Bulletin mensuel
L´ACTUALITÉ ISLANDAISE EN NOVEMBRE 2007
Yfirlit
POLITIQUE INTÉRIEURE
* Poursuite de la collaboration entre le Parti de l'Indépendance et l'Alliance au sein de la coalition gouvernementale ?
On sait ("Bulletin" d'octobre 2007) que, la municipalité de Reykjavik ayant connu en octobre un brusque changement de majorité et d'équipe dirigeante, certains estimaient que, parallèlement, les divergences persistantes entre les deux partenaires du gouvernement de Geir Haarde sur la question des ressources naturelles, jointes aux différends sur l'Union Européenne, pourraient entraîner une explosion du cabinet. Un revirement de l'"Alliance", partiellement nourri par les ambitions de sa présidente, serait de nature à déboucher sur la formation d'une "coalition" des gauches et du centre, excluant du pouvoir les Conservateurs, à l'exemple de la majorité reykjavikoise et de celle qui avait gouverné entre 1988 et 1991 l'Islande sous la direction de Steingrimur Hermannsson.
Ce scenario ne laissait, toutefois, pas Geir Haarde et le PI sans possibilité de riposte. Geir pouvait, en effet, dissoudre le Parlement et, après de nouvelles élections, revenir aux affaires, avec la majorité absolue ou/et le soutien de parlementaires Libéraux ou même du Parti du Progrès. Dans cette hypothèse, l'"Alliance" et surtout Ingibjörg Solrun, perdraient de la crédibilité et des voix, au profit de la "Gauche Verte", pour avoir "retourné leur veste" six mois après leur entrée au gouvernement, et une remontée assez difficile face à la Gauche verte.
Bien des choses dépendent donc de la stratégie de Ingibörg Solrun. Prendra-t-elle le risque d'une rupture hâtive, alors qu'elle jouit d'une bonne popularité et en hausse (le cabinet, quant à lui, aurait le soutien de 78 % des Islandais), même si elle cède quelques points à la Gauche Verte ?
À l'heure présente, beaucoup d'observateurs sérieux misent sur une poursuite de sa collaboration avec le PI et Geir Haarde.
* La nouvelle municipalité de Reykjavik et l'affaire REI/GGE
Installée à la barre de la Mairie depuis le milieu d'octobre, la municipalité du centre et des gauches s'efforce de régler l'affaire litigieuse et obscure du "géant géothermique". La Compagnie d'Énergie de Reykjavik, tout comme la municipalité, ont dénoncé le contrat de fusion avec Geysir Green Energy. Des suites possibles sur le plan judiciaire sont prévisibles, du fait de cette rupture unilatérale. Les questions financières (notamment les stocks-options), très complexes et mettant en jeu des personnalités et des groupes financiers considérables, sont toujours aussi embrouillées.
Sur le plan strictement politique, les dirigeants de la nouvelle "équipe" s'efforcent chacun de marquer des points, en vue d'une éventuelle "carrière nationale" (la ville a toujours été un tremplin pour de telles "carrières", les exemples de David Oddsson et de Ingibjörg Solrun étant les plus spectaculaires). Fille d'un ancien Ministre de la culture et de l'Éducation" de la "gauche radicale" (1988-1991) devenu diplomate, Svandis Svavarsdottir pourrait à terme remplacer Steingrimur Sigfusson à la tête de la "Gauche Verte". Björn Ingi serait le futur Halldor Asgrimsson dirigeant les restes d'un Parti du Progrès actuellement sans leaders incontestables. La promotion serait sans doute moins facile pour Dagur Eggertsson, l'"Alliance" ne manquant pas de jeunes "loups". À gauche, en tout état de cause, "une nouvelle vague" semble préparer la relève des anciennes "étoiles", dont toutes n'ont peut-être pas encore abdiqué (Ingibjörg Solrun, en tout cas, n'a pas encore atteint les sommets). À suivre ?
POLITIQUE EXTÉRIEURE
A) Discours de La Ministre des affaires étrangères devant l’Althing
Comme il est d’usage, en novembre, au Parlement islandais, la Ministre des affaires étrangères, Ingibjörg Solrun Gisladottir, a prononcé le 8 un long discours (texte en anglais sur le Site du Ministère des affaires étrangères : www.mfa.is), faisant un tableau assez complet de l'action de son Département, depuis la fin mai et l'arrivée du nouveau cabinet de grande coalition. La question des relations avec l'Union Européenne ne sera toutefois examinée qu'en janvier à l'occasion d'une séance particulière, la ministre par ailleurs Président d'un parti ("Samfylkingin", gauche modérée très pro-européenne) ayant voulu par ce geste "marquer sa différence" avec ses prédécesseurs tout comme l'importance qu'elle accorde à cette question. Pour l'essentiel, on résumera ainsi son exposé du 8 :
* D'abord, un effort permanent d'adaptation de ce Département à ses missions actuelles (qui, elles-mêmes ne cessent d'évoluer, avec la globalisation et la présence accrue de l'Islande dans le monde) progresse. Mais aussi de transparence : le Ministère a engagé une collaboration fructueuse avec l'Université ; il travaille en liaison plus étroite avec la Commission spécialisée de l'Alhingi, à laquelle il ouvre largement certains dossiers, tels ceux concernant l'OTAN.
* En second lieu, Ingibjörg Solrun a souligné la priorité accordée depuis peu aux questions du "Grand Nord" (la zone arctique). Les pays de cette zone (ou y intervenant) se doivent d'y travailler selon le droit international et des règles communes, et viser à la protection de la nature et à la promotion des habitants, indépendamment de la ruée vers les ressources naturelles.
* En troisième lieu, la place de la défense des droits de l'homme reste primordiale dans la politique étrangère de Reykjavik. Un groupe de travail proposera à la ministre très prochainement des perfectionnements.
* Quatrième priorité : la lutte pour le développement des pays pauvres. Les objectifs du "Millénaire" adoptés par l'ONU pour 2015 guident les actions de l'Islande. L'Agence nationale IIDA (Icelandic International Development Agency) a, à son actif, de belles réalisations africaines dans le domaine de l'éducation. L'expertise insulaire se diffuse en matière d'énergies renouvelables. Les petites îles pauvres ont la faveur de l'Islande (pêcheries, énergies renouvelables etc.)
L'aide publique au développement, encore loin de l'objectif, fixé par l'ONU en 1970, de 0,7 % du PIB (et atteint déjà par trois pays nordiques), grossit progressivement : 0,28 % en 2007 et 0,35 % en 2009. La ministre a décidé que l'Islande participerait désormais au Comité spécialisé (CAD) de l'OCDE, au sein duquel les pays riches réfléchissent en commun sur (et comparent) leurs expériences nationales d'aide aux pays en développement, en tirent des bilans (et des "bonnes pratiques"), avec le concours d'experts internationaux.
En outre, Reykjavik va accroître sensiblement l'assistance transitant par les ONG, en contact direct avec les populations récipiendaires.
Dans cette aide, l'accent sera mis sur les actions touchant spécialement les femmes et les enfants (qu'elles soient bilatérales ou multilatérales : UNIFEM, UNICEF).
* En cinquième lieu, Ingibjörg Solrun a rappelé les actions de son pays en faveur de la paix, en particulier dans le domaine de la "gestion de crises" où interviennent, avec ou sans la "bénédiction" de l'ONU, OTAN et UE. Un vivier de volontaires islandais (civils) a été constitué en 2001-2002 : l'Icelandic Crisis Response Unit, dont une nouvelle législation (2007) a défini ave précision missions et méthodes. Les Islandais sont actuellement présents en Afghanistan, en Bosnie, au Liban, au Liberia, en Macédoine, en Palestine, en Serbie et au Sri-. Suite à son récent voyage dans la région, la ministre entend intensifier l'effort au Moyen-Orient.
La ministre a, dans ce cadre, évoqué une fois encore, le sens de la candidature islandaise au Conseil de Sécurité des Nations Unies (voir "Bulletins" de septembre et octobre).
* Sur les questions de sécurité et de défense, les suites du "retrait américain" de septembre 2006 et la mise sur pied d'une nouvelle politique, reposant sur une collaboration avec de nombreux États occidentaux, ont fait l'objet d'un court développement. Ingibjörg Solrun a décidé de faire dresser un état approfondi des menaces pesant sur le pays. Il en découle, pour son Ministère, une tâche préalable et essentielle d'analyse des dangers menaçant l'Île. Cette tâche, qui reçoit une priorité absolue, est confiée à un groupe de travail de 12 membres, dont le Pr Valur Ingimundarson, aidé par un expert de réputation internationale (l'Ambassadeur -de nationalité britannique- Alyson Bailes).
La participation accrue de la nation à sa propre sécurité justifie, pour le gouvernement, quelques dépenses spécifiques, relativement légères, puisque les autorités en ne songent pas à créer des instruments proprement militaires.
Au moment où la ministre présentait son rapport, on apprenait que les discussions avec l'OTAN sur la participation de l'Alliance à la protection de l'espace aérien islandais venaient de déboucher sur de premiers résultats satisfaisants : voir ci-dessous.
* Concernant les questions de commerce international, la ministre a souligné que, directement ou dans le cadre de l’AELE (Association européenne de libre échange), l’Islande a conclu, avec 53 États, des accords de libre-échange : le réseau constitué par ces accords concerne au total 1 milliard d’habitants répartis sur quatre continents. De nouveaux progrès sont en vue, et des accords en perspective avec le Canada, le Conseil de Coopération du Golfe, la Colombie, le Pérou la Thaïlande et, sous certaines conditions, la Chine (avec laquelle des "divergences" subsistent). Ces traités, complétés par des accords sur les investissements et des accords fiscaux (contre les doubles impositions), offrent aux entreprises nationales des opportunités appréciables à travers le monde, plus spécialement dans les pays « émergeants ». Les accords aériens progressent également
* Dans sa conclusion, le chef de la diplomatie islandaise s'est félicité du fait que son pays soit devenu, malgré sa taille, un État puissant et respecté dans la communauté internationale, ne menaçant personne, n'étant pas sous l'influence d'intérêts économiques, et se faisant l'avocat inlassable du droit international.
B) L'ISLANDE ET L'OTAN
Comme il avait été prévu dans l'arrangement islando-américain signé à Washington en octobre 2006 suite au retrait des troupes américaines de l'Île, des conversations ont eu lieu entre Reykjavik et l'OTAN pour préciser la part que l'Organisation prendrait, dans le nouveau contexte, à la défense et à la sécurité de l'Islande. Les 26 juillet et 8 novembre, une décision a été prise par l'Alliance à ce sujet. Dès 2008, certains États membres enverront des chasseurs (au moins 4 pour chaque pays) assurer pendant au moins trois semaines la surveillance de l'espace aérien islandais à partir de l'ancienne base de Keflavik. La France "ouvrira le bal" pour cinq semaines au printemps 2008, précédant les Etats-Unis, et la Norvège ; l'Espagne, les Etats-Unis (à nouveau) et le Danemark se proposant de venir en 2009. Les facilités aéroportuaires de Keflavik seront disponibles, de même que le système de radars.
Rappelons qu'un exercice multilatéral a été organisé cet été sous responsabilité islandaise et sera renouvelé en 2009.
Le Premier Ministre Geir Haarde s'est félicité de ces décisions, qui attestent l'importance accordée par les Alliés à la sécurité de l'Islande et de la zone. Le Ministre des affaires étrangères, Ingibjörg Solrun Gisladottir, insistant sur l'intégration du système radar à celui de l'OTAN, a fait de même. Le Ministre Björn Bjarnason (voir ci-dessous), mentionnant spécifiquement la participation de la France et l'orientation "otanienne" du Président Sarkozy, a également applaudi les récentes mesures adoptées par l'Alliance Atlantique.
C) SÉCURITÉ ET DÉFENSE DE L'ISLANDE : Exposé du Ministre Björn Bjarnason
À l'occasion d'une conférence (sur les enjeux politiques, économiques et stratégiques et les questions de sécurité dans les régions arctiques du "Grand Nord") donnée le 9 novembre à Stockholm, le ministre de la Justice, Björn Bjarnason a rappelé les efforts déployés par l'Islande dans le domaine de la sécurité depuis le départ des troupes américaines de l'Île en septembre 2006.
Les deux piliers vitaux de la sécurité insulaire résident dans l’accord bilatéral avec Washington et dans la participation à l'OTAN. Mais un troisième pilier est constitué par une coopération accrue avec les États amis voisins, tels que la Norvège, le Danemark et le Royaume-Uni et un quatrième par une coopération renforcée avec l'U.E. dans le cadre des accords de Schengen.
Björn constate qu’une partie des liens avec les Américains n’est plus assurée par des institutions militaires : les Islandais ont effectivement une étroite collaboration avec les Garde-Côtes, les douanes et les services de l’immigration américains, le FBI. Surtout ils travaillent plus avec le Département de la Sécurité Intérieure qu’avec celui de la Défense. Le rôle des institutions civiles, de part et d’autre, s’étend.
Du côté islandais proprement dit, la suite de la suite de l’Arrangement islando-américain d’octobre 2006 (maintenant l’accord de défense de 1951), et en application de la Déclaration unilatérale (" Yfirlysing ") de Reykjavik sur les tâches nouvelles incombant aux autorités nationales, le Ministère de la Justice a défini trois grandes priorités :
- accroître la capacité des organismes clefs de sécurité ;
- coordination de la sécurité au plan national ;
- collaboration avec les organismes homologues de sécurité étrangers.
Dans ces divers domaines, des progrès sont constamment enregistrés (voir "Bulletin" d'avril 2007 et suivants).
Un nouveau navire (patrouilleur de 4 000 tonnes) a été commandé pour les Garde-Côtes islandaises. Il devrait être achevé au milieu 2009. Ainsi qu'un nouvel hélicoptère.
Une coopération avec la Norvège est lancée, en vertu de laquelle les deux pays lanceront un appel d’offres commun pour l’acquisition d’hélicoptères très performants en matière de sauvetage et de secours (dont 2ou 3 pour l'Islande).
En général, Björn Bjarnason estime, avec le gouvernement de Reykjavik, que la coopération internationale en matière de sécurité est essentielle dans la région. D'abord entre Islande, Féroé et Groenland (les pays de la partie occidentale du "GIUK -Groenland-Islande-Royaume Uni- gap") pour la liberté des communications maritimes.
Dès janvier 2007, le Ministre danois de la Défense, Soren Gade, s’est rendu en janvier en Islande et a signé, le 11, un accord avec Björn Bjarnason sur la coopération future entre les Garde-Côtes et la flotte militaire danoise.
En avril, à Oslo, ont été conclus des accords bilatéraux (dans le cadre de l'Alliance Atlantique) avec les Danois et les Norvégiens, prévoyant un renforcement de la coopération dans les domaines de la sécurité et de la défense. Des textes analogues sont négociés avec le Royaume-Uni, le Canada et l'Allemagne.
Un programme commun de secours et sauvetage dans l'Atlantique-Nord est élaboré avec le Royaume-Uni, le Canada et les Etats-Unis.
Enfin, récemment, en Suède, a été créé un "Forum des Garde-Côtes de l'Atlantique-Nord", servant de cadre de référence pour la coordination des actions des organismes nationaux participants.
En conclusion, le ministre islandais a conclu au rôle grandissant que peut être amené à jouer le "Grand Nord" dans la définition (notamment par l'OTAN) d'une stratégie transatlantique prenant en compte les enjeux majeurs (richesses minières et en hydro-carbures ; transports d'hydrocarbures entre la Mer de Barents et l'Amérique du Nord, etc.) en cause dans la zone arctique.
D) Le Statut légal de l'océan arctique
Le 9 novembre, la Ministre des affaires étrangères, Ingibjörg Solrun Gisladottir inaugurait à Reykjavik un symposium sur le statut légal de l'Océan Arctique (texte en anglais sur le Site du Ministère des affaires étrangères : www.mfa.is). Soulignant les enjeux en cause dans la zone arctique, et la "ruée vers le Pôle" initiée cet été par la Russie, elle a rappelé que cette zone n'était pas une "zone de non-droit", la Convention sur le Droit de la Mer de 1982 s'y appliquant (à l'exception du Spitzberg). S'agissant de l'application de cette Convention, Ingibjörg Solrun a mentionné les problèmes posés par les demandes islandaises concernant la zone de Hatton Rockall (riche en hydrocarbures ?), à examiner avec les autres parties intéressées (Royaume-Uni, Irlande, Danemark) à Dublin en janvier prochain. Elle a évoqué par ailleurs, sous l'aspect juridique, les questions relatives aux transports maritimes, à l'ouverture de nouvelles routes polaires, aux conséquences (positives, mais aussi avec des risques) pour l'Islande de telles transformations.
ÉCONOMIE
* L'ÉNERGIE EN ISLANDE
Dans une allocution ("Energy supply, climat change and the role of Iceland") prononcée le 8 octobre devant l'Assemblée parlementaire de l'OTAN à Reykjavik, le ministre de l'Industrie Össur Skarphédinsson :
1) a d'abord part des réflexions du gouvernement de Reykjavik sur les conséquences du changement climatique dans la zone arctique en matière de sécurité énergétique. L’Islande a un début d’expérience de la fonte des glaciers, qui va couper certaines voies de communications terrestres et gêner les déplacements des populations locales. Plus généralement, le réchauffement, parce qu’il provoquera des mouvements de populations, et une nouvelle répartition des ressources naturelles (alimentaires, eau douce), sera sans doute à l’origine de querelles, voire de conflits entre États voisins, et de disputes internes (régionales, ethniques) au sein des nations. L’accès aux sources d’énergie provoquera enfin des rivalités.
Jointe à d'autres facteurs provoquant le renchérissement continu de l'énergie (accroissement continu de la demande, épuisement progressif des énergies fossiles, même si les perspectives pour les hydrocarbures sont prometteuses dans la région arctique), cette problématique implique une diminution drastique de la dépendance vis-à-vis des énergies conventionnelles.
Celle-ci passe par une augmentation significative de l'efficacité énergétique, nous permettant de réduire notre consommation. Mais aussi et surtout par des percées technologiques autorisant un recours massif aux énergies renouvelables.
Les exigences environnementales vont dans le même sens et justifient par ailleurs des progrès (en cours, en coopération avec les États-Unis) dans la séquestration du carbone et un usage moins polluant du charbon.
2) Össur a ensuite insisté sur la chance qu'a son pays d'abriter des ressources naturelles énergétiques renouvelables en quantités considérables : l'énergie hydraulique et l'énergie géothermique.
Dépendant du pétrole à l'époque de son accession à l'indé-pendance, l'Islande en l'espace d'une génération s'est affranchie de cette dépendance à hauteur de 70 % de ses besoins (98 % pour le chauffage des habitations et bâtiments). Il reste 30 % de besoins à satisfaire encore par des produits pétroliers importés : ce sont ceux du secteur des pêcheries (les bateaux de pêche ont besoin des carburants) et ceux des transports, avec un parc automobile "glouton" (NDLR : Pour "écolos" qu'ils soient à nos yeux, les Islandais ne sont pas de fervents adeptes du vélo ni de la marche). On se plait à espérer avec Össur que les recherches et expéri-mentations sur l'hydrogène auront abouti à des résultats "opérationnels" vers le milieu du siècle.
En réponse à une question, le Ministre a souligné que, en utilisant ses énergies renouvelables à fabriquer de l'aluminium exporté, l'Islande contribue à réduire les tensions dans le monde et à y protéger mieux la nature. Les trois quarts de sa production hydro-électrique (16 TWh par an) sont en effet consacrés à produire des produits industriels recherchés (et à en approvisionner le monde), dont la fabrication sur l'Île se fait dans des conditions respectant, selon lui, l'environnement, et dans une zone politiquement stable et à l'abri de conflits régionaux.
Un motif spécifique de satisfaction dont s'enorgueillit pour son pays le ministre Össur Skarphédinsson est la maîtrise technologique particulière qu'il a de l'énergie géothermique depuis longtemps, et depuis une décennie, des procédés permettant de la transformer en électricité. S'est ajoutée à cela, dernièrement, l'avance prise par les Islandais dans la technique et la pratique "d'avant-garde" et "révolutionnaire" (en raison des rendements obtenus) des forages très profonds (5 à 6 kms de profondeur, alors que la profondeur moyenne n'avait guère dépassé jusqu'à une date très récente 2 à 3 kms sur l'ensemble de la planète). Grâce à ce procédé, on estime que, captée près des intrusions magmatiques dans l'écorce terrestre, l'eau des forages, en raison de sa température et de sa pression extrêmes ("supercritical") dégagera un pouvoir calorifique 5 à 10 fois supérieur à celle des forages conventionnels.
Bien plus : scientifiques et industriels Islandais, Américains et Allemands étudient présentement la possibilité d'appliquer les "forages profonds" à la production d'électricité par le biais de l'énergie géothermique. De quoi à terme transformer radicalement le marché de l'électricité aux Etats-Unis, par exemple.
Les pays en développement "volcaniques" sont "aux aguets" du miracle "technologique" dont l'Islande, en matière de forages profonds, détient quelques-unes des clés. Ce n'est pas un hasard si le même ministre Össur Skarphédinsson a effectué des visites très fructueuses en Indonésie et aux Philippines, fin octobre.
De cela le Tiers monde est de plus en plus conscient, tout comme il est reconnaissant à Reykjavik de contribuer à la formation de nombre de ses experts en géothermie par le programme spécifique ad hoc dispensé en Islande par l'Institut Nordique de Volcanologie, section de l'Université des Nations Unies. De centaines de spécialistes de haut niveau y ont été formés pour des États d'Asie, d'Afrique, d'Europe orientale et d'Amérique latine, où ils jouent un rôle moteur dans la diffusion de ce type d'énergie respectueuse de l'environnement.
En résumé, pour le Ministre islandais, le miracle islandais, qui a vu au 20ème siècle le pays passer d'un état de pauvreté et de parcimonie accusées à une société d'abondance parmi les plus opulentes de la planète, a diverses causes. L'une d'entre elles réside sans doute dans la maîtrise progressive des énergies renouvelables. Elle peut servir de "modèle opérationnel" pour les régions pauvres mais pourvues en sources d'énergie de ce type. Les entreprises islandaises sont plus que jamais disposées à favoriser au profit des pays défavorisés les transferts de technologies adéquats, contribuant ainsi à une meilleure répartition des richesses sur la planète et à la lutte mondiale pour la protection de l'environnement et contre les effets désastreux des changements climatiques annoncés. Pour sa part, le gouvernement de Reykjavik entend, au plan mondial et par des accords bilatéraux, accélérer le rythme de l'indispensable coopération internationale dessinant les cadres de tels transferts.
* ÉNERGIE ET PROJETS INDUSTRIELS
Récemment, la Compagnie nationale d'énergie Landsvirkjun constatait qu'elle était sollicitée par de très nombreuses sociétés pour assurer l'approvisionnement en énergie des installations industrielles qu'elles projetaient de créer dans le Sud et l'Ouest de l'Île. Leurs demandes excédaient de loin les possibilités des centrales aménagées sur le cours inférieur du fleuve Thjorsa. Au milieu de ces projets, des "data centers", des usines de silicium, des fonderies d'aluminium, etc. Elle a récemment décidé de privilégier les deux premières catégories, aux dépens de l'aluminium. Cela correspond aux souhaits d'une partie (l'"Alliance") du gouvernement. Mais la mesure ne devrait pas s'appliquer à l'extension d'unités déjà) existantes, comme l'usine d'Alcan à Straumsvik.
Pour le Premier ministre, cette décision n'est pas politique, mais inspirée par le désir de la Compagnie de diversifier sa clientèle, et de vendre l'énergie a meilleur prix.
* La Banque Centrale augmente ses taux d’INTERET. La lutte contre l’INFLATION
La Banque Centrale (Site en anglais : www.sedlabanki.is) a, le 1er novembre, décidé, d'augmenter ses taux d’intérêt sensiblement. Le taux de base passe donc de 13,30 % (14, 25 % selon un autre mode de présentation), son niveau depuis décembre 2006, au taux-record de 13, 75 %. Une nouvelle réunion des Gouverneurs de la Banque, vers la fin de l'année, fera le point sur la conjoncture et sur les perspectives de retour à l'équilibre. Les objectifs en matière de prix (hausse limitée à 2 %), que l'on devait atteindre en 2008, semblent présentement impossibles à réaliser avant le 3ème trimestre 2009 ?
L’Institut d’émission a en effet constaté, au cours des derniers mois, une recrudescence de tensions inflationnistes, qu’il convient, selon lui, de combattre sans délai. La demande a crû de manière exagérée, au cours des derniers mois. Les hausses de salaires, jointes aux baisses d'impôts, ont gonflé la consommation privée. Les investissements publics ont, contre toute attente, dépassé les prévisions. Des déséquilibres persistants sur le marché du travail poussent à l'augmentation des coûts salariaux. La surchauffe persiste sur le marché immobilier, où l'intervention du Fonds de financement du logement reste insuffisamment encadrée, etc.
De nombreuses incertitudes subsistent concernant, enfin, l’évolution à venir des taux de change.
Le 1er novembre, les dirigeants de la Banque ont, lors d'une conférence de presse (voir le site), justifié leur politique face à des arguments souvent développés dans divers milieux d'affaires (hausse de la couronne, "effet secondaire" des taux élevés, etc). En particulier le Gouverneur David Oddsson a tenu à souligner les tensions inflationnistes profondes à l'?uvre dans l'économie, et dont les causes sont multiples : dérives salariales, tensions sur le marché de l'immobilier, investissements publics trop élevés et ayant souvent dépassé les prévisions au cours des deux derniers exercices, etc. Face à l'ampleur de ces tensions, un "remède de cheval" s'impose, même s'il a des effets secondaires négatifs : la hausse des taux d'intérêt, tant que le rythme de l'inflation (souvent difficile à prévoir, quelques mois à l'avance) reste élevé et demande à être combattu pour éviter la catastrophe finale.
Plus généralement, l'ancien Premier ministre a constaté que, depuis une dizaine d'années, tous les changements profonds qui ont affecté l'économie nationale -privatisations et dérégulation, levée de nombreuses restrictions dans les transactions financières internationales, apparition d'un capitalisme islandais, ouverture sans précédent sur le monde extérieur- ont été concomitants d'une croissance quasi-ininterrompue fondée sur les "grands projets" énergétiques et industriels, et des investissements massifs;
De ce télescopage entre "réformes de structure et déréglementation" d'une part, projet capitalistique, hausse continue du niveau de vie, et demande excessive d'autre part, sont nées des pressions inflationnistes (surchauffe) inévitable, accrues par la spéculation immobilière, les stratégies risquées de certaines banques islandaises et étrangères (favorisant les hasardeux emprunts en devises étrangères), l'euphorie de la collectivité nationale, etc.
La hausse des taux d'intérêt est, pour David Oddsson, le remède indispensable pour éviter l'atterrissage en catastrophe de l'économie insulaire (avec ses conséquences sociales?). Remède "de cheval", certes, mais qui, joint à une limitation des dépenses budgétaires et à une modération salariale indispensable, peut, pour le Gouverneur, aider, toutes choses égales par ailleurs, à un retour à l'équilibre courant 2009.
* La Banque Centrale augmente ses taux d’intérêt : les réactions
- Le monde politique se déclare en général surpris et prend ses distances. Hormis la gauche "radicale" ("Gauche Verte") qui affiche une franche opposition, les autres partis semblent gênés, en particulier les deux partis de gouvernement. Les Conservateurs ne cachent pas certains inconvénients de la mesure (elle risque d'attiser les revendications salariales, etc.) ; mais se retranchent derrière l'indépendance de la Banque. Le ministre des Finances conteste quelques arguments de David, notamment sur le rôle des investissements publics dans l'inflation. Le ministre "social-démocrate" du Commerce" met à nouveau en accusation la fragilité de la couronne, à laquelle il voudrait voir substituer l'euro.
- Dans la lettre d'informations du Ministère des finances en date du 15 novembre, il apparaît que, si les investissements publics ont augmenté en 2006 et 2007 (voir plus haut), c'est du fait des "collectivités territoriales" et non de l'État. La même "lettre" montre également les dangers des emprunts contractés en devises étrangères : les taux d'intérêt sont faibles, mais les risques de change, grands en cas de baisse de la couronne.
- Le monde des affaires est partagé. Les banques en général approuvent. Le patronat rechigne. Tous soulignent la "marque" personnelle et forte de David Oddsson dans la décision.
* UN RAPPORT MODÉRÉMÉNT PESSIMISTE DE L'AGENCE DE NOTATION "STANLEY& POOR'S
L'agence de notation "STANLEY& POOR'S a très récemment sorti un rapport modérément pessimiste sur les perspectives de l'économie insulaire. Pour diverses raisons (persistance de la surchauffe, dépenses publiques en hausse, tensions sur le marché immobilier, risque de retournement du marché des changes, risque d'emprunteurs défaillants, etc) un "atterrissage brut " (hard landing) de l'économie ne lui paraît pas à exclure. Tant le Premier ministre que celui des Finances réfutent la plupart des "motifs" de pessimisme.
* CRISE BOURSIÈRE
On notera que, suite à la crise immobilière (et financière) aux Etats-Unis, la bourse islandaise a "plongé" vers le 20 novembre, les actions des banques et autres établissements financiers étant très affectées.
* LA CONJONCTURE ÉCONOMIQUE DANS LES PAYS NORDIQUES
La lettre d'informations du Ministère des finances en date du 8 novembre (www.eng.fjarmalaraduneyti.is) relève que, lors de la réunion fin octobre, des ministres des Finances des 5 pays du Conseil nordique, les bonnes performances de ces États ont été soulignées : croissance moyenne de 4 % (5 % en Finlande, 2,8 % en Norvège) inflation modérée mais en hausse, supérieure (sauf en Islande) à la moyenne de la zone euro, finances publiques saines (excédent des comptes publics, égal à 5,9 % du PIB).
La situation de l'emploi est bonne : au Danemark, le chômage est descendu à 3 %. La demande de main-d'?uvre excède l'offre en Norvège et Islande. Le chômage est un peu plus élevé en Finlande et en Suède qu'ailleurs. Partout le recours à la main d'?uvre immigrée (Europe de l'Est notamment) se développe.
Pour l'année à venir, la croissance ralentira dans la zone. Arni M Mathiesen, ministre islandais des Finances, a prévu une décélération significative, en raison de l'absence de nouveau grand projet industriel, hypothèse qui suscite des interrogations chez certains prévisionnistes de l'Île.
* L'IMPÔT SUR LES BÉNÉFICES DES SOCIÉTÉS
Selon la lettre d'informations du Ministère des finances en date du 22 novembre (), l'impôt sur les bénéfices des sociétés a augmenté de près de 25 % entre 2005 et 2006 (42,7 mds de couronnes). On se rappelle qu'en 2002, son taux avait été fortement réduit, et malgré cela, il a plus que quadruplé.
Si l'on considère les secteurs d'activité concernés, on note que le secteur des activités financières et assimilées rapporte 18,2 mds, en augmentation constante et forte (2 mds en 2003). Les "services spécialisés" (services juridiques, comptables, audits, architecture et ingénierie) sont en plein "boom" : 6,3 mds en 2006. La construction également : 3,9 mds. Le commerce est moins dynamique : 4,8 mds. Les pêcheries stagnent, tout comme la santé et les services sociaux. Les télécommunications (où les marges se réduisent), les hôtels et restaurants, l'alimentation et les boissons reculent un peu.
LES DÉPENSES SOCIALES DU TRÉSOR
Selon la lettre d'informations du Ministère des finances en date du 22 novembre (www.eng.fjarmalaraduneyti.is), les dépenses sociales vont, selon le projet de budget, s'élever à 94 mds de couronnes. Elles ont augmenté de 68 % en couronnes constantes depuis 1998. Elles représentent près de 22 % des dépenses du Trésor contre 19,2 % en 1998.
Les retraites et pensions d'invalidité, avec 49 mds, sont le plus gros poste, en hausse de 74 %. Quant à l'assurance maladie et aux prestations maternité, en accroissement de 192 %, elles s'élèvent à 9 mds. Les services aux handicapés, avec 9,4 mds, ont progressé de quelque 100 %.
SOCIÉTÉ
* INFORMATIONS SUR LA SANTÉ
L'Office des Statistiques (www.statice.is) donne en novembre quelques informations sur la Santé en Islande, en tenant compte de données récemment publiées par l'OCDE sur la santé dans les pays membres en 2006-2007. Les points suivants sont examinés :
a) "Qualité" de la santé.
À partir d'une batterie d'indicateurs établie par l'OCDE, on a pu établir certaines comparaisons éclairantes pour certaines maladies spectaculaires. Ainsi, au bout de 5 ans après le diagnostic, 89,4 % des malades affectées d'un cancer du sein survivaient en Islande, contre une moyenne de 83,6 % pour l'OCDE. Les décès à l'hôpital dans les 30 jours suivant l'admission pour un infarctus du myocarde étaient de 6,4 % en Islande (Nouvelle-Zélande : 5,4 %), contre 10,2 %. Chiffres pour un "accident vasculaire cérébral" : 5,8 % (derrière le R-U et le Japon) et 10,1 %.
b) Dépenses de santé.
Toutes origines confondues, elles s'établissaient à 9,5 % du PIB (10è rang) en 2005 dans l'Île, contre 15,3 % aux USA, 6 % environ en Pologne, au Mexique et en Corée du Sud, et 11,1 % en France. Sur ces dépenses totales, 83 % étaient financées par le secteur public (91 % au Luxembourg, 45 % aux USA).
Par tête d'habitant, elles s'élevaient en Islande (6è rang) à 3,443 dollars US (calcul selon la méthode de la parité des pouvoirs d'achat), contre 6 401 aux USA et 586 en Turquie.
c) Contexte démographique.
La décrue des naissances dans l'OCDE est une cause de vieillissement de la population, donc de dépenses de santé croissantes. Entre 1990 et 2005, le taux annuel de croissance (naturel) de la population s'est établi à 1 % en Islande, contre 0,6 % dans l'OCDE. Les "plus de 65 ans" insulaires constituent 11 % de la population en 2005, face à 15 % pour l'OCDE, 20 % pour le Japon, et 19 % pour l'Italie et l'Allemagne.
L'espérance de vie, en 2005, égalait 81,2 ans (hommes : 79,2 ; femmes : 83,1) en Islande, contre 78,6 pour l'OCDE.
La mortalité par cancer du poumon était de 38 pour mille, pour les hommes et les femmes, dans l'île. Moyenne OCDE : 58 pour les hommes, 20 pour les femmes.
La mortalité infantile (2005) islandaise est la plus basse de l'OCDE :2, 3 pour mille ; contre une moyenne de 5,4. Les nouveau-nés les plus frêles (moins de 2 500 grammes) n'y sont que 3,9 % des naissances vivantes (moyenne : 6,6).
d) Autres déterminants de la santé.
19,5 % des Islandais(es) fument quotidiennement (moyenne OCDE : femmes, 19,5 % ; hommes, 30 %). La consommation annuelle d'alcool des plus de 15 ans atteint 7,1 litres (en hausse de 65 % depuis 1980), contre 9,5 (souvent en baisse) dans l'OCDE.
Les obèses représentent 12 % en Islande (en hausse depuis 1990), 3 % au Japon et 32 % aux USA.
d) Ressources médicales.
L'Islande dispose de 3, 7 médecins pour 1000 habitants (OCDE : 3) et de 14 infirmières (OCDE : 9).
Les lits en maisons de retraite et dans les hôpitaux pour les personnes de plus de 65 ans se montent à 69 pour mille, pour 41 dans l'OCDE.
La durée moyenne de séjour à l'hôpital est de 5,4 jours (7 en 1990). Pour un accouchement, elle est réduite à 2,1 journées (OECD : 3,3).
BIBLIOGRAPHIE, DOCUMENTS
* LA GÉOTHERMIE EN ISLANDE
Le Ministère islandais de l'Industrie et le Bureau National de l'Énergie (Orkustofnun) viennent de publier une magnifique brochure, en langue anglaise, sur l'énergie géothermique en Islande (recherche, production, et utilisations). 40 pages, avec très belles photos en couleurs, nombreux tableaux et diagrammes et bibliographie.
À télécharger sur le Site du Ministère : http://eng.idnadarraduneyti.is/Publications/nr/1961
* "Récents développements dans le Grand Nord"
Tel est le titre d'une conférence prononcée le 9 novembre à Stockholm devant le Swedish Atlantic Council" par Björn Bjarnason, ministre islandais de la Justice (et spécialiste reconnu des problèmes de sécurité et de défense) sur les développements récents intervenus, dans le "Grand Nord" (zone arctique) dans ce domaine, à la faveur des profondes transformations qui commencent à affecter cette région du monde. L'orateur brosse également un tableau éclairant des perspectives prévisibles pour les prochaines décennies.
À cette occasion, le Ministre rappelle les efforts déployés par l'Islande dans le domaine de la sécurité depuis le départ des troupes américaines de l'Île en septembre 2006 (voir ci-dessus, rubrique "Politique extérieure")
* RAPORT SUR LE SYSTÈME FINANCIER ISLANDAIS
Un nouveau rapport sur le secteur financier islandais, intitulé :
“The Internationalisation of Iceland’s Financial Sector” vient de paraître. Ce rapport (pdf) de 77 pages est publié par la Chambre de Commerce islandaise. Les auteurs sont Pr. Richard Portes de London Business School et Pr. Fridrik Mar Baldursson de Reykjavik University. M. Frosti Olafsson, économiste à la Chambre de Commerce en Islande a également apporté son soutien.
Le rapport (pdf - version anglaise uniquement) :
http://www.vi.is/files/15921776Vid4WEB.pdf
Une présentation (v.a.) power point de 29 pages est disponible sur ce lien :
http://www.vi.is/files/695315029Portes%20-%20London%20presentation.ppt
ACTUALITÉS FRANCO-ISLANDAISES
* Participation de la France à la surveillance aérienne de l'Islande
Comme la ministre des Affaires étrangères, Ingibjörg Sólrún Gísladóttir, l'a annoncé le 8 novembre (voir : Politique extérieure), la France compte, dans le cadre de l'OTAN, envoyer des avions militaires en Islande au printemps 2008.
Selon des sources officielles, la position de la France est la suivante :
La France est sensible aux préoccupations de sécurité que l’Islande a exprimées récemment.
La France prendra part aux déploiements aériens périodiques que les pays de l’OTAN vont effectuer en Islande. La France étudie actuellement avec les autorités islandaises les modalités d’un déploiement d’avions de combat français qui pourrait intervenir au cours de l’année 2008.
EN ISLANDE
* Commémoration des marins français morts en Islande
Le mercredi 30 octobre, l’Ambassade de France en Islande a tenu une cérémonie de commémoration pour les marins français morts au large des côtes d’Islande en présence du maire de Reykjavík, Dagur B. Eggertsson. À cette occasion, M. Alain Fortin, Premier Conseiller, a prononcé quelques mots et déposé une gerbe sur la stèle au cimetière de Su<eth>urgata. La cérémonie s’est poursuivie par une prière dite par l’Abbé Roland et la lecture du poème "L’Homme et la Mer" de Charles Baudelaire par Renaud Duraille.
* Le Beaujolais nouveau est arrivé !
L’Ambassade de France et l’Alliance française ont fêté l’arrivée du beaujolais nouveau en Islande le vendredi 16 novembre. Une centaine de personnes s’est retrouvée dans une ambiance conviviale à l’Alliance autour d’un verre.
* Cinéma : Première de « La Môme »
Le jeudi 15 novembre, l’Ambassade de France, en partenariat avec l’Alliance française et le distributeur de film Græna Ljósi<eth> a célébré la première du film « La Môme » d’Olivier Dahan sur la vie de la chanteuse Edith Piaf. Près de deux cents personnes étaient présentes au cinéma Regnboginn pour le lancement de ce film. La soirée a débuté par l’interprétation de quelques classiques de la chanson française par la chanteuse Jóhanna Vigdís accompagnée au piano par Kjartan Valdemarsson. Les invités ont ensuite pu voir « La Môme ».
EN FRANCE
Honneur à l'artiste Katrin Fridriks à l'inauguration du Nouveau Centre Olympique à Nîmes
L’artiste islandaise, Katrin Fridriks a été honorée par la commande de “Mer rouge” pour le nouveau Stade Nautique Olympique à Nîmes. Celle-ci est reproduite sur une fresque de 1,5 tonnes de carreaux de céramique couvrant 80 m2 dans le grand hall d'entrée du bâtiment.
Il s'agit de la deuxième commande la plus importante jamais faite à un artiste islandais par les autorités françaises.
La création est non seulement impressionnante par sa taille, mais aussi par la technologie employée. Elle a été réalisée à partir d'une image ultra-haute-définition de 1 100 milliard de pixels faite avec un appareil photo inventé par Pioneer et exploité en exclusivité par UHD Systems dont il n'existe que très peu d'exemplaires dans le monde. C'est une première mondiale.
François Fillon, Premier Ministre, accompagné de Roselyne Bachelot, Ministre de la Santé, de la Jeunesse et des Sports, a inauguré le Stade Olympique le 19 octobre dernier.
Le site de Katrin Fridriks, www.katabox.com, relate tous les détails de cette extraordinaire réalisation.
Voir photos sur le Site de l'Ambassade d'Islande : www.iceland.org/fr




