Bulletin mensuel
L’;ACTUALITÉ ISLANDAISE EN DÉCEMBRE 2005
Yfirlit
1) POLITIQUE INTÉRIEURE
Note liminaire : sous cette rubrique, nous retraçons, d’un mois sur l’autre, quelques-unes des multiples « péripéties » et « mini-crises » qui ponctuent la vie des partis islandais et les « jeux » de la démocratie parlementaire : on ne découvre, au fil de cette chronologie, rien que de très naturel et prévisible dans un régime politique, qui, par certains de ses aspects, ressemble au système français et à celui de nombre de grands pays développés.
Les « non-initiés » et ceux que ne passionnent pas les subtilités des rivalités ou alliances partisanes ou personnelles trouveront à l’occasion notre rubrique longue, pour ne pas dire fastidieuse. Ils peuvent la parcourir « en diagonale » sans se perdre dans les méandres. On leur signale au passage que les épisodes et incidents relatés n’ont souvent qu’une portée limitée. Aspect positif, cependant : ils attestent la vitalité du fonctionnement quotidien, avec ses inévitables « scories », de la démocratie et d’un système représentatif mature et bien rodé.
a) Toujours les sondages?
Un sondage Gallup réalisé en novembre témoigne : a) d’une position renforcée du Parti de l’Indépendance, qui, malgré (ou à cause ?) le départ de David Oddsson, frôle les 43 % des intentions de vote. Les « Progressistes » (du Premier Ministre Halldor Asgrimsson) remontent légèrement à 11 %. L’écart se creuse entre le PI et l’ « Alliance » sociale-démocrate, qui tombe à 25 %, et perd des soutiens au profit de la « Gauche Verte », avoisinant les 18 % (soit le double de ce qu’elle avait obtenu aux législatives de 2003) : peut-être le charisme et le franc parler de son chef Steingrimur Sigfusson tranchent-ils avec le langage parfois confus de Mme Ingibjörg Solrun Gisladottir, ancien maire de la capitale qui vit mal la désagrégation de la coalition formée autour d’elle à Reykjavik, et regroupant à partir de 1994 tous les partis à l’exception du PI ? Le charme et le « miracle » de l’union contre la droite sont-ils enterrés ? Mais il reste encore un semestre avant les élections locales. ?.
b) La Mairie de Reykjavik
Le PI est toujours donné comme gagnant pour la « bataille de la mairie de Reykjavik ». L’Alliance doit désigner prochainement ses candidats et sa tête de liste ; mais à moins d’une remontée « au sprint » (due notamment à un (e) « leader » dynamique) , elle piétine actuellement, perdant des voix potentielles au profit de l’extrême-gauche.
2) POLITIQUE EXTÉRIEURE
a) Discussions islando-américaines (retards et « hypothèses » : suite du « bulletin de novembre)
À l’occasion d’une réunion de l’OSCE en Slovénie le ministre Geir Haarde a rencontré le Sous-Secrétaire d’État américain Nicholas Burns. D’après la presse islandaise, les Américains prendront l’initiative d’une reprise des négociations sur la sécurité et sur la Base de Keflavik? dans les mois à venir. M. Burns aurait multiplié le déclarations apaisantes à l’égard de Reykjavik, qui semble s’en satisfaire.
b) L’Islande et les vols secrets d’appareils de la CIA
Les autorités gouvernementales islandaises paraissent rassurées par les récentes déclarations faites par la Secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice. L’opposition « Gauche-Verte », elle, parle de grossières man?uvres et accuse le gouvernement de naïveté désarmante
3) ÉCONOMIE
a) « Perspectives économiques de l’OCDE » : le cas de l’Islande
Dans son étude semestrielle « Perspectives économiques », l’OCDE analyse rapidement la situation présente de l’Île. Elle s’exprime ainsi :
« L’économie continue de donner des signes de surchauffe, car les grands projets d’investissement dans le secteur de l’aluminium sont en pleine expansion tandis que la demande des ménages croît à vive allure. Le déficit extérieur grimpe en flèche et l’inflation dépasse la limite de tolérance supérieure fixée par les autorités. Le principal défi pour les responsables des politiques consiste à assurer une résorption ordonnée des déséquilibres actuels et à éviter leur réapparition dans l’avenir.
De nouvelles majorations des taux d’intérêt sont probablement nécessaires pour inscrire l’inflation sur une trajectoire de baisse vers l’objectif officiel. Eviter un desserrement prématuré de la politique budgétaire atténuerait la pression à la hausse sur les taux d’intérêt et contribuerait à éviter les fluctuations de change excessives, ce qui faciliterait l’action de stabilisation de la politique monétaire ».
Ce jugement est appuyé sur un tableau statistique, où il apparaît qu’en 2005 le PIB aura crû de
6,60 % en 2006 de 4,6 %, et en 2007 de 2,6 %. Le déficit courant extérieur avoisinera 12,1 % en 2005 %, 12, 9 en 2006 et 10,5 % e,n 2007, etc (voir le Site de l’OCDE :
b) Les hausses de salaires en Islande
La « lettre hebdomadaire » du Ministère des Finances, en date du 1er décembre, insiste sur le fait que les hausses récentes de salaires (indice d’octobre) ont été relativement modérées, malgré la surchauffe, les investissements liés aux grands projets industriels, et la création de nouveaux emplois. Lesdites hausses ont été incontestablement moins fortes qu’en 2001 : la raison est en partie à chercher dans l’immigration de travailleurs étrangers venant de pays pauvres.
c) Contre la " surchauffe " et l’inflation, la Banque Centrale agit
Contre les dangers de surchauffe et les tensions inflationnistes, dénoncés par beaucoup d’économistes, la Banque centrale vient de relever (à partir du 6 décembre) ses taux d’intérêt, comme elle l’a déjà fait de nombreuses fois depuis plus d’un an. Le taux de base croît de 0,25 % et s’élèvera à 10,5 %.
Pour certains, d’autres hausses ne sont pas à exclure dans un avenir prévisible, car selon la Banque les perspectives en matière d’inflation pour les deux prochaines années sont préoccupantes et dépassent nettement les objectifs que cet organisme s’est fixés... Le déficit de la balance courante reste alarmant. Le président des Gouverneurs, David Oddsson, sans « dramatiser », n’est pas loin de cette ligne.
De leur côté, le Ministre des affaires étrangères Geir Haarde et le chef du Gouvernement Halldor Asgrimsson retiennent les aspects positifs des derniers développements de la conjoncture, qui, surtout pour le second, devraient éviter de nouvelles hausses des taux d’intérêt. Le débat est ouvert.
d) La politique économique à moyen terme dans les pays nordiques
La « lettre hebdomadaire » du Ministère des Finances, en date du 15 décembre, compare rapidement les « programmes-cadres à moyen terme » que les gouvernements ont assignés à leur politique économique, depuis quelques années.
Au Danemark, d’abord, les autorités ont pris l’engagement de ne pas accroître les dépenses de « consommation publique » (au sens de la « technique budgétaire ») en termes réels de plus de 0,75 % par an. Cela ne concerne pas les dépenses de transferts, les paiements d’intérêt et les investissements. En outre, le solde cumulé des dépenses publiques (lato sensu) doit être positif, si la conjoncture est favorable. Les Gouvernements ont enfin fixé des « cadres » généraux pour les dépenses publiques autres que celles du budget de l’État (collectivités locales, etc.).
En Finlande, on retrouve des règles analogues aux précédentes concernant l’évolution (déficit ou excédent) des comptes publics en fonction de la conjoncture (déficit maximum : 2,75 % si récession). Les dépenses budgétaires se voient fixer des plafonds pluriannuels, sauf le paiement des intérêts et les contributions à l’UE. Il a été décidé, par ailleurs, qu’à la fin de 2007 le budget serait en équilibre (avec des « coupes » éventuelles programmées, si nécessaire).
En Norvège, une grande partie des revenus pétroliers sont investis dans un « Fonds du pétrole ». Celui-ci est placé dans de bonnes conditions et servira à prendre en charge les dépenses liées au vieillissement de la population (de nombreuses sortes) lorsque les réserves de brut seront épuisées (2030 ?). Par ailleurs, les dépenses publiques sont soumises à un contrôle assez strict (augmentation « réelle » maximale : 1,5 % par an).
La Suède, enfin, doit gérer ses finances publiques avec un objectif d’excédent évalué à 2 % sur la durée d’un cycle. Des plafonds de dépenses budgétaires sont fixés pour les trois années suivant l’exercice en cours. Les comptes publics, lato sensu, sont également « encadrés ».
S’agissant de l’Islande, le « cadre à moyen terme » prévoit une limitation de la « consommation publique » à 2 % par an en termes réels, et des « transferts » (sociaux, etc) à 2, 5 %. L’investissement public doit se moduler en fonction de la conjoncture (forte diminution actuelle, vu la « surchauffe »). La dette publique se réduira. Le Gouvernement n’inclut pas dans son « programme-cadre » les budgets des collectivités locales.
d) Un nouveau sujet de fierté pour l’Islande
Les tout derniers travaux de l’OCDE font apparaître que l’Islande était à la sixième place mondiale en 2004, concernant le pouvoir d’achat des habitants (33 580$ per capita). Elle avait gagné deux places par rapport à l’année précédente. Les raisons de cette avance sont la forte expansion économique (et principalement le taux d’activité très élevé, un des plus forts du monde) et, à un moindre degré, le taux de change de la couronne.
e) L’Islande et les négociations multilatérales de l’OMC
La mi-novembre (13-18/11) a vu se tenir à Kong Kong la sixième réunion ministérielle de l’Organisation Mondiale du Commerce, l’ordre du jour étant consacré aux progrès du « cycle de Doha » relatif à la libéralisation des échanges mondiaux, et dont on souhaite la conclusion pour la fin de l’année 2006. Il était difficile d’arriver à un consensus (règle fondamentale de l’OMC) tant les intérêts des participants (et des « coalitions » de pays poursuivant principalement certains objectifs) étaient divergents. On évita néanmoins la rupture et on se contenta en fait d’un accord minimal, prévoyant notamment la fin des subventions à l’exportation (dans le domaine agricole) des pays « développés » à moyen terme.
L’Islande était représentée par son ministre des Affaires étrangères et du Commerce extérieur Geir Haarde, qui y a fait une intervention remarquée.
Il mit l’accent sur l’attachement de l’Île à la libéralisation des échanges internationaux, fondement essentiel de sa prodigieuse transformation au cours des récentes décennies. Il insista aussi sur les progrès attendus (de la part des États « retardés ») dans le domaine des services et de l’industrie. Il souligna l’importance accordée par l’Islande à l’égard de l’élimination des aides accordées au secteur des pêcheries par divers pays.
Sur les questions agricoles, il plaida pour beaucoup de prudence, de flexibilité et d’attention aux données locales. Il remarqua que son pays importait de grandes quantités de produits alimentaires, notamment en provenance des pays pauvres.
f) Les récents accords salariaux (le rôle du gouvernement)
Le précédent bulletin rappelait que les accords signés sur les salaires entre partenaires sociaux étaient très « raisonnables » et que l’État y avait contribué. Des augmentations de salaires modérées furent acceptées par consensus vers le milieu de novembre. L’État apporta une (belle) pierre à l’édifice, prenant en charge certaines dépenses revenant normalement aux fonds de pension (dans le domaine des pensions d’invalidité) et annonçant un projet de loi concernant l’indemnisation de l’invalidité.
Aussi, les services du Premier ministre ont-ils, le 12 décembre, publié (texte complet en anglais sur : www.eng.forsaetisraduneyti.is) un communiqué dans lequel on annonce la création par le chef du gouvernement d’une commission comportant des représentants de l’État, des partenaires sociaux et des fonds de pension. Cette commission proposera des mesures pour harmoniser l’indemnisation des « invalides » selon les fonds dont ils relèvent ; et surtout des suggestions pour améliorer la formation professionnelle et l’insertion dans le marché du travail des personnes peu qualifiées, ainsi que des travailleurs étrangers en Islande (sans formation) désireux de s’y installer. Dans l’immédiat le Gouvernement a apporté une contribution financière non négligeable pour faciliter le paiement des allocations d’invalidité par les fonds relevant de la Confédération des Employeurs et de la Fédération Islandaise du Travail.
g) De quelques « réussites » islandaises
Selon l’Agence « Investir en Islande », qui se réfère aux travaux de l’Annuaire Mondial de la Compétitivité IMD, l’Île arrive, sous ce rapport, sur le plan mondial, au quatrième rang derrière les USA, Hong Kong et Singapour et sur le plan européen au premier rang. Elle gagne une place par apport au tableau de 2004.Lire les explications du Pr Stéphane Garelli sur le bulletin de l’Agence (www.invest.is).
On trouvera également de courts développements sur l’absence de corruption, le PIB par habitant, la vie scientifique (www.icelandbio.com), etc.
4) RELATIONS FRANCO-ISLANDAISES
- EXTRAIT DES " NOUVELLES " de l'AMBASSADE D'ISLANDE (13-12-2005) :
Régis BOYER parle :
"Sturlungaöldin - L'âge des Sturlungar"
(Colloque à la résidence de l’ambassadeur le 26 novembre 2005)
Ces dernières années, nous avons pris l’habitude de tenir un colloque littéraire à la Résidence de l’Ambassadeur à Paris aux alentours du 1er décembre. Cette année, le colloque s’est tenu en l’honneur de Régis Boyer, traducteur et professeur à l’université de Paris-Sorbonne-Paris-IV. Régis Boyer a été un vigoureux promoteur de la recherche française en littérature scandinave et s’honore de ce que ces recherches et cet enseignement des choses scandinaves se sont vus assigner une place de choix dans le système universitaire parisien. M. Boyer a traduit un grand nombre de sagas islandaises en français en plus d’une multitude d’autres ?uvres littéraires écrites soit en islandais, soit en d’autres langues scandinaves et tout récemment est parue sa traduction de La Saga des Sturlungar. C’est pourquoi le colloque était consacré à la Sturlunga saga et son édition en français procurée par Régis Boyer. Environ 130 personnes assistaient à ce colloque, remplissant les pièces de la résidence de l’ambassadeur en fin d’après-midi de ce samedi 26 novembre 2005.
Étaient invités au colloque des Français intéressés par la littérature, des Islandais résidant à Paris et dans les environs ainsi que d’autres personnes en relation avec l’enseignement de l’islandais et de la littérature islandaise en France. M. l’Ambassadeur Tomas Ingi Olrich a prononcé quelques mots pour introduire le sujet en faisant état des traductions diverses de Régis Boyer et en remerciant celui-ci de son engagement pour faire connaître la littérature islandaise en France...
Régis Boyer fit ensuite un exposé dans lequel il évoqua la façon dont il fit connaissance avec la littérature islandaise. Il mentionna particulièrement le fait que les professeurs Sigurdur Nordal et Einar Olafur Sveinsson lui proposèrent tous deux de se mesurer à la Sturlunga saga afin de tenter de comprendre de l’intérieur la civilisation islandaise au Moyen Age et la société qui produisit ce grand héritage littéraire.
C’est pour cette raison qu’il eut de bonne heure l’idée de traduire en français la Sturlunga, but désormais atteint. Régis Boyer brossa en quelques touches bien appliquées le tableau de la société islandaise médiévale et de sa littérature, analysant la position et les caractéristiques de la Sturlunga à l’intérieur de ce grand héritage littéraire. Régis Boyer, qui a pu vivre et se
mouvoir dans le monde de la littérature islandaise durant une longue période, en est venu dans ses explications à parler de l’âge des Sturlungar et des ?uvres qu’a produites cette époque de mutations. Il retraça l’histoire du recueil de la Sturlunga en présentant l’évolution de la famille des Sturlungar et d’autres grandes familles en cette époque de muations de l’histoire islandaise.
M. Patrick Guelpa, qui enseigne l’islandais à l’université de Lille III, fit ensuite un exposé sur la Saga de Gudmundur Arason intitulé « Cléricalisme des clercs et cléricalisme des laïcs dans la Sturlungasaga. Le cas de l’évêque Gudmundur Arason ». Il reprit le portrait que la Sturlunga fait de cet évêque et cita un grand nombre d’exemples tirés de la traduction de Régis Boyer.
Einar Mar Jonsson, enseignant d’islandais à l’université de Paris-Sorbonne fit pour finir un exposé sur Thordur Kakali et sa saga dans la Sturlunga. Il fit remarquer qu’il semble que la saga ait été écrite spécialement pour fabriquer une certaine image de Thordur. Très peu d’actions de Thordur décrites dans la saga des Sturlungar se retrouvent étayées ailleurs et c’est pourquoi il serait intéressant de considérer sa saga comme une ?uvre d’imagination du passé.
M. L’Ambassadeur Tomas Ingi Olrich remercia les orateurs de leurs instructifs exposés après que le public leur eut adressé quelques questions. Pour terminer, un buffet froid fut offert aux invités et l’on put les entendre tous déclarer que les exposés avaient été des plus instructifs.
5) SOCIÉTÉ
* Une polémique sur « Miss Monde »
Samedi 10 décembre Unnur Birna Vilhjalmsdottir, âgée de 21 ans, a été élue Miss Monde 2005. Née à Reykjavik, elle travaille à mi-temps à la surveillance des aéroports et fait des études d'anthropologie et de droit. C’est la troisième fois qu’une Islandaise a remporté cette compétition très disputée.
À la suite de ce « succès », le Premier Ministre adressa au nom de la nation une belle lettre de félicitations à l’heureuse « élue ». C’était compter sans la réaction de certaines associations féministes qui reprochèrent son geste au chef du gouvernement, l’accusant de céder au préjugé selon lequel les femmes sont valorisées en fonction de leur apparence et non de leurs mérites propres. Querelle sans fin où les clichés répondent aux clichés (le jury affirmant que ce n’est pas le potentiel de « séduction physique » qui est son critère essentiel, mais qu’il se détermine en fonction d’éléments beaucoup plus « généraux », du type « être un modèle pour sa génération » et « personnaliser les aspirations des jeunes femmes »).
Pour ceux que le débat intéresse, nous ne saurions trop conseiller de lire les articles parus dans « Courrier d’Islande » en janvier, avril et juillet 2005 sous la signature du Pr Irma Erlingsdottir, sous le titre « Femmes en Islande : mythes et réalités » (verbatim d’une conférence donnée au Grand Palais, dans le cadre de la « Quinzaine culturelle islandaise » et avec le patronage de l’Université d’Islande) : le premier de ces articles traite notamment des « reines de beauté ».
6) DIVERS
FESTIVAL DU CINÉMA NORDIQUE DE ROUEN
Le festival se tiendra du 15 au 26 mars 2006. À l’heure actuelle, nous ne savons rien quant au (x) film(s) islandais présenté (s). Nous vous le ferons savoir, notamment par ce Site ou tout autre moyen (site du Festival : www.festival-cinema-nordique.assoc.fr)
7) BIBLIOGRAPHIE
L'excellente revue trimestrielle « Nordiques » (sous la direction du Professeur Marc Auchet -Université Paris 4 Sorbonne- et de Nathalie Blanc-Noël, maître de conférences à l'Université de Bordeaux) consacre son numéro 8 à deux thèmes principaux : a) un regard sur les pays baltes, ordonné autour de deux études majeures : l’une sur le statut des minorités dans ces pays à partir de l’exemple estonien (par Yves Plasseraud) ; l’autre sur « les Etats baltes dans le contexte des relations euro-russes » (par Vadim Kononenko). b) le thème « Nature et Société » avec, essentiellement, le passionnant article du Professeur Annie Bourguignon (Université de Nancy 2) sur la « forêt dans la littérature » ; analysant, sous ce rapport, trois ?uvres suédoises et deux sagas islandaises (la Saga des chefs du Val-au-Lac ; et la Saga de Njall le Brûlé).
On signalera également, sous la rubrique « Varia », une contribution de Jacques Mer sur les « Pouvoirs du Président de la République d’Islande » (mise à jour en octobre 2005).
Contact : 16 rue de la Grange Batelière, 75009 Paris
Site : www.choiseul.info
8) PUBLICATIONS DIVERSES
* Le Ministère islandais des affaires étrangères (www.mfa.is) a récemment publié en anglais un rapport sur « la politique de l’Islande en matière de coopération au développement : 2005-2009 ». Mine précieuse d’informations.
* L’Agence pour l’investissement en Islande (www.invest.is) a diffusé sa lettre d’informations « Iceland Update » (voir plus haut).
ANNEXE : LE BUDGET ISLANDAIS POUR 2006
Début décembre, le Parlement a voté définitivement le « collectif de fin d’année » pour 2005, ainsi que les prévisions budgétaires pour 2006, présentées par le gouvernement à la rentrée parlementaire d’octobre, et modifiées par l’Althing essentiellement le 24 novembre (soit au terme de la « seconde lecture », et non de la troisième, en vertu d’une procédure nouvelle en vigueur depuis trois ans et qui rationalise la procédure relative à la loi de finances).
1) Le projet initial du Gouvernement pour 2006 (publié en anglais sur le Site internet :
soumis au Parlement au début d’octobre 2005 :
a) Les données de base
* Ce document part des données suivantes : le PIB aura crû entre 2003 et 2007 de 25 % et le revenu disponible par ménage de 17 %. En 2005 et 2006, le chômage est pratiquement inexistant. Les tensions inflationnistes ne sont pas écartées. Cela oblige à mener en 2006 une politique budgétaire de rigueur, dans la ligne de celles menées en 2004 et 2005. Il convient donc de réduire la « consommation publique », de ralentir la progression des transferts, de diminuer les investissements publics, quitte à les reprendre en 2007 lorsque la surchauffe aura disparu.
* L’excédent budgétaire (des recettes par rapport aux dépenses) est dès lors prévu à 14,2 milliards de couronnes, soit 1,4 % du PIB. Dans cette perspective, les dépenses de « consommation publique » ne devront pas, en termes réels, dépasser celles de 2005 de plus de 2 % ; la limite infranchissable pour les paiements de transferts se situant à 2,5 %. Les investissements publics diminueront pour la 3e année de suite : - 2 milliards. En revanche, ils s’accroisseront de 2 mds en 2007 et en 2008, de même que seront progressivement débloquées les sommes provenant de la privatisation des télécoms (réalisée en 2005).
* Une telle « précaution » est d’autant plus incontournable que des allègements d’impôts sont en cours, d’autres -plus importants- devant se situer en 2007 (baisse importante de l’impôt sur le revenu, etc.)
b) Les résultats de 2005
Le projet de budget pour 2005 prévoyait un excédent de 10 milliards -de couronnes- des recettes sur les dépenses. Il fut, dans la réalité, dépassé pour deux raisons : le dynamisme de l’activité a stimulé les rentrées (TVA, impôt sur le revenu, etc.) et, en outre, la privatisation des télécoms a procuré des recettes substantielles. L’excédent (même en tenant compte de dépassements de certaines dépenses par rapport au budget initial) est évalué actuellement à 85 milliards ou à 30 milliards, selon que l’on tienne compte ou non de ces recettes ; ces chiffres étant portés à 98 et à 34,6 mds si on inclut des opérations de financement du Trésor.
Les 98 milliards mentionnés ont servi à rembourser une partie de la dette publique ou ont été déposés auprès de la Banque Centrale pour financement ultérieur de projets divers (dont des investissements : voir plus bas), au moment où la « surchauffe » achevée, un risque de récession et de chômage pourrait poindre.
c) Les grandes lignes du projet de budget 2006
L’excédent des recettes sur les dépenses est fixé à 14 milliards. Le remboursement de la dette à 6,6 milliards (soit, pour 2005 et 2006, 64,3 milliards au total).
Les recettes sont estimées à 327,4 milliards, somme inférieure à celle réalisée en 2005, privatisations exclues : en effet, à une consommation privée en légère baisse s’ajouteront les effets des baisses d’impôt (impôt sur le revenu et impôt sur la richesse). Car la croissance aura fléchi de 6 % à 4,6%, et le revenu disponible progressera de 2,7 % seulement.
Les dépenses sont, dans le projet de loi de finances, évaluées à 313,2 milliards, contre 296,4 dans le « projet » pour 2005. Les augmentations concernent l’éducation, la recherche, l’assistance aux invalides et l’aide aux pays en développement. En revanche déclineront les indemnités aux chômeurs, le paiement des taux d’intérêt et les investissements publics.
On remarquera que de 1999 à 2006 les excédents budgétaires globaux ont avoisiné 100 milliards, et que la dette nette du Trésor est passée de 17,3 % du PIB à 4,8 % en 2006 (prévisions).
2) La politique budgétaire de 2006 à 2009 : le « cadre triennal »
Depuis quelques années, le Ministère accompagne son projet de budget pour l’année à venir d’un « programme-cadre » définissant les grandes lignes de la politique budgétaire pour les trois années suivantes, ces lignes s’inspirant à partir de 2004 du « programme de gouvernement » adopté après les élections de 2003.
a) Les grands objectifs
La phase « terminale » des allègements d’impôts programmés prendra place en 2007.
L’austérité budgétaire sera poursuivie en ce qui concerne la « consommation publique » et les dépenses de transferts.
Les investissements publics seront diminués de 2 milliards en 2006, augmentés de 2 mds en 2007 et d’autant en 2008. En plus s’ajouteront les investissements financés par les recettes des privatisations (télécoms, etc.). Selon le ministère des Finances islandais, 15 milliards devraient aller à la réalisation d’infrastructures de transports (3,7 mds en 2007,5 en 2008 et 3,7 en 2009, 18 à la construction de services d’urgence dans un hôpital de pointe (lancement des travaux : 2008), 3 milliards aux Garde-Côtes, 1,5 milliard à un Fonds de financement des activités nouvelles (qui met sur pied des opérations conjointes avec le capital privé), 1,5 milliard à un fonds des télécommunications pour la diffusion du système GSM dans les zones rurales, 1 milliard pour l’accueil des handicapés mentaux et 1 autre milliard pour un nouveau bâtiment destiné à abriter l’Institut Arni Magnusson, ce prestigieux musée où sont conservés manuscrits et documents précieux anciens (Sagas, etc.).
Ces dépenses couvertes par les recettes de privatisation s’étaleront jusqu’en 2012.
b) Les possibilités non prises en compte
Le projet de budget 2006 et le « programme-cadre triennal » ne prennent pas en compte diverses hypothèses relatives à des projets industriels pour lesquels aucune décision n’a encore été prise, mais dont certains ont de fortes chances de se réaliser : extensions supplémentaires d’usines d’aluminium existantes (Nordural, Straumsvik), création de nouvelles unités, projets de centrales électriques pour alimenter ces entreprises, etc.
Tout cela peut amener la croissance à rebondir après 2008 et il n’est pas dès lors irréaliste d’envisager la persistance d’une politique budgétaire rigoureuse, accompagnée de nouvelles hausses de taux d’intérêt. L’avenir seul permettra d’y voir plus clair.
3) Conclusion
Le Parlement a finalement voté, avant l’interruption temporaire de sa session fin décembre, la loi de finances pour 2006. L’excédent budgétaire est arrêté à 19,6 milliards, soit quelque 2 % du PIB. La dette publique reculera de 11,4 milliards. Ainsi est poursuivie une politique de rigueur bien adaptée à la persistance de la « surchauffe ».
À NOTER
Cette lettre (comme les suivantes) ne comporte (sauf rare exception) que des informations politiques, économiques et sociales sur l'Islande, à l'exclusion de "nouvelles" de nature culturelle et/ou artistique, et d'informations sur les manifestations islandaises en France et françaises en Islande.
Il existe en effet des sites ou des organes d'information qui fournissent ces autres informations. On signalera tout particulièrement :
1) la Revue "Courrier d'Islande" (trimestrielle) que l'Association "France-Islande" envoie par courrier postal à ses adhérents
Pour en savoir plus sur cette Association, la Revue citée et le site Internet de " France-Islande ", le contact est le suivant :
Association "France-Islande" (Président : M. Jean Le Tellier) ;
31 avenue Thierry
92410 Ville d'Avray
e-mail :jean@jlet.net
2) le site, très riche, du Département d'études nordiques de l'Université de Caen, qui a été récemment rénové :
http://www.unicaen.fr/etudesnordiques
On trouve une belle collection de liens (universitaires, culturels, artistiques, médias, etc.) sur la page islandaise de ce site, ainsi qu’une bibliographie très fournie sur les ouvrages de la littérature nationale (ancienne et contemporaine) traduits en français.
3) l'excellent site de Christian et Marie-Françoise Gilabert, " Islande, au pays de la création du monde " :
http://perso.wanadoo.fr/saga.gilabert
Ce site est une mine de renseignements pour tous les amoureux de l'Islande et notamment pour tous ceux qui envisagent de voyager dans le pays.




