Bulletin mensuel
L´ACTUALITÉ ISLANDAISE EN SEPTEMBRE 2007
Yfirlit
POLITIQUE INTÉRIEURE
Les vues de Ingibjörg Solrun Gisladottir, Présidente de l'"Alliance" (sociale-démocrate)
Mme Ingibjörg Solrun Gisladottir, Présidente de l'"Alliance" (sociale-démocrate) et Ministre des affaires étrangères du gouvernement de "grande coalition" (associant depuis mai, sous la direction de M. Geir Harde, Conservateurs et Sociaux-Démocrates), a prononcé le 22 septembre 2007, devant le Comité Central de son parti, une allocution de politique générale. Elle a mis en cause le gouvernement précédent (Conservateurs et Parti du Progrès) qui avait "programmé des dépenses" s'étalant au-delà des élections, lié ainsi les mains de l'actuel cabinet et restreint sa liberté de choix en matière économique et financière. Ce dernier pouvait difficilement à la fois réaliser ses propres objectifs et assumer des dépenses décidées par son prédécesseur.
La présidente a par ailleurs marqué son intérêt pour une nouvelle législation des ressources naturelles, qui tiendrait compte de leur caractère de "ressource commune de la collectivité nationale" (une vieille idée des sociaux-démocrates).
Elle s'est prononcée pour une concurrence accrue dans le secteur de l'énergie (production et ventes).
Elle a enfin marqué son opposition à la politique monétaire de la Banque Centrale caractérisée par des taux d'intérêt jugés trop élevés, et, selon elle, par une analyse incorrecte des tensions inflationnistes (voir rubrique "Économie")
Les femmes islandaises penchent-elles à gauche ?
Un politologue de l'Université d'Islande, Einar Mar Thodarson, s'appuyant sur des enquêtes consacrées aux dernières élections législatives (mai 2007), note que 53 % des femmes auraient voté pour la gauche ("Alliance" sociale-démocrate et "Gauche Verte") contre 35 % des électeurs masculins. En 1983, les pourcentages étaient respectivement de 43 et 42 %. Selon les travaux du Doyen Olafur Th. Hardarson, le "différentiel" n'a cessé de croître au cours des 24 dernières années.
Plusieurs raisons sont mises en avant pour expliquer le "record" de 2007 : a) l'attachement particulier des électrices à l'Etat Providence et au contenu "social" des programmes en présence : elles sont plus directement concernées par le budget familial et l'éducation des enfants ; b) l'accent mis par la gauche sur l'"égalité des droits" et la lutte contre les "discriminations" affectant les femmes dans la vie professionnelle ; c) le grand intérêt que portent nombre d'électrices à la protection de l'environnement. C'était un thème de campagne favori de la gauche, et particulièrement de la "Gauche Verte".
Nouvelles violations de l'espace aérien islandais par des bombardiers russes
Au début de septembre (comme cela avait été le cas dans la seconde quinzaine d'août, cf. "Bulletin" d'août 2007), des bombardiers russes pénétrèrent dans l'espace aérien islandais au large de Höfn (sud-est du pays). Les radars islandais le notèrent, mais également des chasseurs britanniques et norvégiens équipés de radars. Comme on le sait, le président Poutine avait en août décidé de reprendre sur une vaste échelle les missions des bombardiers hors du territoire national.
Dans le cas de l'"incident" islandais, la Ministre Ingibjörg Solrun reçut les explications de l'Ambassadeur russe, et les deux interlocuteurs minimisèrent l'affaire, qui ne concerne que marginalement l'Islande mais se rattache à l'évolution présente des relations Russie-OTAN.
Une autre "violation" a été enregistrée le 20 septembre.
Les problèmes de sécurité et de défense : les vues de Mme Ingibjörg Solrun Gisladottir, Ministre des affaires étrangères (29 août 2007)
Mme Ingibjörg Solrun Gisladottir, Ministre des affaires étrangères, et Présidente de l'"Alliance" (sociale-démocrate) a prononcé le 29 août 2007, lors d'un colloque international nordique ("Race to North Pole"), tenu sous les auspices de l'OTAN, une importante allocution. Elle a donné une synthèse des problèmes de sécurité et de défense, telle qu'elle les appréciait à la suite de la constitution -en mai- du nouveau gouvernement islandais et à la lumière des man?uvres militaires de l'OTAN en Islande -en août- (voir Bulletin d'août 2007).
Avant tout, la Ministre entend définir une politique de sécurité nouvelle, tenant compte du retrait américain de septembre 2006, de l'accord islando-américain d'octobre 2006, et de l'appartenance du pays à l'OTAN, aux activités de laquelle Reykjavik entend contribuer de plus en plus. L'Islande, par ailleurs, depuis octobre 2006, déploie des efforts accrus pour sa propre défense (hélicoptères de sauvetage, renforcement des Garde-Côtes, établissement d'une structure spécialisée de la sécurité nationale), sous l'égide du Ministère de la Justice faisant fonction dans l'Île de Ministère de l'Intérieur. Enfin, Washington lui a rétrocédé le 15 août la "Radar Agency", en charge des stations radars, indispensables à la surveillance de l'espace aérien islandais. Leurs "fonctionnalités" sont multiples en temps de paix, principalement pour le contrôle du trafic aérien, mais également au sein de l'OTAN en coordination avec le système de défense de l'Europe (ce point fait l'objet de discussions avec l'OTAN. Voir Bulletin d'août 2007)
Mais avant de mettre au point cette politique nouvelle, Ingibjörg Solrun a décidé de faire dresser un état approfondi des menaces pesant sur le pays. Responsable désormais de sa sécurité (tâche dévolue auparavant aux Américains), la nation -par la voie du Parlement- doit prendre les décisions adéquates en pleine connaissance de cause des atteintes dont sa souveraineté pourrait être l'objet. Il en découle, pour le Ministère des affaires étrangères, une tâche préalable et essentielle d'analyse des dangers menaçant l'Île. Cette tâche, bien qu'entreprise par le précédent gouvernement (voir "Bulletin de janvier" et discours -en date du 18 janvier- de la précédente ministre, Valgerdur Sverrisdottir), n'avait pu être menée à son terme, et Ingibjörg Solrun lui donne une priorité absolue.
D’une manière plus générale, la Ministre veut accroître la « transparence » de la politique nationale de sécurité. Les relations de son Département avec le Parlement, et notamment avec la Commission des Affaires étrangères, seront intensifiées, ainsi que les débats se rapportant à la défense.
Pour éclairer les débats, il semble indispensable de se livrer, au-delà des clivages politiques, à un effort approfondi de réflexion prospective. Pourquoi ne pas créer à cet effet, comme de nombreux pays l’ont fait, un « Centre de recherche des affaires de sécurité et de défense », associant les décideurs politiques, les chercheurs de l’Université, et d’autres experts ? Par ailleurs, la mise sur pied d'un forum consultatif pour les partis politiques paraît opportune à Ingibjörg Solrun à brève échéance.
Le gouvernement n’entend, évidemment, pas créer une « armée islandaise ». Comme l'avait fait, quelques mois auparavant, son prédécesseur Valgerdur Sverrisdottir, la nouvelle ministre insiste sur ce point et tient à rassurer ses compatriotes attachés de longue date à un idéal pacifiste.
Ingibjörg Solrun Gisladottir, Ministre des affaires étrangères et l'Irak
Ingibjörg Solrun Gisladottir a voulu a posteriori marquer sa désapprobation de l'appui donné par son pays aux Américains lors de l'invasion de l'Irak en 2003. Ainsi elle a symboliquement rappelé de Bagdad un Islandais participant indirectement aux opérations de formation de cadres militaires irakiens conduites par l'OTAN. Ce geste a fait l'objet d'une prise de distance du Premier ministre, qui, ne contestant pas la compétence en la matière de sa Ministre, a indiqué qu'il n'aurait pas pris une telle décision. La Ministre n'entend pas, pour autant, mettre fin à l'assistance apportée par Reykjavik à la reconstruction de l'Irak et a annoncé diverses initiatives visant à développer sa contribution à des opérations humanitaires.
Le général américain J. Craddock, du SACEUR de l'OTAN, visitant l'Islande début septembre, a regretté la décision de rappel, tout en "en comprenant les motivations". Il s'est félicité par ailleurs de l'action de Reykjavik en Afghanistan, que Ingibjörg Solrun ne remet pas en cause, les fondements juridiques de la présence islandaise lui paraissant très différents dans les deux pays.
Symposium à l'Université d'Islande (7 septembre 2007) sur le thème "L'Islande dans un monde élargi : opportunités et responsabilités"
Un symposium s'est tenu à l'Université d'Islande le 7 septembre 2007 sur le thème "L'Islande dans un monde élargi : opportunités et responsabilités". C'est la première d'une série de rencontres qui doivent se tenir tout au long de l'année universitaire 2007-2008 et seront consacrées à la politique internationale vue de Reykjavik. Y participeront nombres d'experts et de membres de la communauté universitaire (historiens, politistes, économistes, juristes, etc.).
Pour cette rencontre "inaugurale", le Premier Ministre Geir Harde et Mme Ingibjörg Solrun Gisladottir, ministre des affaires étrangères, ont prononcé deux conférences ayant respectivement pour objet "La place de l'Islande dans la communauté des nations" et "La coopération internationale au XXIe siècle et le Conseil de Sécurité des Nations Unies". Nous en retraçons un bref résumé ci-dessous (texte en anglais sur le site Internet des Affaires étrangères (www.mfa.is).
Symposium à l'Université d'Islande (7 septembre 2007). L'intervention du Premier ministre
Ouvrant le débat, le Premier ministre constate que, dans un peu plus d'un an, un vote important aura lieu aux Nations Unies. La 63e session de l’Assemblée Générale -suivant ses procédures habituelles- élira, pour la période 2009-2010, un représentant "non permanent" au Conseil de Sécurité, au titre des "États d'Europe occidentale et autres États" L’Islande a, il y a quelques années, posé, pour la première fois, sa candidature, avec le soutien des autres pays nordiques. Elle est en compétition avec l'Autriche et la Turquie.
Bien entendu le résultat est incertain. L'Islande, par ailleurs, ne peut consacrer à la préparation de ce scrutin (à sa "campagne", donc) que des moyens humains et financiers limités. Elle estime cependant être en mesure d'occuper ce siège dans des conditions convenables. C'est ce que le chef du gouvernement tenait à souligner le 7 septembre
Selon Geir, la candidature en cause est le point d'aboutissement d'un long processus. L'Île, -relativement repliée sur elle-même au lendemain de son indépendance (1944) et confiant sa sécurité et sa défense à ses Alliés occidentaux, puis retrouvant la pleine souveraineté sur "son propre jardin" (ses eaux territoriales)- s'est ouverte de plus en plus sur le monde extérieur, à la faveur surtout de la détente qui a suivi la fin de la guerre froide. Elle a été amenée, ainsi, à exercer sur le plan international des responsabilités de plus en plus lourdes, à un moment où la défense de ses intérêts nationaux revêtait des formes fort complexes et impliquait, dans un monde en constante transformation, des relations extérieures diversifiées et intensifiées.
Dans ce contexte, l'Islande a, en 1998, pour la première fois depuis 1946, postulé à un siège au Conseil de Sécurité. Ce n'est pas là un geste inspiré par la vanité, voire l'arrogance. Il s'agit plutôt de rejeter un isolationnisme qui reviendrait à nier les indispensables solidarités entre nations et/ou à s'avouer, faute de la taille ou de la compétence suffisantes, impuissant face aux défis de la planète et aux remèdes à promouvoir...
Les très petits États peuvent apporter quelque chose sous ce rapport. L'Islande entend, d'ici septembre 2008, prouver qu'elle en a la volonté, et certains des moyens.
Pour conclure, Geir Haarde a, se référant à la "Déclaration gouvernementale" du 26 septembre 2006, qui suivait le retrait des forces américaines (voir "Bulletin" de septembre 2006) et à la "Déclaration" du 23 mai 2007 fixant le programme de législature de son gouvernement (voir "Bulletin" de mai), insisté sur deux initiatives en préparation : créer, comme de nombreux pays l’ont fait, un « Centre de recherche des affaires de sécurité et de défense », associant les décideurs politiques, les chercheurs de l’Université, et d’autres experts (cf. supra) ; et mettre sur pied un forum consultatif pour les partis politiques.
Symposium à l'Université d'Islande (7 septembre 2007). L'intervention de la ministre des affaires étrangères Ingibjörg Solrun Gisladottir
Succédant au Premier ministre, la ministre Ingibjörg Solrun Gisladottir a montré comment le rôle des petits États au sein du Conseil de Sécurité avait été rendu plus aisé et plus efficace par la fin de la division du monde en deux blocs. Désormais, l'affrontement simpliste des deux "Grands" a fait place à des situations beaucoup plus complexes et volatiles. L'origine et la nature des conflits qui dévastent la planète sont à rechercher dans des causes multiples et enchevêtrées. La prévention des affrontements, tout comme la gestion des crises, passent par une panoplie de remèdes permettant de faire reculer les atteintes à l'environnement, la pauvreté, les divisions ethniques. Il faut avant tout assurer plus fermement le développement durable de sociétés au bord de l'effondrement.
Dans la mesure où les changements climatiques constituent une menace terrifiante pour les zones les plus pauvres de la planète, l'Islande, grâce à sa maîtrise des énergies renouvelables et à son savoir-faire, est en mesure de promouvoir des solutions concrètes aux défis énergétiques générateurs de risques et de conflits dans les zones en question.
Petit État ne souhaitant pas interférer dans les affaires des pays aidés, ancienne colonie elle-même, sortie relativement récemment du sous-développement, l'Islande devrait inspirer confiance. Sa propre réussite est, en outre, un message d'espoir.
Voyages officiels du Premier ministre Geir Haarde
En septembre, le chef du gouvernement a effectué deux voyages officiels. Du 12 au 14 il s'est rendu en Irlande, s'attachant à développer les échanges et la collaboration déjà existante notamment sur le plan économique. Puis du 17 au 19, il a visité le Monténégro, dont Reykjavik avait été le premier État à reconnaître l'indépendance. Des pistes devraient s'ouvrir pour une éventuelle coopération.
Visite à Bruxelles de la ministre des affaires étrangères Ingibjörg Solrun Gisladottir (17 et 18 septembre)
Au cours d'une visite à Bruxelles (17 et 18 septembre), la ministre des affaires étrangères Ingibjörg Solrun Gisladottir a rencontré, dans le cadre d'échanges d'information, divers membres de la Commission de l'Union Européenne (Javier Solana, Louis Michel, Oli Rehn, etc). L'ensemble des problèmes relatifs aux relations entre l'Île et l'UE a été examiné.
Par ailleurs elle s'est entretenue avec le Secrétaire Général de l'OTAN, Japp de Hoop Scheffer. Au menu : la participation de Reykjavik aux activités de l'Organisation et l'évolution en cours des questions concernant la sécurité et la défense de l'Islande et de la zone avoisinante.
La ministre des affaires étrangères à l'AGNU à New-York (25-29 septembre)
Le 25 septembre et les jours suivants, Mme Ingibjörg Solrun Gisladottir a participé aux travaux de la 62e Assemblée Générale des Nations Unies à New York, où elle représentait l’Islande.
Nous en reparlerons dans le "Bulletin" d'octobre.
ÉCONOMIE
DES MESURES POUR LES PECHERIES, SUITE À LA BAISSE DRASTIQUE DES QUOTAS DE CABILLAUD
Selon un communiqué du Ministère des Finances en date du 18 septembre -téléchargeable sur le site du Ministère : www.eng.fjarmalaraduneyti.is- des mesures viennent d'être prises en faveur des pêcheries, suite à la réduction drastique des quotas de cabillaud, décidée le 6 juillet ("Bulletin" de juillet). Le total des captures autorisées (TAC) avait été diminué de 193 000 t. à 130 000 t. (-32,6 %) en raison de l’état alarmant des stocks.
Le plus grave problème auquel les Islandais devaient répondre était le suivant : comment venir en aide aux communautés locales (villages) qui dépendent très fortement de la pêche -et dont elle peut à la limite constituer l'unique ressource- lourdement affectées par une décision visant à assurer, dans une optique de "développement durable", la sauvegarde de ressources naturelles essentielles ?
Les récentes mesures financières, qui seront complétées ultérieurement, ont été prises à la suite de consultations de l'Institut du développement régional avec les associations et collectivités locales et de nombreux professionnels de la pêche.
De ces consultations sont ressorties les conclusions suivantes : 1) il semble peu vraisemblable qu'un chômage de masse frappe, dans les mois à venir, les pêcheurs proprement dits ou les travailleurs des industries de transformation ; 2) beaucoup d'entreprises attendront l'année suivante pour dresser un bilan de leurs opérations. Les entrepreneurs retarderont le plus longtemps possible licenciements et mises en chômage technique ; 3) des interruptions d'activité, plus précoces et plus longues que par le passé, sont néanmoins à prévoir pour des navires de pêche aussi bien que pour des usines de transformation.
Les mesures décidées sont de différentes natures : 1) pour les travailleurs frappés par le chômage, on s'efforcera de créer rapidement des emplois, et de mettre en place des formations adéquates ; 2) en direction des entreprises, des soutiens sont envisagés, de la part de l'Institut du développement régional, en liaison avec le secteur bancaire ; 3) les collectivités locales, qui ne pourront réduire leurs dépenses en proportion des pertes de recettes intervenues suite à la baisse de l'activité, seront, le cas échéant, assistées par le Trésor public.
Une enveloppe globale de 6,5 milliards de couronnes est prévue, pour ces diverses actions, pour les trois années à venir.
En outre, des investissements publics dans les communications, qui avaient été programmés pour une réalisation après 2010, seront avancés et mis en ?uvre, à hauteur de 4 milliards de couronnes, pendant les années 2008-2010.
Ce sont donc environ 11 milliards de couronnes que le gouvernement affecte à la lutte contre les effets négatifs de la réduction des quotas. Un échéancier précis des engagements est d'ailleurs rendu public.
Ce plan se justifie d'autant plus que la réduction des quotas, décidée en juillet, devrait permettre à terme la reconstitution des stocks de cabillaud, donc des captures ultérieures plus abondantes, et un "rebond" de l'économie de la pêche.
Les recettes du Trésor
Selon la lettre d'informations du Ministère des Finances -téléchargeable sur le site du Ministère : www.eng.fjarmalaraduneyti.is- en date du 6 septembre, les ressources totales du Trésor s'établissaient en 2006 à 377 milliards de couronnes (Un euro vaut actuellement environ 90 couronnes).
A) Les impôts sur les biens et les services comptaient alors pour 186 milliards (soit 49 % du total environ, contre 51 % en 2003 et 2004). Parmi eux, les recettes en provenance de la TVA égalaient 135 milliards, ou 35 % du total général des ressources. Les droits d'accise représentaient 11,5 % de ce total, alors que les autres taxes sur la consommation ne dépassaient pas 2 % (4 % en 2004).
B) Les ressources en provenance des impôts sur le revenu (revenus des personnes physiques et des sociétés, et revenus du capital) ont approché en 2006 138 milliards, ou près de 37 % des recettes de trésorerie. Dans ce groupe, la fiscalité sur les revenus des personnes physiques a contribué pour 81 milliards. La somme en cause constitue (comme en 2005) 21,5 % des recettes totales, proportion inférieure à celle -24 %- de 2003 et 2004. Cela, en raison des baisses d'impôts décidées entre temps. Le "manque à gagner "pour le Trésor a été compensé par les bonnes rentrées enregistrées au titre de l'impôt sur les bénéfices des sociétés (spécialement du secteur financier), gonflés alors par la croissance économique.
C) Les contributions pour la Sécurité Sociale, avec 38,4 % de milliards en 2006, comptent pour un peu moins de 10 % des ressources du Trésor, pourcentage stable au cours des récentes années.
D) Les prélèvements sur le capital sont en baisse depuis quelques années. L'impôt sur la fortune a été supprimé. Subsistent les droits de timbre sur les transactions, et l'impôt sur les successions.
Ce sous-ensemble ne forme plus en 2006 que 2,3 % des ressources du Trésor contre quelque 4 % vers 2003.
POLITIQUE MONETAIRE : LA BANQUE CENTRALE MAINTIENT SES TAUX D’INTERET INCHANGES. LA LUTTE CONTRE L’INFLATION CONTINUE
La Banque Centrale, le 6 septembre, a décidé, de maintenir ses taux d’intérêt inchangés. Le taux de base reste donc à 14, 25 % (13, 3 % selon un autre mode de présentation), comme il avait été fixé fin décembre 2006 et confirmé depuis lors
L’Institut d’émission a en effet constaté une accalmie sur le front de l’inflation. Mais les perspectives pour la fin de l'année sont incertaines. Par ailleurs, le taux de change de la couronne est volatile et devrait le rester quelque temps. Sur les marchés financiers internationaux, les récentes évolutions posent de nombreuses interrogations. Dans ces conditions, la Banque tiendra, le 1er novembre, une nouvelle réunion sur le sujet.
Pour elle, la lutte contre l’inflation demeure un impératif national et elle passe nécessairement par la limitation du crédit. Sur ce terrain, des points ont été marqués, mais ne sont pas définitivement acquis. Des tensions persistent sur certains marchés de biens, sur le marché du travail et celui de l'immobilier.
Le Gouverneur David Oddsson a, à l'occasion, lors d'une conférence de presse, rappelé que l'adhésion à l'euro, soutenue par divers milieux d'affaires, quelques "politiciens" ou experts ne recueillait pas l'approbation de la Banque.
Il a défendu sa politique des taux d'intérêt, même si d'aucuns souhaitaient une baisse très prochaine et si le FMI envisageait un relèvement éventuel.
S'agissant de la réduction récente (juillet) des quotas de pêche et de ses éventuelles conséquences économiques, la Banque les commentera ultérieurement. Il préconise évidemment une grande prudence dans les mesures budgétaires susceptibles d'être adoptées en faveur de la branche concernée.
Le Gouverneur, finalement, n'a pas souhaité entrer dans le débat concernant la "surévaluation" de la couronne et son niveau précis, compte tenu des fluctuations incessantes de son cours, et de sa tendance récente à la baisse.
Note de la Rédaction : La politique monétaire de la Banque, telle que réaffirmée par son Gouverneur, a, dans les semaines suivantes, été contestée par divers banquiers islandais. Ils soulignent la nécessité de briser le cercle vicieux "taux d'intérêt élevés - fluctuations excessives de la couronne". Ils adjurent la BC de renoncer à sa politique de "taux excessifs".
Dans les milieux patronaux, des remarques analogues ont été exprimées.
Le 22 septembre, enfin, Mme Ingibjörg Solrun Gisladottir, Présidente de l'"Alliance" (sociale-démocrate) et Ministre des affaires étrangères, a marqué son opposition à cette politique (voir supra). Interrogé sur ces propos, le Premier ministre s'est prudemment interdit de les commenter.
La croissance en 2006
L'Office des Statistiques (www.statice.is) vient, le 12 septembre, de publier quelques données sur la croissance économique en Islande en 2006. Le PIB s'établissait à 1 163 milliards de couronnes, soit, en termes réels, une augmentation de 4, 2 % sur 2005 (où la croissance avait été de 7,1 %).
La consommation des ménages a progressé de 4,4 % ; l'investissement brut de 19,8 % ; les exportations ont reculé de 5,1 % ; les importations se sont accrues de 10,1 %.
Le déficit de la balance courante, égal à 296 milliards de couronnes, représentait 25,5 % du PIB : un record (16 % en 2005). On sait qu'il diminuera en 2007, 2008 et 2009.
LA FISCALITÉ PÉTROLIÈRE EN ISLANDE
Dans sa " Lettre hebdomadaire " en date du 27 septembre, le Ministère des Finances donne quelques indications sur la fiscalité pétrolière en Islande.
Celle-ci est, comme dans la plupart des États, justifiée par de multiples raisons. Tout d'abord, faire payer l'accès des usagers au réseau routier et à ses avantages, et contribuer à la construction et à la maintenance de ce réseau. Ensuite, compenser la prise en charge de divers dommages (certains accidents, les effets de pollutions sonores et atmosphériques, etc.)par la collectivité publique. Enfin, aider à limiter les émissions de gaz à effet de serre et promouvoir, par ce moyen, les conditions d'un développement durable.
Selon les statistiques fournies principalement par l'Agence Internationale de l'Énergie (sauf pour l'Islande), la part de la fiscalité pétrolière dans le prix des carburants à la pompe est, pour l'Île, dans la moyenne des pays développés. Elle représentait en août 2007, un peu plus de 50 % de ce prix. C'est beaucoup plus qu'aux Etats-Unis, où elle avoisine 15% , et qu'au Canada (30 %). C'est nettement moins lourd qu'en France (approximativement 65 %), en Allemagne et surtout au Royaume-Uni (plus de 65 %).
Le Ministère rappelle que des réformes sont en cours, visant, dans une optique environnementaliste, à accroître, grâce à l'arme de la taxation, la lutte contre le changement climatique et également à favoriser le recours à des véhicules "écologiques".
LES FONDS DE PENSIONS EN ISLANDE
Dans la même " Lettre" du 27 septembre, le Ministère des Finances souligne le prodigieux essor des fonds de pension, élément fondamental du système des retraites dans l'Île. Leurs actifs sont passés, entre 1997 et 2006, de 510 milliards de couronnes à 1500 milliards, soit une progression de 194 %. Durant la même période, les paiements effectués par ces fonds se sont gonflés de 123,5 % (de 17,9 à 40 milliards de couronnes). Parallèlement on notait un accroissement de la "charge nette" des fonds (rapport des paiements aux ressources).
Cette évolution a plusieurs raisons : l'augmentation du nombre des adhérents ; l'amélioration constante des droits des pensionnés ; le fait que les retraites versées progressent plus rapidement que l'inflation.
Dans ce contexte, les prestations bénéficiant aux handicapés ont enregistré une hausse significative (globalement et par bénéficiaire), et constituent une part croissante des versements des fonds.
ÂGE ET NIVEAU D'ÉDUCATION DES AGENTS PUBLICS
Selon la lettre d'information du Ministère des Finances -téléchargeable sur le site du Ministère : www.eng.fjarmalaraduneyti.is - en date du 20 septembre, qui se réfère à une enquête effectuée en 2006, l'âge moyen des agents des services publics islandais s'établit à 45,4 ans : un peu moins de 45 pour les femmes et 46 pour les hommes. Ce sont les services sociaux et de santé qui ont la "moyenne d'âge la plus faible" (40,5 ans). Les plus âgés se trouvent dans les transports, les communications et diverses branches à vocation "économique" : moyenne, 48,2 ans.
L'âge des agents n'a cessé de croître depuis 1995, quand il avoisinait 41 ans (40 pour les femmes, et 42 pour les hommes).
Depuis une enquête de 1998, le niveau d'éducation du secteur public a progressé sensiblement : les agents passés par l'enseignement supérieur dépassent maintenant 57 % contre 43 % en 1998. Ceux qui n'ont qu'une formation secondaire ont diminué de 45 % à 33 %. Bien entendu, les proportions varient selon les services et les fonctions, les services de police, les prisons et divers services judiciaires étant les moins bien pourvus en personnel de la première catégorie.
Dépenses d'éducation en ISLANDE : COMPARAISONS INTERNATIONALES
Selon la lettre d'information du Ministère des Finances en date du 20 septembre, se référant à un récent rapport de l'OCDE sur l'éducation, l'Islande vient au second rang des pays membres, pour ce qui est du pourcentage du PIB consacré à l'éducation : 7,6 % contre 5,4 % de moyenne pour le reste des États de l'Organisation. Diverses explications à cela. Le pourcentage de la population "en cours de scolarisation" atteint le chiffre-record de 31 %. Par ailleurs, l'Île a le plus faible rapport entre le nombre d'élèves et celui d'enseignants, et les classes les moins "chargées".
L'ISLANDE ET LE TRAFIC DE DROGUE
Il n'est pas de jour sans que la presse islandaise ne fasse état de la lutte incessante menée par les services de police contre un trafic de drogue, qui, depuis quelques années, semble croître dans l'Île, avec ses conséquences négatives particulièrement spectaculaires dans un pays longtemps épargné par ce "dommage collatéral" de la globalisation.
Aussi bien, à l'occasion de la saisie, -par les services de répression nationaux (police, hélicoptère et navire des Garde-Côtes) aidés par Europol-, le 20 septembre, dans le port de Faskrufjördur, d'une grosse quantité (60 kgs) d'amphétamines sur un navire norvégien, le Ministre de la Justice (de qui dépendent les services en cause), Björn Bjarnason, a-t-il pu se féliciter du succès de l'opération -la plus importante saisie de drogue jamais réalisée par les Islandais.
Il a souligné à cette occasion la nécessité de renforcer toujours plus les moyens (effectifs et équipements) affectés par le pays à la lutte contre ce fléau.
Il a, enfin, mis l'accent sur la collaboration indispensable entre services des divers États concernés (fructueuse dans le cas en question), puisqu'à des méfaits ne connaissant pas les frontières (la drogue saisie dans le fjord était destinée à divers pays nordiques), la réponse passe nécessairement par une étroite coopération internationale.
L'ISLANDE ET LA DÉFENSE DE LA LANGUE NATIONALE
Le Ministère de la Culture et de l'Éducation a décidé en septembre d'affecter une enveloppe de 1,4 milliard de couronnes à des actions en faveur de la défense de la langue nationale. Une Commission et des groupes de travail doivent prochainement "plancher" sur un programme de suggestions. Le tout devra être finalisé avant le 16 novembre 2008, date de la "journée annuelle de la langue nationale".
Cet effort des autorités, sans précédent par son ampleur, s'inscrit dans le droit fil des combats et initiatives mis en ?uvre depuis des siècles par la nation islandaise pour la préservation et la promotion de sa langue face aux dangers menaçant sa survie.
ANNEXE : MANIFESTATIONS ISLANDAISES
Festival International de Littérature de Reykjavik
Du 9 au 15 septembre s'est déroulé à la "Maison Nordique" de la capitale, le Festival International de Littérature de Reykjavik. Y étaient présents, sous la houlette du grand écrivain islandais (francophone et francophile) Thor Vilhjamsson, un bon nombre de littérateurs des divers continents, dont le Prix Nobel sud-africain J.M Coetzee.
Pour en savoir plus, consulter le Site du Festival : http://www.bokmenntahatid.is/page/english
4ème festival du film de Reykjavik
Le 4ème Festival International du Film de Reykjavik se tient dans la capitale du 27 septembre au 7 octobre. Une centaine d'?uvres y sont présentées parmi lesquelles : Open Sea, Horizon, Human Rights : Iraq ; ainsi qu'une rétrospective Fassbinder. Un documentaire sur Sigur Ros est projeté le 27 septembre ("Heima").
Pour en savoir plus : www.riff.is
Festival Icelandic Airwaves 2007 (17-21 Octobre 2007)
La neuvième édition du festival de musique Iceland Airwaves 2007 aura lieu du mercredi 17 au dimanche 21 octobre.
Des artistes alternatifs, originaires des deux côtés de l’Atlantique enflammeront la capitale islandaise.
Le festival, présenté par la presse spécialisée comme l'un des meilleurs événements de musique "alternative", a notamment accueilli les prestigieux Sigur Rós, Quarashi, Suede, Fat Boy Slim, Ratatat et les Hives.




