Bulletin mensuel
L´ACTUALITÉ ISLANDAISE EN JUILLET 2007
POLITIQUE INTÉRIEURE
* État de grâce pour le nouveau gouvernement
Le gouvernement de "grande coalition", constitué fin mai par Geir Haarde et rassemblant les Conservateurs du Parti de l'Indépendance et les Sociaux-démocrates de l'Alliance", bénéficie début juillet d'un "état de grâce" assez exceptionnel : 83 % des citoyens lui font confiance.
L'audience des différents partis islandais n'a pratiquement pas changé depuis les élections du 12 mai.
Parmi les engagements du gouvernement, celui de réduire sensiblement durant la législature les différences de salaires discriminant les femmes a été bien accueilli et beaucoup sont optimistes quant à sa réalisation.
* L'avenir du Parti du Progrès
Grand perdant des dernières élections législatives, passé de 12 à 8 élus (voir Bulletin de juin), le Parti du Progrès, dans l'opposition depuis la fin mai, n'a pas encore défini les voies de sa "reconstruction". Il survit sous la présidence de l'ancien ministre Gudni Agustsson -considéré comme "de gauche" et populaire dans le monde rural-, assisté d'une vice-Présidente, l'ancienne Ministre Valgerdur Sverrisdottir, influente dans le Nord-Est de l'île.
Certains misent sur sa disparition progressive. Tel semble le cas de nombre de cadres de l'"Alliance" sociale-démocrate, comme l'actuel ministre du Commerce Björgvin.G.Sigfusson. Ce dernier a récemment laissé entendre que, selon lui, le PP devrait, dans un délai de quatre à huit ans, se fondre progressivement dans un vaste ensemble social-démocrate, piloté par l'"Alliance".
Gudni Agustsson, en revanche, ne croit pas à cette forme de "bipolarisation". Il pense qu'entre une gauche socialiste et un rassemblement conservateur assez hétérogène, il y a place pour un centre autonome, même si sur certains points des convergences existent entre "Alliance "et PP. Le débat est loin d'être clos.
* Projets industriels : le point de vue de la ministre de l'Environnement
Dans une interview récente, la ministre (sociale-démocrate) de l'Environnement Thorunn Sveinbjarnardottir confirme ses propos de juin (voir Bulletin de juin) et se montre prudente concernant les deux ou trois projets d'usine d'aluminium, souvent mentionnés dans la presse et dont les préparatifs avaient commencé avant le changement de gouvernement. Les acteurs économiques -investisseurs, compagnies fournissant l'énergie- poursuivent ces préparatifs, les pouvoirs publics veillent au respect du cadre réglementaire, mais aucune décision n'est imminente. Lorsque ce travail préalable approchera de sa fin, le Gouvernement aura une vue d'ensemble des éventuelles décisions à prendre, et en particulier de leurs conséquences environnementales. Il pourra, entre autres, veiller au respect des règles relatives au plafond des émissions de gaz à effet de serre applicable après 2012. La Ministre souhaite que, dans ce domaine, son pays se montre à l'image des Norvégiens volontariste et ambitieux
Les acteurs économiques, pour elle, notamment ceux du secteur privé, doivent avoir à l'esprit que la politique du nouveau gouvernement, en matière de projets industriels à haute intensité énergétique (les "grands projets"), est sensiblement différente de celle de l'ancienne équipe. Il ne s'agit plus pour l'État de promouvoir systématiquement des usines d'aluminium, mais d'aménager l'espace selon une perspective réconciliant développement économique et préoccupations environnementales.
* Manifestations "anti-aluminium" dans le Sud-Ouest
La seconde quinzaine de juillet a vu l'association environnementaliste "Saving Iceland" (organisation militante -orientée à gauche ?- et disposant de relais à l'étranger, dans les pays anglo-saxons et nordiques et en Allemagne) prendre l'initiative de manifestations dans le Sud-Ouest urbanisé contre les usines d'aluminium existantes et en projet, notamment contre les unités en activité de Straumsvik et de Grundartangi et les groupes producteurs d'aluminium (Alcan, Century Auminium, Alcoa). Ces actions ont été l'occasion d'affrontements limités mais parfois violents avec les forces de l'ordre. Un petit nombre d'"opposants", parmi lesquels quelques "supporters" étrangers, ont été arrêtés.
Bien entendu, comme toujours en pareil cas, ces incidents sont diversement commentés. La majorité des Islandais réprouveraient ces manifestations et critiqueraient surtout la présence de "supporters" venus de l'extérieur (agitateurs patentés ou militants trop zélés ??). Seul le parti "Vinstri Graent" (gauche radicale) prend discrètement leur défense.
Rappelons que la production d'aluminium a atteint en 2006 326 000 tonnes, prenant une part appréciable dans le PIB de l'Île et sa balance des paiements (qu'elle contribue à rééquilibrer sur le moyen et le long terme). Avec la mise en service de la grande usine de l'Est (Reydarfjördur), elle devrait augmenter substantiellement en 2007 et 2008, à un moment où la réduction massive des quotas de cabillaud aura des effets négatifs et diminuera le PIB et les recettes en devises de l'Islande. Les environnementalistes "extrêmes" reconnaîtront-ils de ce fait des "avantages collatéraux" à la production d'aluminium, au moins sur le plan économique ?
POLITIQUE EXTÉRIEURE
* Voyage de Mme Ingibjörg Sólrún Gísladóttir, ministre des Affaires étrangères, en Afrique de l'Ouest
Du 27 juin au 4 juillet, Mme Ingibjörg Sólrún Gísladóttir, ministre des Affaires étrangères, s'est rendue à Accra, capitale du Ghana -Afrique de l'Ouest- où se tenait une réunion des États de l'Union africaine (ex-Organisation des États Africains). Elle à, à cette occasion, rencontré une vingtaine de dirigeants africains (chefs d'États, de gouvernement et ministres des affaires étrangères) et a évoqué les questions posées par le développement économique et social du continent, l'aide des pays avancés, y compris l'aide islandaise, les affaires liées à la protection de l'environnement et celles relatives à la sécurité.
La ministre a confirmé l'importance croissante accordée par son pays à ces délicats problèmes ainsi que les moyens, en progression constante, mis en ?uvre par Reykjavik en faveur de l'aide au développement (dans des domaines comme la géothermie, ou les pêcheries). Petit État ne risquant pas de vouloir interférer dans les affaires des pays aidés, ancienne colonie elle-même, sortie relativement récemment du sous-développement, l'Islande devrait inspirer confiance aux nations du Tiers-Monde. Elle espère d'ailleurs en recueillir des retombées positives sur sa candidature prochaine au Conseil de Sécurité de l'ONU. "Nous n'avons pas mauvaise conscience en raison de nos actions passées concernant l'Afrique" a souligné le chef de la diplomatie islandaise.
Parmi les interlocuteurs d'Ingibjörg Solrun, mention doit être faite de la Présidente du Libéria, Ellen Johnson-Sirleaf, qui attache un intérêt particulier à la promotion du rôle -moteur- des femmes dans les processus de développement. Elle a invité la dirigeante islandaise à une conférence sur la responsabilité des femmes africaines, organisée par elle au printemps 2009.
* Voyage de Mme Ingibjörg Sólrún Gísladóttir au Moyen-Orient (16-22 juillet)
Du 16 au 21 juillet, Mme Ingibjörg Sólrún Gísladóttir a effectué un voyage au Moyen-Orient, afin d'y appréhender plus directement les enjeux impliqués.
Elle s'est rendue d'abord en Israël, où, après une visite au plateau du Golan, région syrienne occupée par Israël depuis 1967, elle a rencontré son homologue israélienne, ainsi que le Ministre de la Défense et (le 17 juillet) le Président Shimon Peres. Ce dernier a estimé que la période actuelle était favorable à une relance du processus de paix. De ses conversations avec les Palestiniens Mahmoud Abbas et Salam Fayyad, le chef de la diplomatie islandaise a tiré une conclusion analogue.
S'il paraît exclu que l'Islande joue entre les deux parties en présence le rôle autrefois joué par la Norvège (une suggestion de Shimon Peres ?), Reykjavik espère pouvoir contribuer "à dose homéopathique" au rapprochement israélo-palestinien. Ce serait agir en faveur de la paix et de la sécurité mondiales, donc indirectement de la sécurité de l'Île, pour la Ministre.
Par la suite, celle-ci est allée en Jordanie, prenant de visu la mesure du problème douloureux des réfugiés irakiens (plusieurs centaines de milliers), et envisageant avec son collègue jordanien l'éventualité d'un accord commercial.
* Sécurité : exercices et man?uvres en août à Keflavik
Du 13 au 16 août 2007 des exercices et man?uvres multilatéraux, dans le cadre de l'OTAN, auront lieu sur la base (revenue à l'Islande depuis septembre) de Keflavik, comme au temps de la présence américaine. Les forces de nombreux pays, dont les Etats-Unis, y participeront, l'Islande étant maintenant le "pays hôte".
* Sécurité : le rôle de l'OTAN dans la surveillance de l'espace aérien islandais
La seconde quinzaine du mois a enregistré des progrès dans les discussions au sein de l'OTAN sur le système de surveillance de l'espace aérien islandais. Nous en parlerons dans notre prochain numéro.
* L'Islande et l'Union Européenne : une voix en faveur de l'adhésion ?
À la mi-juillet, le ministre du Commerce Björgvin G. Sigfusson a, dans une interview remarquée, repris certains des arguments naguère (avant la formation du nouveau gouvernement) mis en avant par son parti et notamment par Ingibjörg Sólrún Gísladóttir en faveur d'une adhésion à l'UE et surtout à la zone euro. L'avenir pour l'Île est là, selon lui. Il reconnaît que le programme du gouvernement ne comporte pas une telle orientation, mais cela n'interdit pas une libre discussion sur les enjeux en cause dans la question européenne. Pour Björgvin, le maintien de la couronne comme monnaie indépendante est un important facteur de déséquilibres pour l'économie insulaire. Son cours, à la merci des man?uvres spéculatives de groupes financiers étrangers, est soumis à des fluctuations excessives et injustifiées ruineuses pour certains secteurs et notamment pour diverses exportations. Quant à la politique des taux d'intérêt élevés pratiquée par la Banque Centrale pour lutter contre l'inflation, elle lui paraît discutable et peu efficace.
De son coté, la Ministre des Affaires sociales, Johanna Sigurdardottir, qui avait appartenu jusqu'en 1994 au vieux Parti social-démocrate et s'y était révélée plutôt tiède à l'égard de l'UE, se signale par une position prudente sur ce thème. Le jour venu, il sera utile de tester comment une négociation peut déboucher sur des solutions acceptables pour les pêcheries. Mais elle pressent que rien ne bougera durant l'actuelle législature.
ÉCONOMIE
* 6 JUIllet 2006 : PÊCHERIES : COUP DE TONNERRE : LE MINISTRE, SUIVANT L'AVIS DE L'Institut de Recherches marines DÉCIDE une réduction des "quotas de pêche", drastique pour le cabillaud
L’Institut de recherches marines avait, en juin, proposé au Ministre des Pêcheries une réduction des « totaux admissibles de capture » (TAC), donc des quotas de pêche, pour la campagne 2007-2008, pour plusieurs espèces particulièrement importantes : cabillaud, églefin, sébaste, etc.
La proposition la plus spectaculaire concernait le cabillaud. L'Institut recommandait que le TAC passe de 193 000 t. à 130 000 t. La raison invoquée par les scientifiques étaient l’état alarmant des stocks. Les experts souhaitaient que le TAC soit désormais fixé à 20 % du stock prélevable (poissons de 4 ans et plus), et non plus à 25 %, comme l'autorisent les textes en vigueur, dont l'application aurait, selon eux, des conséquences catastrophiques pour lesdits stocks à reconstituer (proches du minimum historique).
Le Ministre Einar K. Gudfinnson, membre influent du Parti de l'Indépendance, et élu de la région (sensible en matière de pêcheries) des fjords de l'Ouest, après avoir pensé temporiser, s'est résolu le 6 juillet à frapper un grand coup.
Les recommandations de l'Institut sont pratiquement suivies à la lettre, tant en ce qui concerne le montant des quotas que les règles les déterminant.
Pour le cabillaud, le coup est dur. Principale source de devises pour le pays (21,6 % de leur total en 2005), ses prises maximales passent à 130 000 tonnes, soit une réduction de 32,6 %.
L'églefin est légèrement "touché" : son quota diminue de 105 000 à 100 000 tonnes. Celui du colin ("lieu noir") de 80 000 à 75 000 tonnes.
À remarquer un relèvement du TAC de hareng "islandais" (d'été) de 130 000 à 150 000 tonnes, et une réduction, pour les crevettes passent de 7 555 tonnes à 7 000 tonnes.
Selon le Ministère des Finances, ces décisions réduiraient la croissance de 0,3 % en 2007 et de 0,5 % en 2008. Elles n'affecteraient pas le chômage en 2007, mais le majoreraient de 0,5 % par la suite (dans la pêche mais aussi dans les usines de transformation du poisson, où travaillent de plus en plus d'étrangers). Sans effet sur l'inflation, elles augmenteraient le déficit de la balance courante de 0,5 % du PIB.
Certains analystes des banques sont néanmoins plus pessimistes : le PIB pourrait chuter de 1 % en 2008 et les exportations de 15 à 20 milliards.
Le plus grave problème auquel les Islandais devront répondre est le suivant : comment venir en aide aux communautés locales (villages) qui dépendent très fortement de la pêche - et dont elle peut à la limite constituer l'unique ressource- lourdement affectées par une décision visant à assurer, dans une optique de "développement durable", la sauvegarde de ressources naturelles essentielles ?
On attend des gestes efficaces du secteur bancaire, appelé à la rescousse par les responsables gouvernementaux.
Les décisions du Ministre des Pêcheries ont, peu après, fait l'objet d'une conférence de presse du chef du gouvernement Geir Haarde, les commentant et leur apportant un soutien sans réserve. La présidente de l'"Alliance" sociale-démocrate (membre de la coalition au pouvoir) Ingibjörg Sólrún Gísladóttir, ministre des Affaires étrangères, a, de son coté, fait part de l'approbation complète de sa formation. L'opposition "Gauche Verte" et "Libérale", elle, met en cause l'imprévoyance des gouvernements successifs. Le Parti du progrès (centre) critique le manque de dialogue avec les professionnels concernés.
* 4 JUILLET : LUTTE CONTRE L'INFLATION. LA MINISTRE DES AFFAIRES SOCIALES RÉDUIT LES PRETS DU Fonds de financement du logement
Le FMI l'avait souligné dans son Rapport annuel de juin 2006 (voir "Bulletin" de juin) : le Fonds de financement du logement qui a, ces dernières années, pratiqué une concurrence acharnée et malsaine avec les banques pour le financement de l'habitat, a alimenté les tensions inflationnistes. Il a en outre contrecarré l'efficacité de la politique de relèvement des taux d'intérêt mise en ?uvre par la Banque Centrale, du fait de ses nombreux prêts à conditions très privilégiées,
Le FMI recommandait de limiter l'action du Fonds, et notamment le montant maximum de ses crédits.
Un premier pas a été franchi le 4 juillet par Johanna Sigurdardottir, Ministre des affaires sociales. Les prêts attribués ne devront pas dépasser 80 % de la valeur du logement acheté (ou du coût de sa construction) au lieu de 90 % auparavant.
Certains s'en réjouissent ; d'autres, sceptiques, trouvent la mesure insuffisante.
* POLITIQUE MONETAIRE : LA BANQUE CENTRALE MAINTIENT SES TAUX D’INTERET INCHANGES. LA LUTTE CONTRE L’INFLATION CONTINUE
La Banque Centrale, le 5 juillet, a décidé, de maintenir ses taux d’intérêt inchangés. Le taux de base reste donc à 14, 25 % (13, 3 % selon un autre mode de présentation), comme il avait été fixé fin décembre 2006 et confirmé depuis lors
L’Institut d’émission a en effet constaté une accalmie sur le front de l’inflation. De nombreuses incertitudes subsistant concernant l’évolution à venir des prix, la Banque tiendra, le 6 septembre, une nouvelle réunion sur le sujet.
Pour elle, la lutte contre l’inflation demeure un impératif national et elle passe nécessairement par la limitation du crédit. Sur ce terrain, des points ont été marqués, mais ne sont pas définitivement acquis. D’où la politique prudente de la Banque, qui remplit la tâche qui lui est confiée par la loi, et joue avec le maximum de flexibilité et de finesse sa partition dans la définition de la politique économique nationale.
Le Gouverneur David Oddsson a, à l'occasion, déclaré prudemment qu'il espérait toujours voir les taux d'intérêt baisser dans un avenir rapproché, si les pressions inflationnistes diminuent ; la situation inverse n'étant évidemment pas exclue. Il s'est félicité de la récente décision de la Ministre des affaires sociales concernant le Fonds de financement du logement (voir ci-dessus). S'agissant de la réduction imminente des quotas de pêche et de ses éventuelles conséquences économiques, la Banque les commentera ultérieurement.
Il a de nouveau mis en garde les ménages et les banques contre les risques que comportent les emprunts en devises étrangères, en cas de détérioration du cours de la couronne et du taux de change. Les emprunteurs n'ayant pas "les reins solides" pourraient être vulnérables sur le court terme.
Enfin, il a souligné combien la surchauffe sur le marché immobilier, génératrice d'un volume excessif d'emprunts, était potentiellement inflationniste, rappelant aux organismes de crédit leur devoir de prudence.
Bien entendu, David Oddsson a mentionné avec insistance toute l'importance qu'avait, dans la lutte conte l'inflation, la conduite par le gouvernement d'une politique budgétaire restrictive, cela dans la perspective de la préparation par le nouveau cabinet du budget pour 2008.
* LA PECHE ISLANDAISE EN 2006
L'Office des Statistiques (www.statice.is) vient de sortir une étude complète (fichier pdf de 52 pages en islandais, téléchargeable sur le site, avec résumé et très nombreux tableaux statistiques en anglais) sur les pêcheries en 2006.
Le total des tonnages pêchés, toutes espèces confondues, en 2006, s’est élevé à 1 323 000 tonnes, soit 346 000 de moins qu’en 2005 (1 669 000 tonnes), la valeur "première vente" de ces prises avoisinant 76 milliards de couronnes (12,1 % de plus qu'en 2005). Les plus grosses quantités ont été réalisées dans l'Est (poissons pélagiques).
La transformation du poisson a été effectuée principalement dans la région de la capitale : salage de la morue, et congélation dans des usines spécialisées pour l'églefin.
* LE COUT DES PRODUITS ALIMENTAIRES DANS L'ÎLE
Selon une enquête européenne réalisée au printemps 2007, et publiée sur son site en anglais par l'Office des Statistiques (www.statice.is), l'Islande détient dans l'Espace économique européen un record que personne ne cherche à lui disputer : celui de la cherté des produits alimentaires et des boissons. Elle dépasse de 61 % la moyenne de l'Union européenne, tandis que la Norvège la suit avec un 56 %. Le Danemark excède cette moyenne de 39 %, alors que Suède et Finlande (arrimés à l'euro) ne se signalent que par un "modeste" +20 %.
Entre 2006 et 2007 le "handicap" islandais s'est quelque peu réduit, du fait de la baisse des prix imputable a la diminution du taux de TVA sur les produits en cause et de l'appréciation de la couronne. Le "surcoût " serait tombé à 57 %.
* Liaisons avec les iles Vestmann
Le Ministre des transports vient d'annoncer qu'en raison de son coût trop élevé, le gouvernement renonçait à construire le tunnel envisagé entre le Sud de l'Islande et les Îles Vestmann. Ses efforts viseront à améliorer sensiblement le transport par ferries.
SOCIÉTÉ
* CINÉMA : UNE NOUVELLE RÉCOMPENSE POUR LE CINÉMA ISLANDAIS ET LE METTEUR EN SCÈNE BALTASAR KORMAKUR
À la mi-juillet, le Festival international du film de Karlovy Vary -en République tchèque- (un des plus réputés de la planète) a remis ses récompenses annuelles et, à cette occasion, a honoré un film islandais parmi les quatorze long-métrages sélectionnés pour la compétition principale.
Il s'agit du film "Jar City" (Mýrin) réalisé par le talentueux metteur en scène Baltasar Kormákur (auteur, entre autres, de "101 Reykjavik", de "The sea" et, récemment, de "A little trip to heaven", tous couverts de distinctions). "Jar City" a reçu la récompense suprême de la manifestation, le "grand prix" attribué au meilleur film de la sélection.
Ce "thriller" a été adapté en 2006 du "polar" -best-seller international- d'Arnaldur Indridason, édité en 2005 en français sous le titre "La cité des jarres" (Éditions Métailie). Depuis quelques années, le roman comme le film accumulent prix, récompenses et distinctions de par le monde. Un auteur "noir" et un metteur en scène qui, l'un et l'autre, suivent la route de Björk, Sigur Rós, et quelques autres, pour faire triompher la culture islandaise contemporaine aux quatre coins du globe...
Au festival de Karlovy Vary, étaient également présents (dans diverses sections), trois autres films islandais de bonne qualité : le court métrage "Anna" de Helena Stefánsdottir, et le dyptique de Ragnar Bragason : "Parents" (Foreldrar) et "Children" (Börn), qui reçurent un accueil chaleureux. Ces derniers sont déjà des lauréats "multirécidivistes" de multiples compétitions cinématographiques (Pusan, San Sebastien, etc). Le cinéma islandais se porte bien.
À signaler : le film de Baltasar Kormakur et ceux de Ragnar Bragason sont profondément enracinés dans la société islandaise d'aujourd'hui. Avec le premier, l'importance de la recherche génétique dans cette micro-société, et notamment les travaux et la base de données de la Société de CODE, sont un élément important de l'intrigue policière. Dans les seconds, "pataquès" et autres imbroglios créés par les mariages et divorces multiples, -et la "recomposition" des familles-, n'en finissent plus. Cela dans un quartier de la capitale, où tout le monde se connaît et se rencontre. Autant de rebondissements, où le tragique, voire le crime, succède au quiproquo hilarant. Du cinéma de qualité accessible au grand public.




