Bulletin mensuel
ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DU 12 MAI
L’ACTUALITÉ ISLANDAISE EN MAI 2007
POLITIQUE INTÉRIEURE : ÉLECTIONS LÉGISLATIVES DU 12 MAI ET NOUVEAU GOUVERNEMENT
Rappelons quelques traits essentiels du système islandais :
** À la différence de la France, le Chef de l'État -"un roi sans couronne"-, tout comme les souverains nordiques, ne joue aucun rôle dans la vie politique. Le fait qu'on l'élise au suffrage universel (au scrutin majoritaire à un tour, ce qui peut en faire l'élu d'une minorité s'il y a de nombreux candidats) n'y change rien.
Il n'intervient en rien dans la formation des gouvernements, même si -formellement- il "désigne" le Premier Ministre. Si, au lendemain des élections législatives, un parti obtient la majorité absolue des sièges au Parlement (ce qui pratiquement n'arrive jamais), son Chef est alors "désigné" comme Chef du gouvernement. Dans le cas contraire, les dirigeants des partis concurrents discutent entre eux des contours et du programme d'une "coalition majoritaire" ; et le Chef de l'État entérine le résultat des négociations entre états-majors.
** À la différence de nombreux États où une "droite" et une "gauche" s'affrontent depuis longtemps et où les alliances se font souvent "bloc contre bloc", en Islande le pragmatisme règne et pratiquement toutes sortes de coalitions sont possibles, qui ailleurs paraîtraient incongrues ou franchement impensables. Favorisée par le système électoral de la "proportionnelle", cette absence de bipolarisation tend d'ailleurs à s'accroître et s'accompagne d'une relative dépolitisation. Même si il existe théoriquement un centre-droit (le Parti de l'Indépendance, PI, ou parti Conservateur), un centre (le Parti du progrès, PP, ex-parti agrarien), un centre-gauche (l'Alliance, vaguement sociale-démocrate), une gauche radicale et environnementaliste (la "Gauche Verte"), et un groupuscule de "Libéraux" (dissidents du PI ; avec des tendances "populistes").
Depuis 1991 (et sauf entre l'automne 2004 et juin 2006), le chef du Parti de l'indépendance -le plus important groupe à l'Althing- est Premier ministre, à la tête d'une coalition avec les Sociaux-Démocrates (ancêtres de l'Alliance) de 1991 à 1995 ; et, depuis 1995, avec le Parti du progrès.
** Ambitions et querelles personnelles au sein des partis peuvent influer sur les contours d'une coalition ; l'ambition suprême visant le poste de Premier ministre, et non, comme en France, celui de Chef de l'État.
** Les élections proprement dites des 63 députés composant le Parlement -l'Althing- ont lieu tous les 4 ans au scrutin de liste proportionnel. L'île est divisée en six grandes "circonscriptions" (Reykjavik-nord ; Reykjavik-sud, le Sud-Ouest, le Sud, le Nord-Est, le Nord-Ouest) qui élisent de 10 à 11 sièges, selon le chiffre de leur population ; des mécanismes complexes faisant en sorte qu'au plan national le nombre de sièges d'un parti soit exactement proportionnel au chiffre de voix obtenues. On notera que, le 12 mai, dans la circonscription de Reykjavik-sud, se présentaient le "Premier" sortant, Geir Haarde suivi du Ministre de la Justice Björn Bjarnason (Parti de l'Indépendance, PI), la Ministre (PP) de l'Environnement Jonina Bjarmartz (affaiblie par des "rumeurs" relatives à un "passe-droit"), et la présidente de l'"Alliance" Ingibjörg Solrun Gisladottir, qui convoite les fonctions de Premier ministre, ainsi que le président du groupe parlementaire de la "Gauche Verte". Dans celle de Reykjavik-nord, le Président du Parti du progrès, Jon Sigurdsson, ministre de l'Industrie et du Commerce, non parlementaire, affrontait un important dirigeant Conservateur, et l'ancien Président de l'"Alliance" Össur Skarphédinsson.
LA CAMPAGNE ÉLECTORALE
La campagne a été acharnée. Dans le camp de la majorité sortante, le Parti de l'Indépendance, qui, au cours de la législature, avait vu, à sa tête, Geir Haarde succéder au charismatique David Oddsson, a maintenu et amélioré sa forte position, atteignant à la veille du scrutin entre 36 et 38 % des intentions de vote. En revanche, le Parti du progrès (aux environs de 10 % contre 18 % en 2003) s'est mal remis du "choc" enregistré au printemps 2006 lorsque son chef d'alors Halldor Asgrimsson, désavoué aux élections locales, a dû abandonner sa charge de chef du gouvernement, prélude à un retrait total de la vie politique. Usé par le pouvoir, Halldor a servi de "bouc émissaire" pour les prétendus effets négatifs de la politique d'industrialisation rapide.
À gauche, une compétition permanente et acharnée a opposé l"Alliance" et la Gauche Verte pour la première place, la première jouant sur l'ambiguïté de ses positions quant à ses futures alliances ; la seconde se voulant le symbole d'une opposition sans concessions et "surfant" jusqu'à avril 2007 sur la vague "environnementale et verte" qui séduisait l'opinion et semble depuis lors refluer. La présidente de l'"Alliance", Ingibjörg Solrun, qui recevait moult critiques il y a quelques mois, a finalement effectué un rétablissement spectaculaire : environ 26 % des "sondés, les 10 et 11 mai, contre 16 % à la Gauche Verte.
Les Libéraux ont privilégié la recherche d' une position d'arbitrage et de "groupe charnière" indispensable.
Enfin, une nouvelle formation verte "Le mouvement islandais. Terre vivante" est apparue en février 2007, sur l'initiative du "Nicolas Hulot" islandais, le journaliste animateur Omar Ragnarsson. Se voulant "écologiste à 100 %" , et ouverte aux gens de gauche comme à ceux de droite, elle n'a pas réussi à dépasser les 2 à 3 % dans les sondages et n'aura pas d'élus.
RÉSULTATS : PREMIÈRES REMARQUES : Un scrutin "DISPUTÉ"
Des observateurs sérieux ont considéré le scrutin du 12 mai 2007 comme l'un des plus "disputés" de l'histoire politique récente. Ses résultats sont plus complexes cependant qu'un rapide coup d'oeil aurait pu le faire croire.
1) Rappelons d'abord les chiffres :
- Important taux de participation : 83,6 % (en baisse, toutefois, par rapport aux scrutins antérieurs) ; l'abstention peu à peu progresse sur l'île
- Parti de l'Indépendance (Geir Haarde ; centre-droit) : 36,6 % des voix ; 25 sièges sur 63 (+2 par rapport à 2003)
- Parti du progrès (centre-gauche). Son président :était Jon Sigurdsson, le Ministre de l'Industrie "sortant" ; le parti était associé au PI depuis 1995 au sein d'une coalition bipartite. Obtient 11,7 % des voix et 8 sièges (-4). Par rapport à 2003, c'est le grand perdant, et son président ne réussit pas à entrer au Parlement
- "Alliance" (opposition de gauche modérée) : 27,3 % et 18 sièges (-2). Un peu en dessous de son résultat de 2003.
"Gauche-Verte", gauche radicale (regroupement un peu hétéroclite d'anciens communistes, de féministes, de Verts, et de socialistes de gauche). Anti OTAN et anti UE. : 14,3 % et 9 sièges (+4). Comparativement à 2003, le parti a nettement progressé, même si, à la fin, il a dû s'incliner, à gauche, devant une remontée relative de l'"Alliance"
- Libéraux : 7 % et 4 sièges. Se maintiennent sur leur position de 2003.
- Mouvement islandais-Terre vivante" : 3,3 % des voix. Pas d'élu.
À noter que le nouveau Parlement comptera 20 femmes sur 63 membres (leur nombre, qui était jusque-là de 23, régresse). La proportion de femmes (31,8 %) y est plus faible que dans les autres pays nordiques.
2) En fait, la coalition sortante PI-PP a la majorité (24+8) d'extrême justesse ; et arithmétiquement le gouvernement sortant n'a pas été désavoué par la nation.
Mais la prolongation de cette coalition se heurte à des obstacles : D'abord, la marge est trop étroite pour asseoir un gouvernement solide et Geir Haarde se demande dès le début s'il ne devrait pas envisager d'autres partenaires plus forts, et -pourquoi pas- une "grande coalition" avec l'"Alliance". D'autre part, au PP, si certains envisagent avec plaisir de rester au gouvernement, d'autres sont désireux de mettre fin à un long tête-à-tête -dont le parti sort affaibli- avec le PI. Enfin il n'est pas exclu que, si le temps lui en est laissé, une coalition unissant PP, "Alliance" et VG se constituent, au nom du principe "tout sauf le PI". Geir en est conscient et décide de sonder l'"Alliance", en même temps qu'il discute avec Jon Sigurdsson -affaibli par sa défaite- et le PP.
NB) Les politologues ont remarqué que la fidélité des électeurs par rapport aux partis a encore diminué, ce phénomène étant à rapprocher du faible contenu doctrinal et idéologique des débats (même si en gros la majorité sortante symbolisait plus l'Islande "aisée" et l'opposition l'Islande "modeste") et du fait que le citoyen sait qu'au lendemain du scrutin, le jeu reste très ouvert, aucune alliance ou coalition n'étant a priori inconcevable entre les divers partis concurrents, qui font la loi en politique intérieure : ce que le Général de Gaulle, en son temps, qualifiait de "régime des partis".
Participation : 83,6%
Formations politiques Nombre de suffrages recueillis Pourcentage des voix obtenues Nombre de sièges
Parti de l’indépendance (PI) 66 749 36,6 25
"Alliance" social-démocrate 48 742 26,8 18
Gauche-Verte (VG) 26 136 14,3 9
Parti du progrès (PP) 21 349 11,7 7
Parti libéral 13 233 7,3 4
Mouvement islandais-terre vivante 5 953 3,3 0
Source : site internet, http://www.electionresources.org/is/
DEUXIEME TEMPS : LA FORMATION D'UN NOUVEAU GOUVERNEMENT
Dans les jours qui ont suivi le scrutin, le Premier ministre a discuté avec ses alliés d'hier, essentiellement avec le président du Parti du progrès, pour voir si la poursuite de la collaboration entre leurs partis pouvait servir de base à la formation d'un nouveau gouvernement. Le 17 mai, les deux partenaires ont constaté que tel n'était pas le cas. Ainsi a pris fin une coalition au pouvoir depuis 1995. Le 18, Geir Haarde entamait officiellement (après avoir sondé discrètement sa "concurrente") des conversations avec la présidente de l'"Alliance" sociale-démocrate, Madame Ingibjörg Solrun Gisladottir, ancien maire de Reykjavik et candidate malheureuse, en 2003, à la fonction de Premier ministre. Du 18 au 21 mai, ces conversations se déroulent dans uns ambiance favorable, en partie dans le cadre calme mais grandiose de Thingvellir.
Le 23 elles s'achèvent, par la constitution d'un gouvernement bi-partite Parti de l'Indépendance-"Alliance". Outre Geir, qui reste Premier ministre, le PI a cinq ministres dans cette coalition, à savoir les sortants : Thorgerdur Katrin Gunnarsdottir (qui a facilité les contacts entre les deux partis, et dont on dit parfois qu'elle pourrait un jour être candidate à la fonction de chef de gouvernement), ministre de l'Éducation, de la Culture et de la Science ; Björn Bjarnason, ministre de la Justice (victime d'une cabale d'intérêts particuliers, lors du scrutin, où son nom fut parfois rayé sur les bulletins de vote) ; Arni M. Mathiesen, ministre des Finances ; Einar K. Gudfinsson qui ajoute à son portefeuille des pêcheries celui de l'agriculture. En outre, un jeune élu de la capitale, Gudlaugur Thor Thardarson, prend en charge la Santé. Sturla Bödvarsson, qui deviendra président du Parlement pour les deux années à venir, quitte le gouvernement.
L"Alliance" se partage six portefeuilles, et deux femmes obtiennent des poste-clés. Ingibjörg Solrun Gisladottir reçoit, comme la tradition le veut, les Affaires étrangères, et Johanna Sigurdardottir, élue de Reykjavik, une "vétéran", retrouve un grand ministère des Affaires sociales, qu'elle avait piloté dans la période 1987-1994. L'ancien président de l'"Alliance", Össur Skarphédinsson, longtemps rival de Ingibjörg Solrun, est nommé à l'Industrie, à laquelle on joint le Tourisme. Björgvin G. Sigurdsson, un "jeune" élu du Sud, prend le Commerce (traditionnellement rattaché à l'Industrie) ; Kristjan L. Möller les Communications et Transports ; et Mme Thorunn Sveinbjarnardottir l'Environnement.
CARACTERISTIQUES GENERALES DU NOUVEAU GOUVERNEMENT
La composition du gouvernement (voir ci-dessus)
Premier Ministre : M. Geir H. Haarde (Parti de l'Indépendance)
Ministre des affaires étrangères : Mme Ingibjörg Solrun Gisladottir ("Alliance")
Ministre des finances : M. Árni M. Mathiesen (PI)
Ministre du commerce : M. Björgvin G. Thórdarson (Alliance)
Ministre de la justice et des affaires ecclésiastiques : M. Björn Bjarnason (PI)
Ministre de la pêche et de l'agriculture : M. Einar K. Gudfinnsson (PI)
Ministre de la santé : M. Gudlaugur Thor Thardarson (PI)
Ministre des affaires sociales : Mme Johanna Sigurdardottir (Alliance)
Ministre des communications et des transports : M. Kristjan L. Möller (Alliance)
Ministre de l’éducation, de la culture et de la recherche : Mme Thorgerdur Katrín Gunnarsdóttir (PI)
Ministre de l’industrie et du tourisme : M. Össur Skarphédinsson (Alliance)
Ministre de l’environnement : Mme Thorunn Sveinbjarnardottir (Alliance)
Dénommé par son chef "gouvernement de Thingvellir", en référence au lieu où il a été conçu, le nouveau cabinet présente par rapport au précédent des lignes de rupture et des éléments de continuité, si l'on fait abstraction de son programme, tel qu'il apparaît dans la "déclaration commune", rendue publique le 23 mai.
* 1) Au total les femmes ont 4 portefeuilles sur 12, dont un pour le PI et 3 pour l'"Alliance". La proportion -le tiers- est la même que dans le précédent gouvernement.
* 2) L'âge moyen des ministres est de 49,5 ans. Les deux "seniors" de l'équipe sont, pour l'"Alliance", Johanna Sigurdardottir, ministre des Affaires sociales, 64 ans, élue au Parlement depuis 1978 ; et, pour le PI, Björn Bjarnason, ministre de la Justice, 62 ans, élu depuis 1991 et ministre presque sans interruption (Éducation, puis Justice) depuis 1995. Les "benjamins" sont Gudlaugur Thor Thordarson, ministre (PI) de la Santé, 39 ans, et Björgvin G. Sigurdsson ("Alliance"), 36 ans, en charge du Commerce.
On trouve dans la coalition, des "vieux routiers " et des gens d'expérience ayant déjà une carrière ministérielle, aussi bien que des personnalités dont c'est la première participation. Dans la première catégorie, tous les titulaires du PI, à l'exception de Gudlaugur ; ainsi que -pour l'"Alliance"- Johanna Sigurdardottir (en fonctions de 1987 à 1994) et Össur Skarphédinsson, ministre de l'Environnement de 1993 à 1995.
On notera que deux ministres de l'"Alliance" ont, avant la constitution de ce parti (1999), appartenu à la formation féministe "Liste des Femmes" : Ingibjörg Solrun Gisladottir, ancien maire de Reykjavik, où elle dirigea, de 1994 à 2002, une large coalition de la gauche et du centre, avant de se lancer dans une carrière nationale ; et Mme Thorunn Sveinbjarnardottir, en charge de l'Environnement.
* 3) L'équipe en place dispose d'une large majorité au Parlement :43 sur 63 élus.
Par conséquent, elle a l'assise pour mener à bien pendant la législature (4 ans) de profondes réformes, conformément à son programme de gouvernement (voir ci-dessous).
Elle semble bénéficier d'un large crédit dans les milieux d'affaires, les classes moyennes, certains syndicats et l'opinion publique. Sa base électorale est de près de 65 %.
L'opposition, quant à elle, loin d'être unie, est divisée en trois groupes : la "Gauche Verte", qui dispose de 9 sièges, le Parti du progrès de 7 sièges et les Libéraux de 4. Le premier, par la bouche de son chef, Steingrimur Sigfusson, reproche à l'"Alliance" sa trahison et son appartenance à une équipe "blairo-thatchérienne", orientée à droite. Ces griefs sont formulés presque à l'identique par les Progressistes. Ceux-ci, mal remis de leur défaite du 12 mai, ont enregistré la démission de leur Président Jon Sigurdsson, qui a dû s'effacer devant le vice-Président, l'ancien ministre -orienté à gauche- Gudni Agustsson. Un Congrès national en 2008 élira une nouvelle direction au PP. Gudni a, dans ses premières déclarations, mis en garde les Islandais contre les "méfaits à venir" d'une coalition de droite et libérale, qui risque de mettre en danger certains acquis sociaux, dans le secteur de la santé par exemple, où le remplacement de services publics par le secteur privé est à redouter.
LE PROGRAMME DU GOUVERNEMENT
Tel qu'il apparaît dans la déclaration commune, rendue publique le 23 mai (voir Site Internet du Premier ministre en anglais : http://eng.forsaetisraduneyti.is/), ce programme fixe quelques lignes directrices dans les domaines importants :
1) Économie
Le nouveau gouvernement ne marque pas une ligne très originale par rapport à celle de la coalition précédente. Les objectifs de stabilité, d'équilibre et de dynamisme sont réaffirmés. Il s'agit, comme avant, de créer un environnement satisfaisant pour la compétitivité des entreprises islandaises, en Islande et à l'étranger. Les progrès de l'économie serviront à l'amélioration du bien-être de la nation, donc des ménages. Un "forum consultatif" sera créé, auquel participeront les administrations centrales, les collectivités locales et les partenaires sociaux, pour définir les objectifs à long terme de la politique économique et sociale, et les moyens de les réaliser.
Dans un univers marqué par une concurrence acharnée, les acteurs islandais ont un atout : la maîtrise de la "connaissance", c'est-à-dire du "savoir-faire" (know-how) et des aptitudes technologiques adéquates. On maximisera cet avantage comparatif, en renforçant les moyens du "Centre Islandais de la Recherche" et du "Fonds pour le Développement technologique", notamment au service de la présence des firmes islandaises sur les marchés étrangers et internationaux.
Les règles d'une saine concurrence dans les secteurs financier et bancaire continueront à être appliquées sous le contrôle de l'"Autorité de surveillance Financière". Une agriculture solide, visant à une production de qualité, sera libéralisée, avec le double souci de prix réduits pour les consommateurs et de revenus satisfaisants pour les producteurs. Une étude sera entreprise du système des quotas dans les pêcheries et de ses conséquences sur le développement régional. L'énergie conservera sa priorité.
La fiscalité et le financement des dépenses sociales devront faire l'objet d'un examen attentif, et l'on s'efforcera de réduire, autant que possible, la pression fiscale, qu'il s'agisse des ménages ou des entreprises. L'objectif de baisse de l'impôt perd sa priorité par rapport aux années précédentes.
La réforme et la modernisation de l'administration seront poursuivies, avec le rôle grandissant des technologies de l'information. Les économies seront recherchées, les gaspillages pourchassés. Comme le demandait l'"Alliance", les retraites des parlementaires et des ministres seront revues, et plus en conformité avec celles du régime général.
La part des dépenses publiques dans le PIB sera stabilisée. Des budgets "prévisionnels" quadriennaux seront établis. La répartition des compétences entre l'État et les collectivités locales sera révisée, au bénéfice des dernières.
2) Des priorités pour les enfants, les jeunes, les personnes âgées et les handicapés. Des progrès sur la voie de l'égalité salariale (hommes/femmes)
On est là sur un terrain largement "consensuel" entre les deux partis de la coalition.
Le gouvernement privilégiera les mesures en faveur des enfants (on se réfère à la Convention des Nations Unies sur les droits de l'enfant) et des familles avec enfants : prévention sanitaire, allègements fiscaux, etc. Les enfants des travailleurs immigrés et les enfants "à problèmes" (infirmités, drogue, troubles du comportement) feront l'objet d'une attention spéciale. La lutte contre les "abus sexuels" sera renforcée.
Les personnes âgées seront également une cible prioritaire de la politique sociale, qu'il s'agisse de l'emploi des "seniors", de la fiscalité, des retraites, des habitations et des soins pour les personnes en cause. Des objectifs chiffrés sont parfois fixés dans ces domaines. Les personnes dépendantes, invalides et handicapées ne sont pas oubliées, qu'il s'agisse de facilités et prestations, et de leur rééducation.
Un plan sera mis au point pour réduire les inégalités salariales entre hommes et femmes. Les administrations centrales devront donner l'exemple et les réduire de moitié en quatre ans. Les autres modes de "discriminations" seront remis en cause (accès aux responsabilités, etc.).
3) Autres aspects de la politique sociétale
* Le chapitre sur l'éducation et l'enseignement ne comporte pas d'aspects très originaux. L'Islande vise toujours à l'"excellence universitaire" et met l'accent sur la formation permanente.
* S'agissant de la santé, il ne s'agit pas uniquement de "dépenser plus" mais de "dépenser mieux". D'où l'intention ferme du gouvernement de procéder à des analyses "coût-efficacité" des organismes concernés et de rechercher des solutions efficaces sans préjugés "idéologiques" (recours à des organismes privés ??). À noter l'accent mis sur les conséquences sanitaires et sociales de la progression de la drogue.
* Le chapitre sur l'aménagement du territoire, les transports, communications et télécommunications contient surtout des considérations générales, ne marquant aucune inflexion dans la politique suivie.
* Pour ce qui est de l'environnement, le programme est ambitieux. Un plan-cadre pour la protection des sites naturels sera présenté au Parlement avant la fin 2009 et y fera l'objet de délibérations. D'ici là, aucun site ne fera l'objet d'atteintes, sauf vote du Parlement, ou permis déjà accordés. La "Déclaration gouvernementale" garantit d'ailleurs la préservation (jusqu'à la décision sur le "plan-cadre") de diverses zones nommément énumérées, particulièrement sensibles et souvent objet de controverses publiques, qui sont placées sous la sauvegarde du Ministère de l'Environnement.
* Un chapitre particulier est consacré aux étrangers immigrés en Islande, dont le nombre a spécialement augmenté ces dernières années (main d'?uvre pour les "grands projets", etc.). Leurs droits sont réaffirmés, et la lutte contre les "discriminations" sera intensifiée.
4) Questions internationales
Sont soulignées les priorités que restent la défense des droits de l'homme, l'aide au développement, la recherche de solutions pacifiques aux conflits, l'assistance humanitaire à (et à la reconstruction de) l'Irak, la lutte contre la pollution maritime et contre le réchauffement climatique, la libéralisation du commerce mondial, la collaboration avec les démocraties occidentales (dont les pays nordiques). Un "forum inter-partis" sera mis en place sur les questions de sécurité et de défense. Le rôle éminent de la Commission des affaires étrangères du Parlement dans l'élaboration de la politique étrangère de l'Île est rappelé.
En ce qui concerne les relations avec l'Union européenne (thème sur lequel la position de l'"Alliance -en faveur de l'ouverture de négociations d'adhésion- tranchait avec la prudence du PI), le "programme" rappelle l'importance des échanges commerciaux, le rôle très positif joué par la participation à l'Espace économique européen, la base de réflexion constituée par le récent Rapport du "Comité parlementaire" sur l'Europe. Un comité parlementaire permanent continuera à suivre les développements de la situation et à réfléchir sur la meilleure méthode pour assurer la sauvegarde des intérêts islandais.
Sur ce thème européen, l'"Alliance" semble avoir renoncé à ses vues "originales" contenues dans son propre programme.
5) Réforme constitutionnelle
La révision de la Constitution sera poursuivie, particulièrement sur la question de la propriété des ressources naturelles (NDLR : voir "Bulletin politique" de mars 2007).
POLITIQUE EXTÉRIEURE
Sécurité : accords islando-danois et islando-norvégiens (avril 2007)
Le 26 avril, à Oslo, Mme Valgerdur Sverrisdotir, alors ministre des Affaires étrangères, avait signé des accords bilatéraux (dans le cadre de l'Alliance Atlantique) avec ses homologues danois et norvégien, prévoyant un renforcement de la coopération dans les domaines de la sécurité et de la défense. Cela se traduira par la participation de navires, d'avions ou d'hélicoptères des deux pays à des exercices de surveillance ou à des man?uvres en Islande (à Keflavik, par exemple). L'Islande prendra à sa charge les coûts occasionnés sur son territoire pour l'hébergement des personnels ou le fonctionnement de certains équipements et, bien entendu, ceux engagés, du fait de ces exercices, par les forces de sécurité islandaises (garde-côtes, police, etc.). À la fin avril et au début mai, le Premier ministre s'est félicité de la signature de ces accords, qui contribuent à suppléer, en temps de paix, à l'absence des forces américaines depuis leur retrait de septembre 2006. La ministre (d'alors) Valgerdur Sverrisdotir s'est jointe à cette approbation de textes, qui apportent un plu significatif à l'Île en matière de sécurité, de maintien de la paix et de défense civile. La présidente de l'"Alliance" sociale-démocrate (et actuelle ministre des Affaires étrangères), Ingibjörg Solrun Gisladottir, eut une réaction identique. Seul mécontent dans cette affaire, le président de la "Gauche Verte", Steingrimur Sigfusson, fit vibrer la corde "pacifiste" en dénonçant des opérations "quasi-militaires", qui seraient coûteuses pour le contribuable islandais. En outre, il remarqua que la Norvège, dans bien des domaines, était un concurrent de l'Islande et risquait de vouloir "développer" son influence dans la zone.
Sécurité : exercices et man?uvres en août à Keflavik
Il paraît acquis qu'au mois d'août 2007 des exercices et man?uvres multilatéraux, dans le cadre de l'OTAN, auront lieu sur la base (revenue à l'Islande depuis septembre) de Keflavik, comme au temps de la présence américaine. Les forces de nombreux pays, dont les Etats-Unis, y participeront, l'Islande étant maintenant le "pays hôte".
ÉCONOMIE
1) POLITIQUE MONETAIRE : LA BANQUE CENTRALE MAINTIENT SES TAUX D’INTERET INCHANGES. LA LUTTE CONTRE L’INFLATION CONTINUE.
La Banque Centrale, le 16 mai, a décidé, de maintenir ses taux d’intérêt inchangés. Le taux de base reste donc à 14, 25 %, comme il avait été fixé fin décembre 2006 et confirmé en mars. L’Institut d’émission a en effet constaté une accalmie sur le front de l’inflation, qu’il convient de mettre à profit en évitant toute fausse man?uvre. De nombreuses incertitudes subsistant concernant l’évolution à venir des prix, la Banque tiendra, le 5 juillet, une nouvelle réunion sur le sujet.
Pour elle, la lutte contre l’inflation demeure un impératif national et elle passe nécessairement par la limitation du crédit, dont l’emballement avait naguère atteint des niveaux déraisonnables (avec des risques d’insolvabilité grave pour divers débiteurs : ménages surendettés, etc.). Sur ce terrain, des points ont été marqués, mais ne sont pas définitivement acquis. Les perspectives sur le front des prix sont également encourageantes depuis quelques mois, mais la vigilance reste de mise, le rythme des hausses demeurant encore trop élevé et les tensions sur les salaires trop fortes. D’où la politique prudente de la Banque, qui remplit la tâche qui lui est confiée par la loi, et joue avec le maximum de flexibilité et de finesse sa partition dans la définition de la politique économique nationale.
Le Gouverneur de la Banque centrale David Oddsson a, à l'occasion, mentionné prudemment qu'il espérait toujours voir les taux d'intérêt baisser vers la fin de l'année, si les pressions inflationnistes diminuent.
2) LE CHOMAGE AU PLUS BAS
D'après le Ministère des Finances (lettre hebdomadaire du 24 mai), le chômage en avril 2007 représentait 1,1 % de la force de travail, soit 2 000 personnes enregistrées : le chiffre le plus bas depuis 2000. La moyenne pour le premier tiers de l'année s'établit à 1,25 %. La récente prévision du Ministère pour 2007, à savoir 1,8 %, pourrait être "améliorée, vu la forte demande de travail.
L'afflux de main d'?uvre étrangère continue, en particulier en provenance des nouveaux membres de l'Union européenne, vis-à-vis desquels toute limitation a été supprimée en 2006. La force de travail, ainsi, s'accroît du fait de l'immigration plus que de l'accroissement naturel (dont elle est le double).
3) LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE L’ISLANDE EN 2006
L’Office des Statistiques d’Islande (www.statice.is) a publié récemment les chiffres d’ensemble du commerce extérieur du pays pour 2006.
A) Les chiffres d'ensemble
Le total des exportations de marchandises, calculées fob, s’est établi à 242 700 millions de couronnes, celui des importations fob tournant autour de 401 250 millions (calculées cif : 432,11 milliards). Le déficit a donc atteint 158 500 millions de couronnes (13,88 % du PIB), contre 94 500 millions (9,25 %) en 2005.
Par rapport à l’exercice précédent, aux prix courants, les exportations ont augmenté de 24,9 %, tandis que les importations ont progressé de 37,7 %.
* Les exportations de 2006 (242,700 milliards de couronnes) se décomposent en :
* 124, 38 milliards de produits de la mer (51,2 % ; en hausse de 1 % sur le montant de 2005 à taux de change constant) ;
* 4,34milliards de produits agricoles (1,8 % du total ; en augmentation de 3,1 % sur 2005) ;
* 93,02 milliards de produits industriels. 38,33 % (18,7 % en 1994) des ventes à l’étranger. À la première place arrive l’aluminium (57 mds de couronnes ; 23,5 % des ventes) suivi du ferro-silicium, des médicaments, des produits pétroliers, etc ;
* 21 milliards de produits divers (8,68 % du total ; en hausse de 37,3 %).
∑ Pour les importations (calculées cif : 432,11 milliards), les principales catégories sont :
* les produits alimentaires et les boissons : 26,01 milliards (6 % du total), en hausse de 5,1 % sur 2005 :
* les matières premières et produits intermédiaires : 108,3 milliards (25,1 % du total ; en progression de 25,4 %) ;
* les biens d’équipement : 102,9 milliards (23,8 % du total ; en hausse de 28,4 %) ;
* l’énergie : 36,42 milliards (8,4 % de l’ensemble) ; en hausse de 14,7 %
* les matériels de transport : 96,9 milliards (22,4 % du tout) ; en progrès de 43,4 % avec des achats d’avions en forte progression.
* les biens de consommation : 61,19 milliards (14,2 % du total) ; en progression de 6,3 %
B) La balance commerciale : le déficit
Si on compare les exportations fob et les importations cif, le déficit de 2006 est de 189 milliards de couronnes, soit 78 % de la valeur des exportations. Ainsi calculée, la balance a toujours été déficitaire durant la décennie écoulée : entre 1,6 % des exportations en 2002 et 78 % en 2006 (61,5 % en 2005 ; 28,7 % en 2004 et 18,6 % en 2003).
Calculé "en termes de balance des paiements" (exports et imports fob), le déficit est de 158,46 milliards en 2006 (13,88 % du PIB). Il s'établissait à 9,3 % en 2005.
La part des exportations, comme celle des importations, de marchandises, dans le PIB a fluctué autour de 25 % du PIB au cours du demi-siècle écoulé (celle des exportations diminuant, tandis que les importations augmentaient, entre 2003 et 2006).
L’"ouverture" de l’économie dans les quinze dernières années n’est pas manifeste pour les biens (marchandises), alors qu’elle est évidente si on considère les échanges de services (balance courante, et non balance commerciale), qui ont beaucoup progressé en part du PIB.
C) Les partenaires : zones et pays
La zone avec laquelle les échanges commerciaux sont les plus fournis est celle de l’Espace Économique Européen, comprenant 27 membres. 74,8 % des ventes islandaises de 2006 lui sont destinées (76,9 % en 2002) ; 64,7 % des importations de l’île en proviennent (66,2 % en 2002). En deuxième position se situent les Etats-Unis d’Amérique : 10,8 % des ventes en 2006 comme en 2002 ; 12,9 % des achats en 2006 pour 11,1 % en 2002. La troisième place va au Japon : 2,1 % des ventes et 4,1 % des achats en 2006.
Pays clients et fournisseurs
Les Pays-Bas, qui étaient à la troisième place les années précédentes, sont le premier client en 2006 : 16,6 % des exportations totales. Ils achètent d’abord des produits industriels (aluminium), souvent réexportés vers d'autres pays, mais aussi du poisson (cabillaud).
Le second (premier en 2005) client, avec lequel les liens sont anciens et solides, est le Royaume-Uni (15,6 % des exportations en 2006) : il achète surtout des produits de la mer (cabillaud, églefin, etc.). L'Allemagne est à la troisième place (deuxième les années précédentes), et a absorbé en 2006 15 % des marchandises islandaises (d’abord les produits industriels, dont l’aluminium).
Viennent ensuite les États-Unis (10,8 %) et l’Espagne (6,4 %)
Pour les importations, les Etats-Unis, en 2006, sont le premier (second en 2005) fournisseur, avec 12,9 % des achats globaux : machines, équipements de transport, etc. L'Allemagne arrive en second (12,3 %, composés surtout d’équipements et de matériels de transport). En progrès sur les années précédentes, la Norvège se situe au troisième rang (7 % des importations totales), ses plus grosses ventes étant les produits énergétiques et les lubrifiants.
SOCIÉTÉ
* DÉMOGRAPHIE (Migrations)
Dans une étude publiée le 10 mai par l’Office des Statistiques (site en anglais : ) , on trouve d'intéressantes précisions sur l'émigration islandaise au cours des vingt dernières années. Entre 1987 et 2006, le nombre des étrangers s'installant en Islande a dépassé (concept d'immigration nette) de 20 000 celui des Islandais émigrant vers l'étranger.
Durant la période en cause, 55 000 islandais quittèrent leur pays, tandis que 47 700 y revenaient , soit un solde négatif de 7 300, c'est-à-dire l'équivalent de la population de fjords de l'Ouest. La récession qui frappa la nation au milieu de la décennie 90 entraîna un flux de partants vers les autres pays nordiques, où ils entraient sans difficulté ; À partir de 1994, toutefois, ils purent s'établir également dans le reste de l'Espace économique européen, où des investissements islandais se sont récemment multipliés avec des possibilités d'emploi pour les insulaires.
2005 vit l'expansion économique s'intensifier en Islande, asséchant le flux de candidat au départ.
MARIAGES ET DIVORCES EN 2006
Fin mai, l'Office des Statistiques a publié des informations rapides sur les mariages et les divorces en Islande en 2006.
1 681 couples (auxquels on ajoutera 13 contrats entre partenaires du même sexe, sortes de PACS) ont célébré leur union cette année-là, soit un taux de nuptialité de 0,55 % (faible, comme dans les autres pays nordiques). Les divorces se sont élevés à 498 (taux : 0,16 %, un taux moins élevé que dans les autres pays nordiques).
La plupart des couples en Islande (90 %) se marient après avoir vécu quelques années " maritalement " (" consensual union ") : ces " unions consensuelles " (" concubinages ") sont, le cas échéant, enregistrées au Registre National en tant que telles, sur demande des intéressés (1 749 en 2006).
Pour les premiers mariages, l'âge médian des partenaires est assez élevé : 33,9 ans pour les hommes et 31 pour les femmes, contre 21 et 19 dans les années (19)70.
L'ISLANDE ET LA SOCIÉTÉ DE L'INFORMATION
Le 25 mai, l'Office des Statistiques (www.statice.is) a publié une étude sur l'utilisation des technologies de l'information et de la communication et de l'Internet par les ménages et les particuliers. Cette étude (la sixième de l'espèce) fait suite à des recherches et sondages effectués en Islande préalablement.
Résultat le plus significatif : en 2007, 89 % des foyers islandais possèdent un ordinateur, et 84 % sont reliés à l'Internet. Le pourcentage des bénéficiaires d’une connexion haut débit (ADSL, etc.) est passé de 26 % en 2002 à 89 % en 2007. Environ 91 % des 16-74 ans utilisent ordinateur et Internet.
Les usages principaux demeurent la recherche d’informations et l’échange d’e-mails. En 2007, le commerce de biens et services sur Internet a enregistré de nouveaux progrès (actuellement concerne près de 32 % de la population des 16-74 ans). Les produits achetés sont principalement des services liés aux voyages, au tourisme, à l'hôtellerie.
Les Islandais sont de plus en plus demandeurs de liaisons interactives avec les services publics.
L'étude de l'Office analyse en détail la " consommation " islandaise de technologies de l'information : par âge, sexe, lieu de résidence, niveau d'instruction, niveau de revenu, activité professionnelle, type d'utilisation, etc.
* LA MOBILITE ENTRE GROUPES DE REVENUS
Le Site du Ministère des Finances (www.eng.fjarmalaraduneyti.is) publie, dans sa "Lettre hebdomadaire" du 31 mai, un article sur les "prétendues inégalités de revenus" qui selon certains s'accroîtraient en Islande. Il rappelle que, selon les études de l'organisme européen de statistiques Eurostat, l'Islande est le quatrième pays européen (sur 31), après la Slovénie, le Danemark et la Suède, où la répartition des revenus est la plus "égalitaire" ou la moins "inégalitaire. D'autres sources lui donnent la deuxième ou la troisième place. Par ailleurs, si l'on répartit la population insulaire en dix catégories ou déciles, selon le niveau de revenu (le premier décile correspondant au plus faible revenu, le dixième au plus élevé) on voit que, sur une période donnée, les Islandais sont relativement mobiles entre les "catégories" ainsi définies. Par exemple sur 100 personnes appartenant au premier décile en 2000, 21,8 % y restent en 2005, mais 23,1 % sont "montées" au second décile à cette date, 14,1 % au troisième, etc. Par ailleurs, la différence de revenus entre le premier et le dixième a relativement diminué.
Rien d'étonnant en partie : avec l'âge, les Islandais (comme toutes les autres personnes actives) gagnent plus ; en outre les progrès du niveau de vie sont constants. Mais il y a aussi un "élément" de "mobilité" et de "promotion individuelle" à souligner qui joue à plein chez ce peuple dynamique et entreprenant, et qui explique une "mobilité" assez forte.
LES ISLANDAIS DU DANEMARK
La même "Lettre hebdomadaire" du 31 mai du Ministère des Finances mai contient un court article, intéressant, sur les Islandais du Danemark, la plus importante "colonie" islandaise à l'étranger : 7800 personnes fin 2006.




