Bulletin mensuel
L´ACTUALITÉ ISLANDAISE EN JANVIER 2008
Yfirlit
V?UX DU PREMIER MINISTRE GEIR HAARDE
Dans un message à ses compatriotes, présentant ses v?ux pour l'année 2008, le Premier Ministre Geir Haarde a, au passage, souligné la valeur des "atouts" dont dispose le pays. Il a rappelé quelques-uns des succès récents dont l'Islande s'enorgueillit et, traçant la voie pour la période à venir, fait preuve d'un optimisme raisonné.
D'entrée de jeu, Geir a mis l'accent sur le trésor que constituent, pour la collectivité, des ressources naturelles abondantes et renouvelables -ressources des océans et ressources énergétiques- pour peu qu'on les utilise dans une optique de développement durable. Sous ce rapport, leur gestion par les Islandais peut constituer un modèle pour la planète. Elle concilie une exploitation visant à la croissance économique, le respect de contraintes environnementales, et le renouvellement de la ressource.
Ainsi utilisées, les ressources énergétiques sont efficacement mises au service de la lutte contre la pollution et les effets désastreux du changement climatique, que la communauté internationale a dernièrement décidé d'intensifier dans les prochaines décennies. L'Islande sera, par ses initiatives et ses engagements, au premier rang des États menant ce bon combat, dans le prolongement des accords de Kyoto.`
Donnant un exemple des réussites dont l'Île est fière, Geir Haarde a cité son classement (voir "Bulletin" de décembre 2007) par le PNUD -"Programme des Nations Unies pour le Développement"- comme le pays où l'on vit le mieux au monde. Un récent rapport de cette organisation place l'Islande en tête des 177 nations étudiées. Elle dispose en effet du plus fort "Indicateur du Développement Humain" (IDH) : un "indicateur synthétique", qui permet de donner une note (chiffrée) globale aux conditions de vie prévalant dans chaque État, et d'établir par ce moyen un classement des différents territoires. L'IDH prend en considération l'espérance de vie à la naissance, le PIB par habitant, le "taux de scolarisation combiné", etc.
Le rapport confirme ainsi explicitement l'affirmation de Geir, -lors d'une conférence devant la Convention annuelle de la Chambre de Commerce, le 9 février 2007-, selon laquelle « L’Islande est la meilleure dans le monde ».
En revanche, le chef du gouvernement a déploré qu'en matière d'enseignement élémentaire, les performances des écoliers islandais soient moins bonnes qu'on s'y attendait, quand on les met en regard des résultats atteints par d'autres États. C'est ce que prouve une étude comparative de l'OCDE, le "Rapport PISA 2006", publiée en décembre 2007. Aussi bien, le Ministère de l'Éducation entend-il relever le défi. Il s'attache, dans le cadre de son plan d'amélioration du système éducatif national, à combler les lacunes constatées. Le Parlement est saisi de propositions à cet effet, en même temps qu'il est appelé, de manière plus générale, à renforcer la priorité donnée à la science, à la recherche et à la technologie.
S'agissant de la situation de l'économie, le Premier ministre s'est déclaré relativement satisfait. Il a pris deux exemples de sa bonne santé : l'état des finances publiques, qui continuent à enregistrer des excédents appréciables ; et la solidité remarquable du système des fonds de pension, exemple donné à bien des pays.
Geir Haarde est raisonnablement optimiste quant à l'avenir de la conjoncture. Pour peu que les partenaires sociaux fassent preuve de sagesse et de modération à l'occasion des prochaines négociations salariales, comme le Gouvernement les y encourage.
NDLR : Le Premier Ministre a profité de l'occasion pour annoncer aux Islandais que des experts désignés par ses services allaient prochainement mettre au point une nouvelle version, plus facile à chanter, de l'hymne national, qui coexisterait avec la version traditionnelle.
Note liminaire : sous cette rubrique, nous retraçons, d’un mois sur l’autre, quelques-unes des " péripéties " et " mini-crises " qui ponctuent la vie des partis islandais et les " jeux " de la démocratie parlementaire. On ne découvre, au fil de cette chronologie, rien que de très naturel et prévisible dans un régime, qui, par certains de ses aspects, ressemble au système français et à celui de nombre de grands pays développés.
Les " non-initiés " et ceux que ne passionnent pas les subtilités des rivalités ou alliances partisanes trouveront sans doute notre rubrique trop longue, pour ne pas dire fastidieuse. Ils peuvent la parcourir " en diagonale " sans se perdre dans les méandres. On leur signale au passage que les épisodes et incidents relatés n’ont souvent qu’une portée limitée. Aspect positif, cependant : ils attestent la vitalité du fonctionnement quotidien, avec ses inévitables " scories ", de la démocratie et d’un système représentatif mature et bien rodé.
* Nouvelle "révolution de palais" à la municipalité de Reykjavik
Le mois d'octobre 2007 avait enregistré (voir "Bulletin" d'octobre), sur fond d'"affaire" politico-financière, une "tempête" à la municipalité de Reykjavik. À la suite du revirement d'un élu, la majorité y avait basculé et une coalition assez hétérogène allant de la gauche radicale au centre avait succédé à une alliance du centre et de la droite. Le maire Conservateur (PI) avait été démis, le 11 octobre, et remplacé par un maire de l'"Alliance" sociale-démocrate.
Le 22 janvier, un nouveau renversement de majorité a eu lieu. Le représentant du petit parti Libéral (droite populiste) a, en effet, rompu avec la municipalité en place et, après des négociations discrètes, conclu un accord avec les Conservateurs (PI). Ensemble ils ont renversé le maire social-démocrate et ses alliés, mettant fin au court règne de l'équipe qui administrait la ville depuis trois mois.
Des observateurs sérieux estiment que la coalition entre les Conservateurs et le Parti Libéral (né en 1998 d'une scission de la grande formation de droite), sera, en raison des affinités réelles entre les deux groupes, plus homogène, donc plus solide que la coalition assez disparate aux affaires entre octobre et le 22 janvier. Tel est également le sentiment du Premier ministre, qui, comme chef du PI, se réjouit du changement intervenu.
Les bouleversements intervenus dans la capitale, tant en octobre dernier qu'en janvier, mettent en relief le rôle joué par les "groupes charnières", fussent-ils d'importance réduite, dans les assemblées islandaises (Parlement, municipalités, etc) où, par suite de leur élection à la représentation proportionnelle, la constitution d'une majorité est délicate. Cela laisse le champ libre aux agissements des formations pouvant servir d'appoint, qui deviennent les arbitres de la situation.
À suivre.
* La coalition gouvernementale se porte toujours bien
Alors que la classe politique reykjavikoise s'affronte selon un schéma "gauche-droite", les deux grands partis associés au sein du gouvernement -le PI Conservateur et l'"Alliance" sociale-démocrate- poursuivent une collaboration harmonieuse, dans le respect de leurs différences. Ce climat favorable ressort bien des récentes déclarations de leurs chefs, le Premier ministre (PI) Geir Haarde, et la ministre des affaires étrangères Ingibjörg Solrun Gisladottir ("Alliance"), comme des interviews accordées à la presse par des membres influents du gouvernement, tels le ministre des Finances Arni M. Mathiesen (PI) et celui de l'Industrie Össur Skarphédinsson.
Sur les questions de sécurité et de défense, un consensus a pu être dégagé à la mi-janvier sur un important projet de loi. Celui-ci précise les conditions dans lesquelles l'Islande, dans le cadre de sa participation à l'OTAN, exerce sa souveraineté sur l'Agence de Défense, dépendant du ministère des Affaires étrangères), financée par le budget national, et en charge -en liaison avec l'OTAN-de la surveillance aérienne de l'Île (stations radars, coordination avec le système otanien, etc.). Le texte en cause devrait recevoir une approbation unanime des formations du Parlement à l'exclusion de la "Gauche Verte" (gauche "radicale" de tradition pacifiste). Il prévoit par ailleurs les indispensables interfaces avec les organismes civils concernés par les questions de sécurité, et relevant principalement du Département de la Justice, en l'absence de Ministère de l'Intérieur).
L'"état de grâce" dont bénéficie le gouvernement auprès de la population persiste huit mois après sa constitution. Selon des sondages récents, 70 % environ des électeurs lui feraient confiance. S'agissant des formations politiques, il semblerait que l'"Alliance" gagne peu à peu du terrain par rapport à son résultat des élections, alors la cote des Conservateurs demeure très satisfaisante.
* Débats parlementaires sur la situation économique
Le mois de janvier a été l'occasion de joutes animées, au Parlement, entre gouvernement et opposition sur l'évolution récente de la conjoncture islandaise.
Rien d'original n'est sorti de ces affrontements verbaux. Le Premier ministre a, appuyé par l'"Alliance", réaffirmé ses objectifs antérieurs en matière économique et sociale, et rejeté sur des facteurs extérieurs (crise bancaire et boursière américaine, se propageant à travers le monde) une part de la responsabilité dans les derniers développements : remous boursiers (voir rubrique "Économie"), turbulences pour les institutions financières, fluctuations de la couronne. Soulignant les aspects positifs de la situation présente (persistance de la croissance, finances publiques saines, amélioration des balances commerciale et courante, etc.) Geir Haarde a conjuré ses compatriotes de rester calmes et laissé entrevoir un retour progressif à l'équilibre sur les divers marchés.
ENVIRONNEMENT
La lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, réaffirmée
La ministre (sociale-démocrate) de l'Environnement Thorunn Sveinbjarnardottir a
réaffirmé, à plusieurs reprises, l'intention de son Département d'intensifier la limitation des émissions de gaz à effet de serre. Prenant une position "maximaliste", elle a rappelé sa préférence pour une lutte "tous azimuts", mettant à contribution les divers secteurs "pollueurs" de l'économie, en particulier les transports et l'industrie. Elle a mentionné à nouveau ses réserves quant à la construction de centrales électriques sur la partie inférieure du fleuve Thjorsa, projetée par la Compagnie Nationale d'Électricité.
Comme nous l'avons mentionné ("Bulletin" de décembre), cette position ne fait pas consensus au sein du gouvernement de Geir Haarde. Le Premier ministre et les Conservateurs ne souhaitent pas compromettre toute possibilité de croissance future au nom d'un "environnementalisme" par trop rigoureux. En particulier, ils n'excluent pas le lancement de nouveaux projets industriels, dans des conditions à déterminer.
Quant au ministre (social-démocrate, comme Thorunn) de l'Industrie, Össur Skarphédinsson, il s'est gardé pour le moment de toute déclaration tranchée. Beaucoup le créditent d'une forte dose de "pragmatisme" en la matière.
POLITIQUE EXTÉRIEURE
* Communiqué des Ministres des Affaires étrangères des pays nordiques sur le Sri-Lanka
Le 4 janvier, les Ministres des Affaires étrangères des cinq pays nordiques (dont l'Islande) ont publié un communiqué commun (téléchargeable sur le Site du Ministère : www.mfa.is) sur le Sri-Lanka. Ils regrettent la décision du gouvernement de ce pays de demander le départ de la mission nordique (civile) d'observation, qui surveillait depuis quelques années l'application du cessez-le-feu -conclu en 2002- entre les autorités de Colombo et les rebelles de l'Eelam Tamoul (LTTE). Ces autorités ont en effet, le 2 janvier, dénoncé unilatéralement le cessez-le-feu en question, et les hostilités ont redoublé, avec leur cortège de déplacements forçés de populations, d'exactions et d'atteintes aux droits de l'homme. La mission, dès lors, perd sa raison d'être.
Les Ministres nordiques redoutent une escalade de la violence. Ils rappellent le travail efficace accompli durant son séjour par la mission, dans un conflit vieux d'une trentaine d'années, et qui, à travers des rebondissements multiples, a causé la mort de 60 000 Sri-Lankais.
Pilotée par la Norvège, "médiatrice" depuis 2000 dans cette douloureuse affaire, la mission de surveillance était essentiellement composée de Norvégiens auxquels s'ajoutaient 9 Islandais. Oslo et Reykjavik, avec l'appui des autres capitales nordiques, souhaitent évidemment que leur départ s'effectue dans les meilleures conditions.
* Accord de libre-échange entre l'AELE et le Canada
Fin janvier, la Ministre des affaires étrangères, Ingibjörg Solrun Gisladottir, a signé à Davos (Suisse) l'accord de libre-échange négocié entre l'AELE ("Association européenne de libre-échange", dont l'Islande fait partie) et le Canada. Ce texte, qui s'ajoute à un récent accord aérien, ouvrira des possibilités non négligeables aux entreprises islandaises désireuses de pénétrer le marché canadien.
* Intensification des échanges islando-chinois
Selon des informations publiées en janvier par la presse islandaise, les échanges entre l'Islande et la Chine se sont développés significativement au cours des dernières années : coopération scientifique et technique (surtout pour la géothermie et les pêcheries), investissements réciproques, présence des entreprises islandaises en Chine (régions de Pékin, Shanghai, Canton, abords de Hong Kong, etc.).
Les échanges commerciaux, en hausse constante, témoignent de cette évolution. Les exportations islandaises, estimées en 1995 à moins de 100 millions de couronnes, dépassaient le milliard en 2002 et s'établissaient à 2,7 milliards en 2006. Quant aux importations, elles avaient bondi de 6,1 milliards en 2002 à 22 mds en 2006.
* Relations de l'Islande avec l'Union européenne
À la fin janvier, la Ministre des affaires étrangères, Ingibjörg Solrun Gisladottir, a présenté au Parlement, en complément de son rapport général de politique extérieure de novembre (voir "Bulletin" de novembre), un exposé approfondi sur les relations de son pays avec l'Union Européenne. Nous évoquerons cet important document et sa discussion à l'Althing dans notre "Bulletin" de février.
ÉCONOMIE
* LA CONJONCTURE ECONOMIQUE AU DÉBUT DE 2008
Le Site du Ministère des Finances (www.eng.fjarmalaraduneyti.is) a publié, le 15 janvier, une étude (en anglais) sur l’état de la conjoncture économique au début de 2008 et les perspectives de son évolution en 2008-2009. Nous en donnons ci-dessous les principales conclusions, reprises dans la "Lettre hebdomadaire" du 17 janvier du Ministère :
Le diagnostic
Après plusieurs années de forte croissance, l'économie islandaise a enregistré en 2007 un net ralentissement de sa progression.
La hausse du PIB s'est établie en 2007 à 2,7 %.
Les causes de cette décélération sont multiples. On rappellera l'achèvement des "grands projets industriels" ; le durcissement des politiques budgétaire et monétaire ; la crise du marché des actions ; le renchérissement des emprunts extérieurs, etc.
Pour le Ministère, les "turbulences" sur les marchés financiers internationaux et domestique devraient s'apaiser prochainement et, ayant repris son souffle, la croissance retrouver alors un rythme honorable, malgré quelques "accidents" en matière de remboursements d'emprunts.
Elle avoisinerait 1,4 % en 2008, le redressement de la balance commerciale compensant le glissement de la demande interne. 2009 sera sans doute moins favorable qu'on ne l'espérait : 0,4 % seulement (et non 2,1 %, comme prévu en octobre 2007), en raison de la langueur de la consommation et de l'investissement.
Sur le plan des comptes extérieurs, très déséquilibrés en 2005 et 2006, le redressement a commencé. Le déficit de la balance courante s'est nettement contracté : 12,8 % du PIB en 2007.
Quant au chômage, il a continué à afficher un niveau très faible : 1,9 % de la force de travail pour cette même année. Vu le ralentissement conjoncturel, il repartira à la hausse en 2009, avec une estimation aux environs de 3,6 %.
L'inflation s'est située autour de 5 %, et devrait descendre à 4,3 % en 2008, selon les experts gouvernementaux. L'objectif fixé par la Banque Centrale, à savoir un rythme annuel, de 2,5 %, paraît encore hors de portée avant le début de 2009. On pense que la Banque poursuivra sa politique monétaire rigoureuse tant que la stabilisation de l'économie n'aura pas fait apparaître de signes incontestables.
Le taux de change de la couronne descendrait avec modération, selon toute probabilité.
Les incertitudes
Les prévisions ci-dessus sont évidemment entourées d'assez fortes incertitudes. Elles concernent entre autres l'éventuelle mise en ?uvre d'un ou plusieurs "grands projets industriels", les conséquences des accords salariaux à venir, l'évolution des taux de change, etc. Et avant tout celle de la conjoncture internationale, plus spécialement des marchés financiers.
Sur ce dernier point, le Ministère se montrait encore fin janvier relativement optimiste. Il ne doute pas de la "résilience" de l'économie insulaire face aux turbulences mondiales. Par ailleurs (voir l'article publié dans la "Lettre hebdomadaire" en date du 25 janvier), il fait confiance aux mesures (budgétaires et monétaires), arrêtées -ou envisagées- récemment à Washington, par le Président, le Congrès et par la FED, pour provoquer une amélioration sensible de la conjoncture américaine. Sa détérioration (crise du crédit et menace de récession) a été à l'origine de la tempête planétaire, et son "rétablissement" progressif profiterait à tous, Islande comprise...
* LA CONJONCTURE ECONOMIQUE AU DÉBUT DE 2008 : LE DÉBAT EN COURS
La publication des prévisions du Ministère, relayée par les déclarations du Premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement au Parlement, a donné lieu à des débats animés dans les cercles politiques et les médias. Tout naturellement elles se voient taxées d'optimisme excessif et irresponsable par l'opposition, spécialement par la "Gauche Verte" et le Parti du Progrès, qui accusent la majorité d'impéritie.
Les débats sont plus sereins au niveau des experts. Quelques analystes étrangers (banques, agences de notation), certes, sont assez réservés et moins confiants que le Ministère concernant l'avenir de l'économie islandaise. Mais la majorité des experts nationaux ne semble pas éprouver de grosses craintes, même si certains d'entre eux insistent sur la concomitance inquiétante de divers facteurs susceptibles d'entraîner une diminution de l'activité, frôlant la récession. Ils citent la réduction massive des captures dans la pêche ; l'achèvement et l'arrêt des grands projets industriels ; la crise boursière et la fragilité de diverses entreprises dans les secteurs bancaire et financier ; la propagation de l'onde de choc négative en provenance des Etats-Unis suite à la "crise des subprimes".
En dépit de tels handicaps, ces conjoncturistes restent raisonnablement optimistes en soulignant les multiples et solides "points forts" de l'économie nationale, notamment son dynamisme, sa souplesse et sa résilience, le rétablissement progressif des comptes extérieurs, la bonne tenue des finances publiques, et les marges de man?uvre dont disposent de ce fait les responsables politiques. Aussi bien, ils estiment que l'Île sera en mesure d'affronter la tempête sans encourir de gros dégâts ; elle y parviendra au prix d'un "ralentissement" significatif mais supportable, avant une nette reprise de la croissance. Ils ne contestent pas l'essentiel du diagnostic et des appréciations de l'administration des Finances.
Dans les milieux patronaux, certains dirigeants continuent à douter de l'efficacité de la politique monétaire (taux d'intérêt élevés) de la Banque Centrale, mise en échec selon eux par le "laxisme" du Fonds de financement du logement. Pour lutter contre l'inflation, outre une réforme en profondeur de ce Fonds, ils préconisent un recours plus large par les entreprises à la main d'?uvre immigrée, qui diminuerait les tensions sur les salaires. En tout état de cause, ils souhaitent que les prochains accords salariaux comportent un effort particulier de "modération" pour les rémunérations des travailleurs. Sur ce point, ils rejoignent les v?ux du gouvernement (voir plus haut).
S'agissant de l'évolution du cours de la couronne, les commentaires les plus variés sont apparus, de rares analystes redoutant un "atterrissage brusque". Mais la plupart estiment que l'amélioration progressive de la balance commerciale et de la balance courante devrait conforter l'hypothèse gouvernementale d'un "atterrissage en douceur", sous la forme d'un affaiblissement modéré et progressif de la devise.
* CRISE BOURSIÈRE
Conséquence de la crise bancaire et boursière américaine, le marché des actions a poursuivi son mouvement de baisse en janvier 2008, affectant spécialement les valeurs des sociétés financières et aux banques, particulièrement atteintes par la crise sur l'ensemble des marchés internationaux.Entre le 1er et le 23 janvier, le recul a dépassé 20 %. À la fin du mois, une reprise était, toutefois, enregistrée : on s'interrogeait sur des causes, sa portée et sa durée.
En tout état de cause, les perspectives pour l'année nouvelle sont très réservées : on est en tout cas loin de l'euphorie qui régnait encore durant l'été 2007, où l'on envisageait des hausses de 9 à 14 % pour 2008.
On notera parallèlement des remous au sein de certains grands groupes financiers et bancaires, (comme Kaupthing, ou le groupe Exista). Ils ont parfois dû procéder à des réorganisations et/ou restructurations et à des appels de capitaux.
La "crise boursière" provoque, dans la presse spécialisée, des réactions contrastées. D'aucuns y voient une "correction" salutaire sur un marché qui s'était par trop emballé, poussé par la spéculation, et où le cours élevé de diverses actions n'avait plus de rapport avec les performances réelles des entreprises concernées. Les baisses enregistrées correspondraient alors à une meilleure appréciation de ces dernières. Plutôt que d'"effondrement", il vaudrait mieux parler de "retour à la réalité".
Par ailleurs, la chute des cours -si préjudiciable qu'elle ait pu être à bien des patrimoines- aura l'avantage de faire disparaître les tensions inflationnistes générées naguère par leur envolée. Elle doit provoquer une diminution de la consommation et de l'investissement en provenance des détenteurs de valeurs.
* L'ISLANDE ET L'EURO
Janvier a vu les discussions qui opposent partisans et adversaires du rattachement de l'Islande à la zone euro redoubler d'intensité. Rien d'étonnant à cela. Les turbulences enregistrées dans l'Île à la suite de la "tempête" américaine ont initié des échanges plus ou moins vifs sur la prétendue "vulnérabilité" de la monnaie nationale, les risques encourus par diverses banques et institutions financières travaillant principalement avec l'étranger et l'éventuelle "garantie" qu'apporterait l'adhésion à la zone en cause. Hommes d'affaires, banquiers, experts et "politiques" continuent à s'affronter courtoisement.
* Investissements étrangers
Au sein du gouvernement de coalition, des divergences importantes sont relevées entre ministres, s'agissant d'une ouverture accrue du pays aux investissements étrangers. Le Ministre du Commerce Björgvin G.Sigfusson, membre de l'"Alliance" sociale-démocrate et europhile convaincu, vient en janvier de désigner un comité chargé d'étudier des mesures en ce sens, en particulier pour les pêcheries (jusqu'à présent fermées aux capitaux extérieurs, comme le sont en principe les autres "ressources naturelles", telles les sources d'énergie). Une telle perspective n'est pas du goût du Ministre des Pêches, le Conservateur Einar K. Gudfinnsson (élu de la région "sensible" des Fjords de l'ouest), qui ne manque pas de rappeler le combat "historique" mené par l'Islande, après l'indépendance, pour recouvrer le contrôle de ses eaux territoriales.
À suivre.
SOCIÉTÉ
* La population islandaise à la fin de 2007 : quelques points de repère
La lettre d'informations du Ministère des finances en date du 25 janvier (www.eng.fjarmalaraduneyti.is) donne quelques données de base sur la population islandaise à la fin de 2007. Au 1er décembre, elle s'établissait à 313 000 personnes, soit 1,8 % de plus qu'une année auparavant (et 25 000 de plus qu'en 2002). Cette croissance était due à deux facteurs : l'accroissement naturel, c'est-à-dire l'excès des naissances sur les décès, qui s'élevait à 0,8 % ; et une immigration significative.
En Europe, la croissance de la population rapproche par son importance l'Île de l'Irlande et de la Chypre.
L'article du Ministère (en anglais) donne de précieuses indications (avec des comparaisons européennes) sur l'accroissement naturel, sur les phénomènes migratoires ainsi que sur la répartition régionale des habitants en Islande et son évolution récente (notamment dans l'Est, le Reykjanes, etc.).
BIBLIOGRAPHIE, DOCUMENTS
* "LA CONJONCTURE ECONOMIQUE AU DÉBUT DE 2008"
On peut télécharger sur le Site du Ministère des Finances (www.eng.fjarmalaraduneyti.is), sous la forme d'un document pdf, une étude (en anglais) du 15 janvier concernant l’état de la conjoncture économique au début de 2008 et les perspectives de son évolution en 2008-2009.
* LITTÉRATURE : DEUX ROMANS ISLANDAIS TRADUITS EN FRANÇAIS : UN POLAR ("BROUILLAGES") ET LA GRANDE ?UVRE DE OLAFUR GUNNARSSON ("CATHÉDRALE DES TROLLS")
Jon Hallur Stefansson : "Brouillages" et Ólafur Gunnarsson : "Cathédrale des trolls"
A paraître début février 2008 :
Jon Hallur Stefansson: Brouillages
Traduction: Eric Boury
N° ISBN 978-2-84720-110-9
Prix: 21 EUR
Edition: Gaïa
Un architecte apparemment bien sous tous rapports est retrouvé inanimé au bord du lac de sa maison d'été. Qui lui a fracassé le crâne ? Sa femme ? Son fils ? Sa jeune maîtresse ? Son ancien associé, viré pour alcoolisme ? Ou ce mercenaire japonais qui disserte volontiers sur l'art de tuer, et qui trouve en l'Islande un décor idyllique pour mettre en scène ses meurtres ?
Jón Hallur Stefánsson est né en 1959. Il s’était fait remarquer en 2004 en obtenant le prix de l’Association des auteurs policiers d’Islande pour une nouvelle intitulée Enginn engill (Loin d’être un ange). Brouillages a connu un grand succès public en Islande, la critique l’ayant décrit comme l’héritier du maître maintenant incontesté qu’est Arnaldur Indridason.
Ólafur Gunnarsson: Cathédrale des trolls
Roman traduit de l'islandais par Henry´ Kiljan Albansson
N° ISBN 2-84720-100-0
Prix : 22 EUR
Edition: Gaïa
«L’auteur nous emmène avec brio et puissance sur les chemins des âmes nues, avec en toile de fond un somptueux portrait de l’Islande de l’époque, toute jeune république au bord du Cercle Polaire qui semble si loin du monde. Dans le monde balbutiant d’après-guerre face aux embruns du progrès, les personnages sont tous touchants et attachants dans leurs rires et leurs blessures, et les images et les lieux défilent, aussi puissants que les bas-reliefs dans l’ombre de cathédrales imaginaires dignes de Gaudí.»
Ólafur Gunnarsson est l’un des grands romanciers islandais. Il est l’auteur d’une bonne douzaine de romans, dont la plupart sont traduits en anglais. Il est le lauréat du prestigieux Prix de littérature islandaise en 2004, avec Öxin og Jördin (La hache et la terre), dont un extrait a été publié dans Islande de glace et de feu, anthologie de littérature islandaise (Actes Sud Babel, 2004).
Renseignements : http://www.gaia-editions.com/accueil.html
Littérature policière islandaise
Les amateurs de littérature policière islandaise ont, au fil des récentes années, salué la publication par les Éditions Métailié des excellentes traductions, faites par Eric Boury, de trois "polars" d'Arnaldur Indridason, qui sont autant de best-sellers internationaux : "La Cité des Jarres", "La femme en vert" et "La Voix" (parus tous les trois en "Poche" chez "Points", en 2007).
En février, Métailié et E. Boury récidivent. Le 7 février exactement sort "L'homme du lac" (Kleifarvatn), où le déjà célèbre Inspecteur Erlendur et ses deux collaborateurs résolvent les mystères de disparitions inexpliquées survenues dans les années 60.
Suspense et voyages dans le temps et l'espace assurés : on partira de tremblements de terre ayant frappé l'Islande en juin 2000 pour atterrir dans le anciens "pays de l'Est"(Allemagne de l'Est en particulier) vivant, durant cette décennie 60 sous la férule communiste.
Plus de précisions sur le roman et la venue en France, du 7 au 12 février, de Arnaldur Indridason, sur le Site : www.editions-metailie.com/
CALENDRIER : LE CINÉMA ISLANDAIS À ROUEN
Festival du Cinéma Nordique de Rouen
Deux bons films islandais sont sélectionnés pour la Compétition Officielle du 21ème Festival qui se déroulera, à Rouen, du 5 au 16 mars 2008 :
CITE DES JARRES de Baltasar Kormakur
PISTE BLANCHE de Björn B. Björnsson
Ils sont tous les deux invités au Festival, avec un acteur de chaque film
Bientôt sur le site du Festival plus d'information.
Festival du Cinéma Nordique
75 rue du Général Leclerc
76000 ROUEN - FRANCE
http://www.festival-cinema-nordique.asso.fr/
tél 0033 232767322
fax 0033 232767323




