutile de mentionner que la réalisation des deux usines amènerait plus qu'un doublement de la production d'aluminium, qui se situerait à partir de 2010 entre 700 et 800 000 tonnes : elle n'était que de 90 000 tonnes en 1992 (produites par l'usine "suisse" de Straumsvik à l'ouest de la capitale). C'est l'une des conséquences bénéfiques de la richesse de l'île en énergies renouvelables et bon marché.




